Portraits et Histoire

Page 5 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 18 Fév - 19:13

Roberto BAGGIO
Baggio, la grâce divine italienne




Roberto Baggio est inclassable. Surdoué comme un Johan Cruyff et doté d’un fort caractère à l’image d’un Eric Cantona, il restera à jamais un cas à part dans le football de haut niveau. Joueur atypique, passé à un tir au but près de la gloire ultime, "il Divino Codino" (le divin catogan) a su s'imposer comme une véritable légende du football italien.

A l'occasion de son anniversaire ce 18 février, FIFA.com retrace sa carrière.

L'histoire de Roberto Baggio est celle d'un attaquant naturellement surdoué qui a dû cependant faire preuve d'un étonnant courage pour réussir à s'imposer à force de sacrifices et de souffrances en raison de blessures récurrentes au genou droit. Joueur d'instinct, compensant un gabarit moyen (1m74, 73 kg) par une incomparable technique individuelle et une intelligence de jeu peu commune, l’élégant Baggio a fait toute sa carrière en Italie de Lanerossi Vicenza, le club de ses débuts en 1982 en 3ème division jusqu'à Brescia en 2004.

Des dizaines de milliers de tifosi aux quatre coins du monde sont tombés sous le charme de ce meneur-buteur atypique qui a inscrit 204 buts en serie A. "Baggio n'est pas un numéro 9. Pas un numéro 10 non plus. C'est un 9 et demi", avait souligné Michel Platini, l'actuel Président de l'UEFA, en parlant des débuts de son successeur aux manettes de la Juventus de Turin.

L'Italie à sa botte

Originaire de Caldogno, petite localité de Vénétie, Baggio fait ses armes dans l'équipe de Lanerossi Vicenze. En quelques mois, il inscrit 110 buts en 120 matches et fait ses débuts en équipe première deux ans plus tard, à 15 ans. Mais lors du dernier match de la saison 1984/85, contre Rimini entrainé par un certain Arrigo Sacchi, il est gravement blessé au genou droit. Il mettra un an et demi pour retrouver les terrains après une interminable rééducation. La première d'une longue de série de blessures qui vont à chaque fois menacer la suite de sa carrière.

Pendant cette longue absence, il traverse une profonde crise spirituelle et décide finalement de se convertir au bouddhisme. "Cela m'a aidé à mieux contrôler mes pensées", précise ce fervent bouddhiste, qui se livre à des séances de méditations solitaires avant les matches.

Pendant cinq saisons, il va défendre les couleurs de la Fiorentina (39 buts en 94 rencontres) qui l'avait fait signer avant sa blessure et avait accepté d'attendre 18 mois avant de le voir débuter. Un geste que Baggio n'oubliera jamais, à tel point qu'en avril 1991, lors de sa première saison avec la Juventus, il refuse de tirer un penalty contre la Viola avant d'aller saluer ses anciens tifosi qui avaient mal vécu son départ à Turin.

Un héritier et un rival
Les cinq saisons passées à la Juve vont être celles de la consécration et de la reconnaissance de son talent avec un championnat, une Coupe d'Italie, une Coupe de l'UEFA, un brassard de capitaine, un titre de Joueur Mondial de la FIFA, 78 buts inscrits et des débuts internationaux. Mais au retour de la Coupe du Monde de la FIFA 1994, il se blesse une nouvelle fois après avoir inscrit un but splendide contre Padoue. Absent pendant cinq mois, il assiste impuissant à l'éclosion d'un jeune talent que le nouvel entraîneur Marcello Lippi  lui préfère, un certain Alessandro del Piero…

Cédé au grand dam des supporteurs à l’AC Milan, où il est associé à George Weah et Dejan Savicevic, Baggio remporte un second scudetto consécutif, mais malgré ses buts, sa technique et son toucher de balle en velours, il continue d'être handicapé par son genou et une grande incompréhension avec plusieurs de ses entraîneurs. "Il n'y a plus de place pour les poètes dans le football moderne", lui précise Oscar Tabarez lorsque Baggio se plaint de ne pas être suffisamment utilisé au début de la saison 1996/97.

Après un passage réussi à Bologne, avec 23 buts en 1997/98, le meilleur total de sa carrière, puis un autre mitigé à l'Inter Milan entre 1998 et 2000, Baggio va finalement passer ses quatre dernières saisons de joueur à Brescia qu'il maintient en Serie A avec 45 buts en 95 rencontres. Le 16 mai 2004 à cinq minutes de la fin de la rencontre AC Milan-Brescia (4:2), il quitte le terrain pour la dernière fois et San Siro lui offre une interminable standing ovation.

La malédiction des tirs au but
Ses rapports avec la Nazionale sont également placés sous le signe du "je t'aime, moi non plus." Après des débuts concluant en novembre 1988 contre les Pays-Bas (1:0), il réussit son premier coup franc victorieux le 22 avril 1989 contre l'Uruguay. Pendant la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 90, Azeglio Vicini le fait débuter sur le banc. Appelé pour le dernier match de poule contre la Tchécoslovaquie, il inscrit un but mémorable en partant de son camp pour passer en revue la moitié de ses adversaires, le plus beau but du tournoi et l’un des plus beaux de l'histoire de la Coupe du Monde.

Malgré cela, il n'entre en jeu qu'à la 73ème minute lors de la demi-finale, perdue face à l'Argentine aux tirs au but. "Vicini m'a dit que j'avais l'air fatigué. J'avais 23 ans ! J'aurais tout donné pour débuter ce match", regrette-t-il encore. Pour se consoler, il marquera un nouveau but lors de la "petite finale" contre l'Angleterre (2:1).

Quatre ans plus tard, aux Etats-Unis, Baggio est au sommet de son art. Ses buts en fin de match contre le Nigeria et l'Espagne et ses deux réalisations en demi-finale contre la Bulgarie envoient les triples champions du monde en finale. Mais Roby se présente diminué contre le Brésil devant même être infiltré avant la rencontre. Après 120 minutes d'une partie insipide, il est le dernier homme à s'élancer depuis le point de penalty pour une nouvelle épreuve de tirs au but. Mais son tir passe au dessus de la barre transversale, mettant ainsi un terme aux espoirs italiens. "J'étais pourtant bien présent et ma concentration parfaite. Mais j'étais tellement épuisé que j'ai tenté de passer en force", explique-t-il.

Quatre ans plus tard, en France, il entame symboliquement sa troisième phase finale en inscrivant le penalty du nul contre le Chili, après avoir offert le premier but à Christian Vieri. Mais, 30 ans après la rivalité Sandro Mazzola-Gianni Rivera au Mexique, Cesare Maldini décide de composer entre Baggio et Alessandro del Piero en les alignant à tour de rôle. Baggio inscrit quand même son neuvième but en phase finale contre l'Autriche et réussit cette fois son tir au but contre la France en quart de finale. Mais la Nazionale, elle, doit encore s'avouer vaincue dans cet exercice.

Récompense suprême
Ce roi du come back est même à deux doigts de disputer une quatrième phase finale en 2002 alors qu'il enchaîne les buts à Brescia, mais Giovanni Trapattoni, malgré la pression de l'opinion publique, ne le sélectionne pas et l'Italie sort dès les huitièmes de finale.

Le 15 mai 2004 il prend sa retraite footballistique et se consacre à son rôle d'Ambassadeur de bonne volonté de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) et parcourt le monde pour défendre de grandes causes humanitaires, recevant en novembre 2010 à Hiroshima le prestigieux World Peace Award, décerné par l'assemblée des prix Nobel de la Paix. "Comparés à cette récompense, les autres succès personnels et professionnels deviennent risibles", commente alors Baggio.

Mais Baggio n'a cependant jamais totalement abandonné le football italien et après l'échec de la Nazionale en Afrique du sud, il accepte en août 2010 le poste de responsable technique de la Fédération italienne avec une attention toute particulière à la formation des jeunes joueurs. Un retour qui a fait l'unanimité en Italie, qui a encore la nostalgie des exploits de ce joueur hors normes.

Fifa.com (17/02/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Jeu 19 Fév - 15:52

Enzo SCIFO
Scifo, le Diable touché par la grâce




Enzo Scifo, numéro dix de la vieille école, est unanimement considéré comme l'un des meilleurs joueurs belges de l'histoire. Le meneur de jeu appartient au cercle fermé des joueurs qui ont disputé quatre phases finales de Coupe du Monde de la FIFA, atteignant notamment les demi-finales en 1986.

A l'occasion de son anniversaire ce 19 février, FIFA.com revient sur sa riche carrière.

Formé à l'école de la rue dans la petite ville de la Louvière, dont il est originaire même s'il a des ascendances siciliennes, Vincenzo Scifo, dit "Enzo", signe en 1973 sa première licence à l'âge de sept ans avec la RAA Louviéroise où il fera ses armes jusqu'en 1982.

Surdoué techniquement, il accumule les buts et les actions de génie avec les juniors et se fait rapidement repérer par le grand club de la capitale, le RSC Anderlecht. Ses débuts en professionnel, à l'âge de 17 ans, sont tonitruants. Nullement impressionné par le grand bain, il s'installe à la baguette de l'équipe phare du championnat de Belgique, avec qui il échoue aux tirs au but en finale de la Coupe UEFA contre Tottenham. En moins de deux saisons il devient également le n°10 attitré des Diables Rouges.

Espoirs déçus
Sa vision du jeu, sa qualité de passe et son sens du but permettent à Anderlecht de remporter trois titres de champion consécutifs, de 1985 à 1987. Dans le même temps, il conduit la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986. Puis, estimant avoir fait le tour de la question dans le Plat Pays, il décide de s'expatrier. Déjà idole en Belgique, il rêve désormais de conquérir les terres de ses ancêtres et rejoint l'Inter Milan. Mais il va vite déchanter...

Perdu dans l'armada de vedettes de l'effectif des Nerrazzuri, il dispute certes 28 rencontres pour quatre buts, mais ne va jamais véritablement s'imposer. Il tente alors une nouvelle expérience, cette fois en France, sous les couleurs des Girondins de Bordeaux... pour les mêmes espoirs déçus. Une nouvelle fois, après des débuts encourageants, il sombre peu à peu dans l'anonymat, handicapé autant par des blessures que ses relations conflictuelles avec certains cadres de l'équipe. Malgré l'arrivée en fin de saison de son compatriote Raymond Goethals à la tête de l'équipe, le Belge est poussé vers la sortie, notamment en raison de son coût.

Scifo va finalement être relancé en 1989 par le rusé Guy Roux, qui flaire la bonne affaire, et lui confie les clés du jeu d'Auxerre "un grand club parmi les moyens", comme le définit le Belge. Positionné comme pointe centrale d'un milieu à trois, Enzo retrouve tous ses repères et laisse parler son talent. Cette confiance retrouvée lui permet également de briller de milles feux avec les Diables Rouges lors de la Coupe du Monde 1990 en Italie.

Consécration puis complication
Relancé par deux excellentes saisons en Bourgogne, il retente en 1991 l'aventure italienne sous les couleurs du Torino avec qui il remporte la Coupe d'Italie en 1993. Avec ce nouveau trophée sous le bras, il fait son retour dans le championnat français avec l'AS Monaco, où son génie va s'accompagner de la maturité. Pendant quatre saisons, avec un titre de champion en 1997 à la clé, Scifo, va régner sur la Principauté et définitivement asseoir sa réputation de grand seigneur sur les pelouses françaises.

En équipe nationale, le tableau est moins rose. Les années passent et les Coupes du Monde de 1994 et 1998 voient la Belgique échouer respectivement en huitième de finale puis au premier tour, loin de ses prestations précédentes, à l'image de son meneur de jeu dont les mauvaises relations avec le sélectionneur Georges Leekens ne sont pas étrangères à ces échecs.

Pourtant, la passion est toujours là. Scifo s'accroche et remporte un dernier titre en 2000, à 36 ans, avec Anderlecht, avant que les blessures ne décident de sa fin de carrière. Victime d'une grave blessure à la clavicule, il veut relancer la machine en rejoignant Charleroi où il est cette fois touché au genou. Finalement, après 18 ans de services rendus au football, il décide de tourner la page. "Un professeur s'est demandé comment j'avais pu jouer aussi longtemps avec une hanche dans un tel état", révéle-t-il à l'aube de se retraite sportive.

La réponse tient en un mot : le talent.

Fifa.com (19/02/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 3 Mar - 16:25

Zico
Le roi Arthur devenu le dieu Zico




A l'occasion de son anniversaire le 3 mars, retour sur la carrière du légendaire joueur brésilien Zico.

Au milieu des années 1960, quand les journalistes se rendaient au quartier général des frères Coimbra, dans le quartier de Quintino Bocaiúva, au nord de Rio de Janeiro, il était de bon ton de leur demander qui était le meilleur d’Edu, ailier gauche d’América, ou d’Antunes, attaquant de Fluminense. La réponse était invariablement la même : Edu envoyait le journaliste faire un tour de quartier à la recherche d’Arthur, benjamin et véritable phénomène du clan, qui passait ses journées dans la rue, balle au pied, à affronter des adversaires plus âgés.

Véritable pilier de l’histoire de l’América, club traditionnel de Rio, Edu a même défendu les couleurs de la Seleção. Quant à Antunes, il s’est illustré sous le maillot de Flu. En soi, une telle réussite ferait déjà la fierté de n’importe quelle famille brésilienne. Pourtant, "le meilleur était encore à venir", comme aimait à prophétiser l’ailier gauche. En effet, peu de temps après, Arthur allait devenir "Zico", pour le plus grand bonheur de la torcida de Flamengo et de la planète football.

"C’est très pratique d’avoir dans sa famille deux joueurs qui traversent avant vous toutes les étapes auxquelles on va être confronté personnellement. J’ai pu suivre leurs carrières de très près, aller aux entraînements et à plusieurs matches. Et puis dès que j’avais besoin de quelque chose, j’avais toujours à qui parler", explique Zico lors d’un entretien accordé à FIFA.com. "En dehors de ça, je dois dire que j’ai toujours adoré jouer au football."

Flamengo dans les gènes
Zico aimait donc le ballon, mais pas seulement. Il aimait aussi Flamengo, une affinité quasiment obligatoire dans la maison où il est né. Benjamin d’une fratrie de cinq frères et une sœur, il avait pour père un émigré portugais répondant au nom de Tondela José Antunes Coimbra, membre fondateur du club de Gávea passé tout près d’une carrière de gardien professionnel. "A la naissance, chaque enfant se voyait offrir le maillot brésilien et celui de Flamengo. Moi j’étais le dernier, donc j’ai hérité du 8", se souvient Zico, qui ferait sien plus tard le 10 de Flamengo. "Un drapeau du club était accroché aux murs, notre chien s’appelait Mengo (surnom du club) et on avait à la maison un cardinal, petit oiseau rouge et noir : ça vous donne une idée de notre fanatisme..."

Constatant les qualités du jeune Arthur, les deux frères aînés l’ont rapidement poussé à embrasser une carrière professionnelle. A 14 ans, le gamin dispute un match sous le maillot de l’América, mais avant de signer au club, il reçoit l’appel tant attendu de la part de Fla. "Ils m’ont convoqué pour passer quelques tests et c’est là que j’ai eu l’occasion de m’engager avec Flamengo. Mon frère avait déjà donné son accord de parole pour que j’aille à l’América, mais j’ai préféré Flamengo, évidemment, et tout le monde l’a très bien compris. C’était le choix du cœur."

A Flamengo, Zico doit patienter pendant deux ans avant de disputer en 1969, son premier championnat au sein de l’équipe de jeunes. Il a alors 16 ans. "A cette époque, c’était un peu plus dur pour les jeunes joueurs. Parce que dans le centre de formation, je côtoyais des joueurs qui avaient jusqu’à trois ans de plus que moi. Du coup, les différences étaient énormes", se souvient-il. Et ce ne sont pas les changements de catégorie qui ont facilité sa progression. "Malgré de bonnes perspectives, mon physique fluet suscitait une certaine méfiance."

Force intérieure

Mais le talent du joueur va bientôt sauter aux yeux des dirigeants du club, qui n’hésitent pas à investir dans un traitement révolutionnaire de renforcement musculaire. "On ne connaissait personne qui soit passé par là", se souvient le joueur, qui agit sous les conseils des médecins José de Paula Chaves et du préparateur physique Roberto Francalacci. "Tout ce qu’on pouvait faire c’est anticiper la morphologie à laquelle j’allais aboutir plus tard."

Prêt physiquement, mieux intégré dans le club de son cœur, Zico marque d’une pierre blanche son premier match en équipe première, survenu en 1971, en offrant une passe décisive lors d’un succès sur Vasco de Gama dans le championnat carioca. Sa carrière est prête à décoller et elle ne tardera pas à le faire. "Je pense que j’aurais pu jouer au foot de toute façon, parce que la force physique ne fait pas tout. Ça ne sert à rien d’être costaud si on ne sait rien faire. Mais c’est vrai que j’ai gagné un peu d’assurance". Avec Zico sur le terrain, grâce à ses coups francs d’école, son sens de la finition, sa vitesse d’exécution, sa technique et sa vision de jeu, Flamengo conquiert six championnats d’État, et une édition supplémentaire en 1979, trois championnats du Brésil, une Copa União en 1987, la Coupe Libertadores et la Coupe Intercontinentale en 1981.

"Les dirigeants ont réussi à monter un grand groupe, très talentueux, en réunissant des joueurs de trois générations différentes", se souvient-il. "On se connaissait tous et tout le monde savait ce que signifiait ce club. La grande majorité était flamenguista, ce qui est très important, et il y avait énormément de potentiel. On a eu le privilège de décrocher, dans une période très courte, plus de titres que ceux que comptait l’armoire à trophées de Flamengo. En tant que supporter du club, c’est très gratifiant d’avoir pu participer à cette période. Jusqu’alors je n’avais pas gagné grand-chose. Pour tout vous dire, j’aurais bien aimé être supporter pendant mon époque de joueur !", plaisante-t-il.

Rio de Janeiro, Udine, Sarrià

Peu à peu, le joueur se construit un palmarès digne des plus grands, sauf pendant ses deux saisons à l’Udinese, en 1983/84 et 1984/85, où il contribue tout de même à transformer un club modeste en grande puissance du Calcio. Lors de sa première année en Italie, le Brésilien permet à son équipe de se battre pour le titre et pour les places européennes, mais une blessure dans la dernière ligne droite ruine tous ses efforts. Zico doit rester en dehors des terrains pendant cinq semaines et Udinese passe de la troisième à la quatrième position. "Tous les meilleurs joueurs du monde étaient là. L’Italie attirait à l’époque toutes les grandes vedettes. C’était une grande année et ça m’a permis de confirmer ma valeur dans un autre pays."

Avec le Brésil, Zico dispute trois Coupes du Monde de la FIFA - Argentine 1978, Espagne 1982 et Mexique 1986 - et obtient son meilleur résultat, une troisième place, lors de sa première participation. Pourtant, cette campagne ne reste pas vraiment gravée dans l’imaginaire du football canarinho. Quatre ans plus tard, l’une des équipes les plus joueuses de tous les temps emporte tout sur son passage jusqu’en finale de groupe au deuxième tour, où une Italie emmenée par un Paolo Rossi des grands jours va mettre un terme au rêve de tous les torcedores. Cette défaite 3:2 à Sarrià est restée dans les annales du football.

"C’est important de laisser une trace dans le jeu", affirme le meneur de la Seleção de Telê Santana, battue en seconde phase." Mais le plus important, pour un professionnel, ce sont les titres. Je suis ravi d’avoir pu jouer dans une telle équipe, qui a marqué durablement le jeu. Mais je serais encore plus content si on avait gagné..."

Historique jusqu’à la fin
En 1986, Zico va vivre un autre coup dur avec la Seleção, en chutant en quart de finale contre la France de Michel Hidalgo, depuis le point de penalty. Récemment remis d’une grave blessure au genou, Zico aborde cette compétition dans une forme douteuse. Il a l’occasion de donner l’avantage aux siens depuis les onze mètres en cours de match, mais il échoue, tout comme deux des autres stars présentes sur le terrain, Michel Platini et Sócrates, malheureux lors de la séance de tirs au but.

En fin de carrière, il retrouve Flamengo jusqu’en 1990, avant de s’exiler au Japon pour participer activement à la professionnalisation du championnat. Il y évolue de 1991 à 1994 et devient un exemple pour tous les Nippons. C’est lui qui contribue à la mise en place de la structure administrative qui a permis de faire de Kashima Antlers une référence nationale.

Après toutes ces années de succès, après tant de titres, il n’est pas évident de faire la différence entre la formidable vedette de Flamengo et le jeune garçon qui émerveillait le quartier de Quintino. C’est ce qui ressort quand il indique à FIFA.com qu’il aimerait rester dans l’histoire comme "quelqu’un qui a aimé et pratiqué le football. Quelqu’un qui a toujours cherché à se perfectionner avec le plus grand sérieux. Quelqu’un qui a toujours été honnête et qui s’est consacré corps et âme à sa passion : le football."

Fifa.com (03/03/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 8 Mai - 12:22

Franco BARESI
Baresi, la défense taille patron




Au pays du catenaccio, Franco Baresi était un seigneur. Un libéro qui a révolutionné le poste une dizaine d'années après un certain Franz Beckenbauer. Baresi, c'était avant tout le patron qui causait peu, taclait fort, mais qui pouvait aussi caresser le cuir avec tendresse dans ses longues remontées balle au pied.

A l'occasion de son anniversaire ce 8 mai, retour sur sa carrière.

Cet artiste de la surface de réparation est resté fidèle pendant 20 ans, de 1977 à 1997, à l'AC Milan traversant avec le même professionnalisme les périodes de gloire et celles de la déchéance. Pendant 14 ans, de 1980 à 1994, il a honoré avec une rare efficacité pas moins de 81 sélections écrivant à grands coups de gueule et de tacles quelques unes des plus belles pages de la Nazionale.

Du haut de ses 176 centimètres, il a fait la pige pendant deux décennies à tous les gros bras de la profession. Défenseur hors normes, Baresi était aussi peu à son aise devant un micro qu’il était impressionnant sur le terrain.

Une ville, deux destins
Originaire de Travagliato, dans la province de Brescia en Italie du nord, Franco se retrouve orphelin à l'âge de 16 ans après avoir perdu ses parents à deux ans d'intervalle. Avec son frère Giuseppe de deux ans son aîné, ils décident en 1976 de tenter leur chance dans le football professionnel et vont taper à la porte de... l'Inter Milan. Le destin allait les séparer en leur faisant un incroyable pied de nez.

Giuseppe, solide milieu défensif, est en effet retenu et fera par la suite toute sa carrière à l'Inter (559 matches) avant de rester dans le staff technique des Nerazzurri. De son côté, Franco n'est pas retenu par les dirigeants de l'Inter qui le trouve trop chétif. Du coup, Baresi junior décide de proposer ses services à l'AC Milan, le grand rival qui ne laisse pas passer l’occasion.

Les deux frères s'installent à Milan, Franco passant quatre ans dans un cycle sports-études de Milanello. L’adolescent introverti et taciturne va alors concentrer sur le football toute la rage qu'il a en lui, travaillant comme un forcené. "A 18 ans, c'était déjà un vétéran pour son savoir", se rappelle Nils Liedholm qui le fait débuter en première division dans le calcio le 23 avril 1978 à Vérone.

L'année suivante Liedholm prend Baresi à part au terme du premier entraînement et lui dit : "Ne tiens en aucun cas compte de mes déclarations aux journalistes. Désormais, mon libéro titulaire ce sera toi". Ce sont les prémices de la légendaire défense Paolo Maldini, Franco Baresi, Alessandro Costacurta et Mauro Tassotti qui restera a jamais dans les annales du football italien.

L’AC Milan survole le championnat et remporte le titre en s'appuyant sur cette incroyable assise défensive. Dur sur l'homme, replaçant sans cesse sa défense, n'hésitant pas a pousser et à monter quand l'équipe est en difficulté, toujours placé comme par magie sur la course du ballon, Baresi n'a de cesse de donner l'exemple aux quatre coins du terrain.

Le respect par la perfection
Loin d’être un surdoué, c’était avant tout un incroyable perfectionniste respecté par tous ses coéquipiers y compris - et surtout - par les plus célèbres. "Il faut être irréprochable dans son comportement pour avoir l'estime et le respect des autres. L'entraînement, le travail et un comportement exemplaire vis a vis des tifosi sont des valeurs fondamentales qu'il ne faut pas galvauder", affirme-t-il encore aujourd'hui.

Quand le Milan a été relégué en Serie B sur tapis vert pour une sombre affaire de matches truqués, un seul homme restera à la barre, au-dessus de tout soupçon, arborant fièrement son brassard de capitaine dés l'âge de 22 ans. Franco Baresi est un fidèle. Il le restera toute sa vie. "Aujourd'hui les temps ont changé. Un joueur peut difficilement rester 15 ou 20 ans dans la même équipe. Le marché a beaucoup changé. Il y a beaucoup plus d'opportunités, c'est difficile de résister", reconnait-il.

Avec l'arrivée de Silvio Berlusconi en 1986, l'AC Milan connaît un nouvel élan. Sous la direction d'Arrigo Sacchi, Franco Baresi sera le patron de l'équipe des invincibles avec les Néerlandais Ruud Gullit, Marco van Basten et Frank Rijkaard qui allait survoler les années 80. Il est encore fidèle au poste à l'époque de Fabio Capello où les Rossoneri remportent quatre nouveaux titres de champion et une Coupe d'Europe des Clubs Champions avec la génération des Marcel Desailly, Zvonimir Boban et Dejan Savicevic.

Pourtant en 1997 il se résout a raccrocher les crampons après 20 saisons de loyaux services, une décision accueillie avec satisfaction par les plus grands attaquants évoluant en Europe. "Je venais de connaître une saison un peu difficile en raison de problèmes physiques. J'avais de plus en plus de difficultés pour récupérer. Et puis à 37 ans, on n’est plus tout jeune et après tant d'années, c'était normal de dire ‘basta’", explique-t-il. Deux ans plus tard, en 1999 il était élu joueur du siècle par les tifosi milanais.

Un sacre, une absence et des larmes
Barré pendant plusieurs saisons en équipe d'Italie par Gaetano Scirea, un autre monument, Baresi a pourtant remporté la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982 même s'il n'est jamais entré en jeu. Il a finalement fait ses grands débuts avec la Nazionale le 4 décembre 1982 à Florence contre la Roumanie. Mais ses relations avec Enzo Bearzot allaient se dégrader devant la volonté affichée du sélectionneur de le faire évoluer comme milieu défensif. Finalement, c'est son frère Giuseppe qui était retenu à ce poste pour la Coupe du Monde 1986 au Mexique, où la Squadra Azzurra allait faire pâle figure.

Avec l'arrivée d'Azeglio Vicini, il devient finalement l'un des piliers inamovibles de l'équipe, naturellement au poste de  libéro. Premier à transformer son tir au but en demi-finale de la Coupe du Monde 1990 à domicile, il ne peut cependant empêcher l'élimination face à l'Argentine (1:1, 4:3 t.a.b). Quatre ans plus tard il se retrouve confronté à la même épreuve, mais cette fois en finale face au Brésil.

Sa présence sur le terrain avec le brassard est déjà un petit miracle. En effet, blessé au genou le 23 juin contre la Norvège en phase de poules, il est immédiatement opéré du ménisque et se fixe la finale comme objectif. Le 17 juillet à Pasadena il est présent au rendez-vous. Après un match héroïque, il est encore le premier à s'avancer pour effectuer son tir au but. Mais cette fois sa frappe passe largement au dessus, tout comme celle de Roberto Baggio, tandis que celle de Daniele Massaro est arrêtée par Taffarel.

Le Brésil remporte la rencontre et le tournoi et, pour la première fois, on a pu voir des larmes couler sur le visage buriné du vieux guerrier.

Fifa.com (08/05/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 29 Mai - 13:05

Albert Johanneson
Le pionnier oublié du football anglais




En foulant la pelouse du stade de Wembley pour y disputer la finale de la FA Cup 1965 entre Leeds United et Liverpool, Albert Johanneson ne s'est pas contenté d'entrer dans l'histoire ; il est aussi devenu par la même occasion un pionnier. Malgré la défaite (2:1) de son équipe, l'ailier des Whites né en Afrique du Sud restera à jamais comme le premier joueur noir à avoir disputé la finale de la doyenne des compétitions.

Mais la fascinante histoire de Johanneson ne se résume pas à cette simple particularité. Le long voyage qui l'a mené à Wembley commence en 1940, avec sa naissance dans un township de la banlieue de Johannesburg. Un enseignant, qui fait aussi office de recruteur pour Leeds, le repère et obtient un essai de trois mois en Angleterre. Celui que les supporters surnommeront Hurry Hurry se montre si convaincant que les dirigeants lui proposent un contrat professionnel. Il dispute son premier match officiel en avril 1961. Pour sa première apparition, il offre une passe décisive à Jack Charlton à l'occasion d'un nul (2:2) face à Swansea.

Par la suite, Johanneson dispute près de 200 matches sous les couleurs de Leeds, dont la fameuse finale mentionnée plus haut. Il termine sa carrière à York, où il inscrit trois buts en 26 matches avant de prendre sa retraite en 1972. L'international irlandais John Giles, ancien coéquipier du Sud-africain à Leeds, se souvient parfaitement de lui. "C'était un joueur extraordinaire. Il était très rapide et il avait un bon sens du but. Malheureusement, il avait aussi un côté plus sombre. Il était très réservé et je crois qu'il avait du mal à accepter certaines choses." 

Une fin tragique
La vie de Johanneson a pris une tournure dramatique à l'issue de sa carrière. L'ancien champion a sombré dans l'alcoolisme. Seul et sans le sou, il est décédé dans un appartement de Leeds en 1995, à l'âge de 55 ans. Giles reste convaincu que son ancien partenaire n'a pas reçu l'aide qui aurait pu lui permettre de conjurer ses démons : "Aujourd'hui, les clubs sont mieux préparés à traiter ces situations. Il y a des psychologues et des employés qui sont là pour soutenir les footballeurs en difficulté. Malheureusement pour Albert, ce n'était pas encore le cas à son époque."

Alicia, la plus jeune fille de Johanneson, partage ce constat. "S'il était né plus tard, son destin aurait été tout autre. On peut facilement comprendre pourquoi mon père a fini par perdre espoir. Pour nous, qui sommes ses enfants, c'est un lourd fardeau. C'est très difficile à vivre. L'alcoolisme de mon père a fini par ruiner sa réputation, ce n'est un secret pour personne. On devrait se souvenir de lui comme d'un excellent professionnel."

Alicia et sa sœur aînée Yvonne préfèrent logiquement évoquer d'autres aspects de la personnalité de leur père. "Il adorait la musique. Je crois qu'Yvonne et moi avons hérité de cette passion. Il aimait particulièrement le western et la country, mais il écoutait un peu de tout, à l'exception du métal. Il appréciait aussi le reggae. Il passait souvent les disques de Desmond Dekker and the Aces, Jimmy Cliff et Johnny Nash. Il avait une belle collections de vinyles et une chaîne puissante", poursuit Alicia. 

"Il s'intéressait aussi à toutes sortes de sports. Nous nous retrouvions en famille pour regarder le tennis, le cricket et l'athlétisme à la télévision. Nous encouragions nos champions préférés. Il aimait tout spécialement la boxe. Mohamed Ali était son sportif préféré. En football, c'était Eusebio. Je crois qu'il le considérait comme son modèle." 

Oublié au pays
Alicia regrette cependant de voir que le souvenir de son père s'est effacé dans son pays d'origine. "Quand on regarde ses statistiques et que l'on discute avec des personnes qui l'ont vu jouer, on comprend tout de suite qu'il avait du talent. À l'époque, il était l'un des rares Sud-Africains à s'être fait une place au plus haut niveau. Tout le monde considère le championnat d'Angleterre comme l'un des meilleurs et des plus compétitifs. Si mon père y a fait carrière pendant une décennie, ce n'est pas un hasard. Il était très simple et très modeste de nature. J'imagine que, de son vivant, il n'a suffisamment chanté ses propres louanges pour que les gens le remarquent."

Godfrey Gxowa est du même avis. Cet ancien dirigeant, arrivé aux Moroka Swallows un après la première Coupe du Monde de la FIFA au Brésil, se demande bien pourquoi Johanneson reste si méconnu en Afrique du Sud et, surtout, pourquoi personne ne se donne la peine d'entretenir son souvenir. "Je pense que s'il avait joué dans un grand club, comme les Swallows ou Orlando Pirates, il serait devenu une référence. On le considérerait comme une légende du football sud-africain, à l'égal des meilleurs." 

Une personne au moins a su apprécier le talent de Johanneson à sa juste valeur : l'international nord-irlandais George Best. Le génial ailier, qui a lui aussi connu son lot de problèmes en dehors des terrains, a croisé un jour par hasard le Sud-Africain à Leeds. Best était venu pour une conférence mais, en voyant Johanneson, il a soudain décidé de lui offrir un dîner. Finalement, les deux hommes ont passé la soirée ensemble. Laissons donc le mot de la fin à l'ancien joueur de Manchester United :  "Il fallait pas mal de courage à Albert rien que pour entrer sur le terrain, vous ne trouvez pas ? Lui, il ne se contentait pas d'entrer ; il jouait et il avait du talent. En plus, c'était un type charmant. C'est bien là le plus important, non ? Au fond, c'est même tout ce qui compte".

Fifa.com (29/05/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 15 Juin - 20:04

Michael LAUDRUP
Le roi danois sans couronne




Pelé, Diego Maradona ou Zinedine Zidane, malgré tout leur talent, auraient-ils marqué l’histoire du football s’ils avaient manqué le plus grand rendez-vous de leur sélection ? Un regard vers le Danemark suffit à répondre à la question : talent et génie sont indépendants du palmarès. Michael Laudrup, meilleur joueur danois de tous les temps, s’est débrouillé pour manquer l’heure de gloire de son pays. Et pourtant, son empreinte dans l’histoire est largement supérieure à celle de ses compatriotes qui ont remporté l’UEFA EURO 1992.

A l'occasion de son anniversaire, le 15 juin, FIFA.com retrace sa carrière.

"Dans les années 60, le meilleur était Pelé. Dans les années 70, c'était Cruyff. Dans les années 80, c'était Maradona. Et dans les années 90, c'est Laudrup." Cette phrase peut certes prêter à discussion, mais le fait que son auteur soit un certain Franz Beckenbauer lui donne plus de poids.

Le poids, Michael Laudrup et son frère cadet Brian en ont d’ailleurs un lourd sur les épaules lorsqu’ils chaussent leurs premiers crampons. Celui de la famille. Fils de Finn, ancien international, et neveu d’ Ebbe Skovdahl, entraîneur à succès, les frères Laudrup n’ont d’autre choix que de réussir. Tant mieux, c’est justement l’objectif que s’est fixé Michael. Car le Danois a du caractère. C’est la raison pour laquelle à 13 ans à peine, il se permet de refuser l’offre de l’Ajax Amsterdam pour suivre son père transféré à Kjøbenhavns Boldklub, ancêtre du FC Copenhague, jugeant qu’il est trop tôt pour quitter le pays avant de s’y être imposé.

Après avoir joint les actes à la parole et avoir été élu meilleur joueur du royaume avec Brøndby à 18 ans à peine, c’est ce même caractère qui lui fait refuser un transfert vers un autre club mythique. "J’avais conclu un accord pour un contrat de trois ans avec les représentants de Liverpool ", révèlera le magicien scandinave quelques années après la fin de sa carrière. "Dans ma tête, c’était fait. Quelques jours après, ils sont revenus avec la même offre, mais portant sur quatre ans en disant que j’étais très jeune et que j’avais besoin de temps pour me développer. J’étais déçu et j’ai décidé de ne pas rejoindre le club. On n’avait rien signé, mais un accord est un accord. Les gens doivent se tenir à ce qu’ils décident."

Tout sauf… égoïste
Les dirigeants de la Juventus, eux, savent ce qu’ils veulent et sautent sur l’occasion pour s’offrir le prodige en juin 1983. Cette fois, tout est fait dans les règles, mais Laudrup fait encore les frais de sa jeunesse. Avec la concurrence de Michel Platini et Zbigniew Boniek dans un effectif alors limité à deux joueurs étrangers, le Danois est envoyé en prêt à la Lazio, promue en Serie A, où il distille ses passes millimétrées et ses coups francs précis et inscrit sa dizaine de buts en deux saisons. L’heure de jouer dans la cour des grands sonne avec le départ du Polonais de la Juve.

Laudrup le remplace aux côtés de Platoche, remporte le championnat et la Coupe Intercontinentale en 1986, mais commence à peindre les premiers traits du portrait qu’il laissera dans la galerie des légendes : un génie qui n’a jamais atteint ses limites. "J’ai joué contre Maradona, Platini et Baggio, mais celui qui était capable des gestes les plus incroyables est Michael Laudrup", se souvient Roberto Galia, ancien international italien qui a côtoyé le Danois lors de sa dernière année à Turin. Mais ce souvenir est complété par celui de Platini : "L’un des plus grands talents de tous les temps", pour l’ancien meneur des Bleus. "Le meilleur du monde à l’entraînement, mais il n’a jamais exploité toutes ses qualités pendant les matches. Michael avait tout, sauf une chose : il n’était pas assez égoïste…"

Laudrup pense trop aux autres ? C’est ce qui convainc Johan Cruyff, entraîneur du FC Barcelone, d’utiliser sa générosité pour nourrir un ogre du but, Hristo Stoichkov. Avec le Néerlandais sur le banc, le Danois à la baguette et le Bulgare à la finition, le Barça passe du statut de grande équipe à celui de club de légende. Entre 1990 et 1994, Laudrup et ses coéquipiers gagnent notamment quatre Ligas, une Coupe d’Europe des Clubs Champions et un surnom pour l’éternité : la Dream Team.

Mais les actes manqués rattrapent le Danois. Il vit depuis le banc la finale de la Ligue des champions de l’UEFA 1994 face à l’AC Milan, remportée de manière aussi surprenante que magnifique par les Italiens (4:0). "Laudrup était le joueur que je craignais le plus et Cruyff a fait l’erreur de le laisser sur le banc", commentera Fabio Capella, l’entraîneur milanais, après la démonstration.

L’heure de la revanche
Il n’en faut pas plus pour réveiller chez Laudrup les sentiments qui lui avaient fait tenir tête à l’Ajax et Liverpool quelques années avant. Il répond à l’affront en signant chez l’ennemi madrilène, malgré l’amour des supporters catalans. "Il n'est pas question de vengeance", explique-t-il pourtant. "Ma période au Barça était terminée, tout comme la Dream Team d'ailleurs. Si je suis parti à Madrid, c'est parce que je voulais évoluer au sein d'une équipe capable de viser le titre tout en restant en Espagne."

L’objectif est atteint à la fin de la saison suivante, avec un titre de champion en 1995. Et la revanche de Laudrup est totale lors du clasico remporté 5:0 par les Merengue un an après l’avoir gagné sur le même score dans le camp blaugrana. Michael livre l’un des meilleurs matches de sa carrière, servant notamment Ivan Zamorano pour l’un de ses trois buts. "La raison pour laquelle j’ai marqué autant de buts avec le Real Madrid ? Laudrup !", rend hommage le Chilien à son ancien coéquipier.

Après deux ans dans la capitale espagnole, le Danois a alors 32 ans et songe peut-être à la retraite en rejoignant la jeune J-League, au Vissel Kobe. Mais ses six buts en 15 matches lors de la saison 1996/97 lui rappellent qu’il a encore le niveau pour briller sur le Vieux Continent. Clin d’œil du destin, c’est au club qu’il a refusé deux décennies auparavant qu’il offre ses derniers services. Laudrup signe à l’Ajax Amsterdam et conclut sa carrière sur un titre de champion des Pays-Bas.

Mais les erreurs de jeunesse ne sont pas toujours réparables et la légende de Laudrup ne serait pas aussi belle sans sa relation manquée avec la sélection. Certes, le génial milieu offensif a pris part à trois éditions de l’EURO (1984, 1988, 1996) et remporté la Coupe des Confédérations de la FIFA 1995. Certes, il a fait partie des légendaires Danish Dynamites qui ont ébloui la planète football pour leur première participation à la Coupe du Monde de la FIFA en 1986. Certes, il même marqué un but magnifique face à l’Uruguay lors de la démonstration scandinave (6:1).

Rendez-vous manqué
Mais tous ses succès pèsent peu dans la balance face à sa décision de quitter la sélection durant les qualifications pour l’EURO 1992. Après une défaite 0:2 contre la Yougoslavie, en désaccord avec les choix tactiques de son sélectionneur, il claque la porte en jurant de ne plus évoluer sous les ordres de Richard Møller Nielsen. Mauvais calcul. Malgré l’élimination, le Danemark est repêché suite à la suspension de la Yougoslavie et Møller Nielsen est maintenu.

La suite est connue. Une équipe de Danois en vacances est constituée en dernière minute, s’envole pour la Suède, enchaîne les exploits et décroche le titre suprême européen. Le meilleur joueur danois de l’histoire vient de rater l’heure de gloire de son pays…

En 1993, sous la pression populaire, Laudrup fait machine arrière et retrouve la sélection dirigée par… Møller Nielsen ! "Je ne voulais pas revenir sur une décision que j'avais prise fermement. Mais, en même temps, je voulais de plus en plus jouer avec eux ! Avec le sélectionneur, il y a eu une approche mutuelle. L'équipe manquait de discipline. Je ne me sentais pas capable de faire ce qu'il attendait de moi, devenir le leader de cette équipe. Mais, je suis devenu un leader au Barça, le directeur du jeu, et ce rôle me convient finalement assez bien..."

Laudrup disputera la dernière de ses 104 sélections en quart de finale de France 1998 face au Brésil. Les Européens s’inclinent 2:3 après avoir fait jeu égal avec les champions du monde en titre et au coup de sifflet final, le capitaine vaincu annonce ce que tout le Danemark redoute : "C’était le dernier match de ma carrière", avant d'ajouter : "Mais c’était aussi l’un des meilleurs, voire le meilleur." 

Le meilleur, conclu par une défaite. Un résumé de la carrière d’un roi sans couronne.

Fifa.com (15/06/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 23 Juin - 11:25

Zidane, étoile d’or dans le ciel Bleu



Quand une étoile s’éteint, une autre la remplace. Est-ce donc vraiment un hasard si lorsque Michel Platini boucle sa dernière saison en 1987, le jeune Zinedine Zidane fait ses premiers pas au centre de formation de l’AS Cannes ?

A l'occasion son anniversaire, le 23 juin, FIFA.com retrace sa carrière.

Repéré par l’ancien professionnel Jean Varraud, Zidane y révèle un potentiel forgé dans la cité de Marseille où il a vu le jour. "C'est là que j'ai appris l'essentiel de ce que je sais faire", avoue le cadet d’une famille kabyle de cinq enfants. "Nous étions une dizaine de potes, on s'entraînait à faire le geste qui sortait de l'ordinaire, celui qu'on montrerait aux autres quand il serait parfait."

Zidane y apprend aussi l’humilité et le respect qui deviendront les raisons de son immense popularité. De son passage à Cannes, il n’oublie pas ses débuts en première division en 1989 face à Nantes à 17 ans, ni son premier but face au même adversaire en 1991, mais surtout, il n’oublie jamais de prendre régulièrement des nouvelles de sa famille d’accueil sur la Côte d’Azur. "Nous avons hébergé de nombreux gamins de Cannes, mais c'est le seul qui soit resté en contact avec nous. Et le seul qui ait réussi", confie Nicole Elineau, se rappelant le "gentil gamin qui mangeait les frites du mercredi entre deux tranches de pain."

Autres découvertes, celle d’un talent qui l’amènera au sommet, et d’un caractère qui lui jouera des tours toute sa carrière. Malgré sa discrétion, Zidane ne peut cacher éternellement son habileté technique. "Ce n'était pas le plus costaud ni le plus rapide, et il ne pensait qu'à dribbler", se souvenait Varraud quelques temps avant sa disparition en 2006. "Un, deux, trois, cinq, six joueurs. C'était sublime. Ses pieds parlaient avec le ballon !" Du coup, les adversaires n’ont qu’une obsession : les faire taire.

Des coups et des jongles
Le génie s’accompagnant souvent de folie, celle de Zidane se caractérise par la réponse à la provocation. Il prend des coups, mais il les rend, ce qui lui vaut de nombreuses suspensions. Guy Lacombe, alors directeur du centre de formation cannois, trouve la parade. "Des coups, tu en prendras jusqu’à la fin de ta carrière. C’est la règle pour les joueurs aussi doués que toi. Si tu joues les justiciers, tu passeras ta vie sur la touche à regarder les autres", le prévient-il avant de lui conseiller, s’il a besoin de se défouler, d’utiliser son énergie pour nettoyer le vestiaire. Dès le lendemain, et régulièrement pendant toute sa période cannoise, on verra le futur meilleur joueur du monde un seau et une éponge à la main après les matches…

Assagi et aguerri, il quitte Cannes pour Bordeaux en 1992, et c’est encore loin des flashes et des caméras, qu’on découvre le vrai Zidane. Celui du terrain enchaîne buts, roulettes et coups francs millimétrés, celui du vestiaire s’amuse dans son coin. "Un soir, dans la cohue des vestiaires, il s'est amusé à jongler, comme ça, en plein milieu de la bousculade, juste avec le talon", se rappelle son entraîneur d’alors, Rolland Courbis. "Des types adroits, j'en a connus. Mais Zizou, c'est différent. J'aurais pu passer la nuit à le regarder."

Les supporters bordelais aussi auraient pu passer leur existence à le regarder. Mais son nom commence à résonner au-delà de l’Hexagone. La faute à une première sélection en 1994 qui confirme que les Bleus ont trouvé un successeur au légendaire Platoche. Alors que son équipe est menée 0:2 par la République tchèque, Aimé Jacquet lance Zizou, dans son jardin bordelais. En deux minutes, il inscrit deux superbes buts, d’une tête puissante et une frappe du gauche imparable après une feinte, et évite la défaite française. "Mon jeu de tête et mon pied gauche sont mes points faibles", regrettait-il pourtant à l’époque…

Dans les pas de Platoche
La faute également à une formidable Coupe UEFA en 1995/96, marquée par un un lob instantané du gauche de 40 mètres contre le Betis Séville en huitième de finale, ou un quart de finale retour d’anthologie face au grand AC Milan, remporté 3:0 après avoir perdu la première manche 0:2. Les Girondins s’inclinent en finale face au Bayern Munich, mais Zidane gagne un transfert à la Juventus, conseillé au staff bianconero par un certain Platini.

La préparation physique est quasiment insurmontable pour un Zidane encore frêle et l’apprentissage tactique plombe ses première semaines turinoises. "Il arrivait avec le poids de son prédécesseur. Tout le monde voulait faire la comparaison entre les performances de Platini et de Zidane", se souvient Marcello Lippi, son premier entraîneur dans le Piémont. "Mais je lui ai toujours dit d'être tranquille, de jouer comme il savait le faire, qu’il serait toujours titulaire, car un joueur comme lui doit être titulaire dans un grand club. C'est le plus gros talent du football de ces vingt dernières années."

Le décor change, mais le personnage reste le même. Zidane devient l’un des meilleurs joueurs du monde, remporte deux scudetti (1997, 1998), une Supercoupe d'Italie (1997), une Supercoupe d'Europe (1996) et une Coupe intercontinentale (1996), mais c’est ailleurs qu’il prend le plus de plaisir. "Quand je sortais du restaurant vers 23h00, je voyais Zidane jouer au ballon avec des gens dans un quartier où il avait des amis algériens", raconte Lippi. "Je lui disais : ‘Qu'est-ce que tu fais à cette heure-ci ?’ Il me répondait : ‘Ça me fait plaisir de jouer avec mes amis’. Je lui disais : "Tu as raison, c'est beau. Mais ne va pas au lit trop tard quand même…"

Il fera cependant une entorse au conseil du Mister, le 12 juillet 1998, lors de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA. Devenu indiscutable en sélection et propriétaire incontesté du numéro 10 lorsque la France organise le tournoi mondial, Zidane n’y brille pas particulièrement, mais il montre encore les deux facettes de son personnage. Exclu pour une mauvaise réaction contre l’Arabie Saoudite en phase de groupes, Zizou passe du statut de génie à celui de héros lors de la finale face au Brésil, inscrivant de la tête - "mon point faible", disait-il - deux des trois buts tricolores.

Les copains du quartier
Adulé par tout un peuple et adoubé par un Platini "fier que ce soit Zidane qui porte le numéro 10", à quoi pense-t-il, arrivé sur le toit du monde ? "Comme tous les enfants, dans le quartier on s'inventait notre Coupe du Monde. Quand j'ai fini par y participer, j'ai toujours gardé ce souvenir. Celui du temps où avec les copains du quartier, on se faisait notre Coupe du Monde à nous. Quelque part, je les représente."

Deux ans plus tard, il ajoute un UEFA EURO 2000 à son palmarès, en battant l’Italie en finale. Mais Zidane n’est pas rassasié. Manque à son palmarès la Ligue des champions de l’UEFA, après deux finales perdues avec la Juve. Le Real Madrid, qu’il rejoint pour un montant record à l’été 2001, lui permet de réaliser ce rêve. Et de quelle manière ! En finale de l’édition 2002 face au Bayer  Leverkusen, il inscrit l’un des plus beaux buts de l’histoire de la compétition. Sur un centre en cloche improbable de Roberto Carlos, le ballon arrive sur son pied gauche - son mauvais, paraît-il - qui expédie une volée magistrale dans la lucarne.

Hélas, ce coup de génie et ce trophée tant convoité seront le point d’orgue de sa carrière madrilène. En dépit d'une addition d’artistes à Santiago Bernabeu, dont Ronaldo, Luis Figo, Michael Owen et David Beckham, les Merengues ne remporteront aucun trophée entre 2003 et 2006, malgré un Zidane individuellement au sommet de son art.

Une période durant laquelle l’équipe de France rentre aussi dans le rang. Tenants du titre lors de la Coupe du Monde 2002, les Bleus quittent la compétition dès le premier tour. La route sera un peu plus longue à l’EURO 2004, mais la Grèce aura raison des Français avant de monter sur le toit du continent. Le chant du cygne, pense-t-on alors pour un Zidane qui annonce sa retraite internationale.

Merci pour la magie
Mais au lieu d’un cygne, on découvre un phénix, qui revient sous le maillot bleu au milieu des qualifications pour la Coupe du Monde 2006. "Tout le monde se réjouit et est optimiste pour la qualification. Moi, je ne pense pas seulement à la qualification, mais à aller le plus loin possible", annonce le sélectionneur Raymond Domenech, alors que la France se débat dans des éliminatoires compliquées. Les Bleus décrochent leur billet pour l’Allemagne, mais Zidane met immédiatement les choses au point : il arrêtera sa carrière après le tournoi.

Le dernier match de groupe contre le Togo peut être celui des adieux, mais Patrick Vieira et Thierry Henry lui offrent un sursis. L’Espagne veut le mettre à la retraite en huitième, mais Zizou rallonge la durée du temps de travail. Le Brésil et le Portugal pensent prendre leur revanche face à leur bourreau respectivement en finale de la Coupe du Monde 1998 et demi-finale de l’EURO 2000, mais le Marseillais a encore le dernier mot. L’ultime match de Zidane sera donc une finale de Coupe du Monde, une sortie à la hauteur du talent du personnage. C’est exactement ce qui arrive : la dernière de Zidane est à l’image de sa carrière. Un coup de génie pour tromper Gianluigi Buffon par une Panenka sur penalty, et un carton rouge pour avoir répondu à la provocation du défenseur Marco Materazzi.

On retiendra plutôt ses adieux quelques semaines avant au stade Santiago Bernabeu : un but de la tête, une victoire, 80 000 spectateurs portant le maillot de Zidane et brandissant une pancarte "Merci pour ta magie."

Fifa.com (23/06/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 29 Juin - 14:24

Josef MASOPUST
Le monde du football pleure le Chevalier Masopust




Josef Masopust, légendaire meneur de jeu de la Tchécoslovaquie finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA 1962 et Ballon d'or la même année, est décédé ce 29 juin à Prague à l'âge de 84 ans des suites d'une longue maladie. Retour sur sa carrière.

En arrivant dans son l'hôtel chilien un beau jour de mai 1962, Josef Masopust a la mauvaise surprise de constater que son nom et son prénom ont été mal orthographiés. C'est donc dans un relatif anonymat que le milieu de terrain tchécoslovaque entame la Coupe du Monde de la FIFA 1962. Quelques jours plus tard, au moment de monter dans l'avion qui le ramènera à Prague, Joseph Masopust sera tout sauf un inconnu...

Dans l'intervalle, ce footballeur d'exception est devenu un véritable héros national, lui que les supporters tchécoslovaques méprisaient pourtant ouvertement pour ses exploits sous les couleurs du club de l'armée. Sous son impulsion, l'équipe dirigée par Rudolf Vytlacil s'invite en finale et, à la surprise générale, passe tout près de réussir l'un des exploits les plus invraisemblables de toute l'histoire de la compétition en barrant la route à une formation brésilienne présentée comme invincible.

Amarildo, Zito et Vava se chargent de ramener les Tchécoslovaques sur terre, au terme d'une finale excitante. Le Chevalier, lui, a définitivement relégué "Joseph Masapost", la mauvaise orthographe, aux oubliettes de l'histoire. Josef Masopust devient une véritable référence, digne des éloges de Ferenc Puskas, Djalma Santos ou encore Pelé. En guise de cerise sur le gâteau, il termine l'année en remportant le Ballon d'Or devant le Portugais Eusebio. 

Un rêve de gosse
Avec le recul, l'année 1962 peut être considérée comme l'apogée de son exceptionnelle carrière. Né en 1931 dans une modeste famille de Strimice, village situé près de la frontière allemande, l'aîné d'une fratrie de six enfants se prend rapidement de passion pour le beau jeu en tapant dans le ballon, au pied de deux magnifiques montagnes. Il rêve alors de devenir le nouveau Josef Bican, le gardien de but mythique qui a bercé la jeunesse de son mineur de père. Mais ces ambitions partent en fumée lorsqu'Hitler annexe les Sudètes en 1938.

La fin de la Deuxième Guerre mondiale lui offre l'occasion de reprendre le fil de son histoire. Dès la fin des hostilités en 1945, il rejoint les rangs d'Uhlomost Most, (aujourd'hui appelé Banik Most. Infatigable, doté d'une excellente lecture du jeu et très habile dans le tacle, Masopust s'illustre également balle au pied, que ce soit en éliminant ses adversaires en pleine course ou en adressant des ballons millimétrés à ses attaquants. L'un de ses entraîneurs le recommande à Teplice qui, à cette époque, vient tout juste de monter en première division. Un recruteur fait le déplacement pour voir à l'œuvre le jeune homme de 18 ans. Masopust espère décrocher un essai. On lui propose immédiatement un contrat.

Il ne fera pourtant pas de vieux os là-bas. Les dirigeants de l'ATK, devenu le Dukla Prague en 1956, le club de l'armée, décident de s'attacher ses services. À cette époque, il était évidemment inconcevable de dire non aux militaires. Alors que tous les clubs doivent gagner leur place parmi l'élite, l'ATK est invité à rejoindre la première division dès sa formation, en 1948. En outre, l'armée se réserve le droit de choisir ses soldats. Les autres clubs sont donc invités à céder leurs joueurs à l'ATK, lorsque celui-ci leur en fait la demande.

Cette situation n'était évidemment pas du goût de la plupart des amateurs de football en Tchécoslovaquie. Les supporters du Sparta et du Slavia n'ont jamais caché leur animosité pour l'ATK. Très vite, Masopust devient l'un des footballeurs les plus honnis du pays. Cela ne l'empêche nullement d'exceller aux côtés de Svatopluk Pluskal, ni de mener l'ATK au titre à huit reprises entre 1953 et 1966. En récompense de ses bons et loyaux services, l'international se verra interdire de jouer à l'étranger. Sa première expérience se fera donc à Crossing, en Belgique, à l'âge de 37 ans ! 

Masopust éclipse Pelé...

Le Dukla parvient même à briller sur la scène internationale. En 1961, le club atteint la finale de l'International Soccer League, après avoir successivement éliminé l'Étoile Rouge de Belgrade, le Rapid Vienne, l'AS Monaco et l'Espanyol Barcelone. Son succès 9:2 sur l'ensemble des deux manches lui vaut même d'accéder à l'American Challenge Cup, qu'il remporte trois ans de suite. Dans un match amical entre le Dukla et Santos disputé en 1959 au Mexique, Masopust se paye même le luxe d'éclipser le grand Pelé. Les Tchécoslovaques s'imposent 4:3, grâce aux dribbles chaloupés de leur milieu de terrain, ainsi qu'à son superbe doublé.  

"Peu importe l'adversaire, il était toujours un ton au-dessus", constate Pluskal. "Il ne perdait jamais le ballon. Il enchaînait les une-deux ou il jouait court, jusqu'à ce qu'il trouve un espace. Là, il partait à l'abordage : un, deux, trois joueurs… Il laissait tout le monde derrière lui, comme s'il s'agissait de plots sur le terrain d'entraînement. Il était vraiment incroyable."

Malgré ces succès, sa célébrité ne franchit pas les frontières de la Tchécoslovaquie. Chili 1962 va changer tout cela. Éliminés dès le premier tour en Suède quatre ans plus tôt, les Tchécoslovaques ont hérité cette fois-ci d'un groupe encore plus difficile : on y trouve le Brésil de Garrincha et Pelé, champion du monde en titre, et l'Espagne, entraînée par le magicien Helenio Herrera, qui compte dans ses rangs des joueurs de la trempe de Jose Santamaria, Francisco Gento, Luis Suarez et Ferenc Puskas. "On nous a dit que ce n'était pas la peine de défaire nos valises, parce que nous allions vite repartir", se souvient Masopust.

Loin de se laisser impressionner, le maestro donne un véritable récital lors du match d'ouverture contre l'Espagne. Profitant d'une de ses somptueuses ouvertures, Josef Stibranyi inscrit l'unique but de la partie. "J'ai été étonné de découvrir un joueur aussi complet", admettait Puskas après coup. "Luis Del Sol était très fort pour casser les attaques adverses. Suarez était diabolique sur les coups de pied arrêtés et Paco Gento était fantastique quand il partait lancé. Masopust, lui, était tout ça à la fois : il récupérait, il passait, il dribblait et il était à la conclusion. C'était un joueur étonnant."

Masopust respecte Pelé...
Masopust se charge ensuite de museler le grand Didi à l'occasion du nul (0:0) qui sanctionne les débats entre la Seleção et la Tchécoslovaquie. Au cours de cette rencontre, Masopust fait une fois de plus apprécier son extraordinaire classe. Pelé est victime d'un choc pendant le match mais, à cette époque, les changements n'existent pas encore. O Rei est donc condamné à errer sur le terrain. Servi par un partenaire, le numéro 10 brésilien se retrouve face à Masopust qui, élégamment, refuse le duel plutôt que de s'en prendre à un adversaire diminué.

"C'est un geste que je n'oublierai jamais", avouera Pelé après la rencontre. Et Djalma Santos d'ajouter : "C'était émouvant de voir un tel respect, pas uniquement envers Pelé mais vis-à-vis de toute l'équipe. Nous avions affaire à un grand joueur et, surtout, à un gentleman".

Malgré la défaite 1:3 concédée face au Mexique lors de la troisième et dernière journée, la Tchécoslovaquie poursuit sa route. Au second tour, Masopust se montre une nouvelle fois brillant tandis que son équipe prend la mesure de la Yougoslavie (3:1), pourtant championne d'Europe en titre. La Hongrie subit le même sort en demi-finale, de sorte que le Brésil est la dernière équipe à se dresser sur la route de l'équipe-surprise du tournoi. Masopust a beau ouvrir le score, l'écart entre les deux formations est trop important. Les Brésiliens égalisent rapidement, avant de s'imposer 3:1 au coup de sifflet final.

Masopust impressionne Pelé...
"Masopust est un des plus grands joueurs que j'ai rencontrés", assure Pelé. "Mais je ne peux pas croire qu'il soit né en Europe. Pour dribbler comme ça, il faut qu'il soit brésilien ! Ce jour-là, nous étions les plus forts. Pourtant, Masopust ne méritait vraiment pas de perdre ce match."

Sur le plan individuel, le Chevalier doit également se contenter de la deuxième place. Il est devancé par Garrincha pour le titre de meilleur joueur de la compétition. Heureusement, l'or ne va pas tarder à suivre. Le jury du Ballon d'Or le place en tête des suffrages après une année 1962 pleine de succès. Ce titre fait incontestablement de lui le plus grand joueur tchécoslovaque du 20ème siècle.

À ce moment-là, le nom de Josef Masopust était déjà si connu qu'aucune faute d'orthographe n'a été à déplorer sur le trophée...

Fifa.com (29/06/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Sam 4 Juil - 17:03

Eusébio entre au Panthéon



Le légendaire Eusébio, le "roi" des footballeurs portugais décédé en janvier 2014 à l'âge de 71 ans, recevait vendredi un ultime hommage de ses fans, son cercueil traversant Lisbonne pour faire une entrée solennelle au Panthéon national.

La disparition d'Eusébio da Silva Ferreira, premier joueur noir à être élu Ballon d'or en 1965, avait suscité une vive émotion au Portugal et à travers le monde du football.

Le jour de son enterrement, des dizaines de milliers de personnes étaient sorties dans les rues de Lisbonne pour pleurer l'ancienne gloire de l'équipe nationale, qu'il avait portée jusqu'à la troisième place de la Coupe du monde 1966, et du Benfica, son club de toujours.

Vendredi, le corbillard contenant son cercueil, recouvert du drapeau portugais, a quitté le cimetière de Lumiar, dans le nord de Lisbonne, peu avant 15H30 locales.

Suivi en direct par les chaînes d'information en continu, le convoi, escorté par une vingtaine de motos de la gendarmerie nationale, s'est d'abord arrêté pour une messe en présence des proches du footballeur.

Premier sportif
Le cortège devait ensuite faire le tour de l'extérieur du stade de la Luz, où le Benfica avait érigé une statue d'Eusébio de son vivant, avant de s'engager dans les grands boulevards en direction de la Fédération portugaise de football puis du Parlement national, où il s'arrêtera brièvement.

En février dernier, les députés avaient décidé à l'unanimité d'accorder les honneurs du Panthéon national à Eusébio, premier sportif à y faire son entrée. Il y rejoindra notamment la diva du fado, Amalia Rodrigues, ainsi que plusieurs écrivains et diverses personnalités politiques.

Le cercueil, posé alors sur un affût de canon et tiré par un attelage de chevaux, longera le cours du Tage à travers le vieux Lisbonne jusqu'à la colline où s'élève la coupole du Panthéon, une bâtisse de style baroque datant de la fin du 17e siècle.

Au bout de ce parcours d'une vingtaine de kilomètres, une cérémonie officielle était prévue à partir de 19h00 locales sur le parvis du Panthéon. Un éloge funèbre y sera prononcé par un ancien coéquipier d'Eusébio, Antonio Simoes, et le président de la République Anibal Cavaco Silva prendra la parole.

Ce dernier hommage rendu au footballeur constitue "un geste entièrement justifié envers un homme qui n'a jamais perdu son humilité, car c'est le peuple qui en a fait un héros", a déclaré M. Simoes.

Icône du Portugal des 'trois F'
Né le 25 janvier 1942 à Maputo, capitale du Mozambique, alors une des colonies africaines du Portugal, Eusébio, issu d'une fratrie de huit enfants, a été recruté à 19 ans par le Benfica pour ses exceptionnelles qualités techniques et physiques.

Surnommé la "panthère noire", ou simplement le "roi", il a remporté en 1962 l'ancêtre de la Ligue des champions, la Coupe d'Europe des clubs champions, en signant deux des buts d'une finale d'anthologie remportée par le Benfica face au Real Madrid de Puskas et Di Stefano (5-3).

Les 733 buts inscrits en 745 matches sur l'ensemble de sa carrière en disent long sur ce redoutable attaquant, véloce, très technique et précis, deux fois Soulier d'Or (meilleur buteur européen) en 1967/68 et en 1972/73.

Empêché par le dictateur Antonio Salazar de signer pour un club étranger, Eusébio était devenu, malgré lui, une des icônes du Portugal des "trois F" - fado, football et Fatima - à l'instar d'Amalia Rodrigues.

Il est resté 15 ans au Benfica, avec lequel il a remporté 11 championnats nationaux, cinq Coupes du Portugal et disputé, après la victoire de 1962, trois autres finales de Coupe des champions.

Fifa.com (03/07/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 7 Juil - 20:40

Dhlomo, le caméléon sud-africain




De nombreux footballeurs ont évolué au plus haut niveau dans différentes disciplines. Peu, en revanche, l’ont fait simultanément et ils sont encore moins nombreux à avoir également été des musiciens reconnus au cours de leur carrière sportive. FIFA.com revient sur le remarquable parcours du caméléon sud-africain Darius Dhlomo, malheureusement décédé au mois de juin 2015.

Lorsque Dhlomo s’est présenté à sa première séance d’entraînement avec le club néerlandais Heracles Almelo, ses nouveaux coéquipiers ont été surpris de ne pas le trouver dans le vestiaire alors qu’ils se mettaient en tenue. "Darius était tellement étonné que tout le monde, Noirs comme Blancs, puisse utiliser le même vestiaire, qu’il pensait devoir se changer dehors", se souvient Henk ten Brink, joueur d’Heracles à l’époque.

Né en 1931 à Durban, Dhlomo a grandi sous le régime de l’apartheid, qui a eu une énorme influence sur sa personnalité. Le Sud-Africain a ainsi expliqué dans un entretien avec l’historien du sport Peter Alegi ce qui lui avait permis de devenir si polyvalent : "Lorsque j’étais encore un petit garçon, pendant la période de l’apartheid, je n’avais pas d’autre choix que d’être créatif. S'occuper est la meilleure façon de survive."

Sur le ring avec Mandela
Dhlomo n’a jamais manqué d’occupations. Footballeur pour les Baumannville City Blacks, il jouait également au tennis à un bon niveau et a été couronné champion d’Afrique du Sud de boxe chez les poids-moyens. C’était aussi un batteur et un chanteur de blues, ce qui lui a valu son surnom : le "boxeur chantant". Alors que l’Afrique commençait à peine à s’ouvrir au football, il n’était pas non plus maladroit balle au pied. "C’était un milieu de terrain très discipliné, qui travaillait dur", raconte l’ancien capitaine des Moroka Swallows, Chris Ngcobo. "Il n’y avait pas d’équipe nationale à l’époque, mais Ndoroo, comme nous l’appelions, a été retenu dans toutes les sélections auxquelles il pouvait prétendre. Il aurait sans aucun doute été en équipe nationale, s’il y en avait eu une."

Jackie Motlogeloa, de son côté, a croisé la route de Dhlomo le boxeur. "Il n’est pas devenu champion d’Afrique du Sud par hasard, c’était un très bon puncheur", témoigne le promoteur. "Il s’entraînait souvent avec Nelson Mandela. C’est d’ailleurs l’un des rares Sud-Africains qui était autorisé à frapper notre grand leader."

Malgré tout cela, Dhlomo trouvait également le temps d’occuper un métier à temps plein, professeur dans la commune de Lamontville. Il s’est néanmoins rapidement heurté au programme officiel, enseignant l’obéissance, le respect des différences sociales, la foi et l’identification à la culture rurale. "Je souhaitais aider les enfants à se développer, mais le gouvernement avait une autre approche en tête. Je leur ai dit que je ne pouvais pas, que je n’avais pas envie d’enseigner des choses qui allaient à l’encontre de leur épanouissement", a confié Dhlomo.

Il a donc quitté l’enseignement pour travailler auprès de l’association YMCA à Durban. Inspiré par la réussite en Europe de plusieurs footballeurs sud-africains de couleur, comme Steve Mokone, il est également rentré en contact, à cette époque, avec plusieurs clubs étrangers, leur demandant sans succès d’être mis à l’essai. Alors qu’il ne s’y attendait plus vraiment, il a reçu en 1958, à l’âge de 26 ans, une lettre des Pays-Bas l’invitant à venir faire ses preuves à Heracles.

Un succès rapide
Son ancien coéquipier ten Brink n’a pas oublié la vitesse à laquelle Dhlomo s’est intégré, sur et en dehors des terrains : "C’était quelqu’un de très attachant, agréable et toujours de bonne humeur. Il ne comptait pas ses efforts sur la pelouse, c’était l’un des premiers à mener la charge".

Dhlomo ne s’est pas contenté de jouer au football aux Pays-Bas. Il a également continué à boxer et à donner des concerts, pour lesquels il invitait ses coéquipiers. Ten Brink, un ancien attaquant, se souvient de la générosité et des éclats de rire spontanés du Sud-Africain, mais également de son côté plus sérieux. "Je garderai à jamais l’image d’un homme engagé", témoigne-t-il. Après avoir raccroché les crampons, Dhlomo a d’ailleurs travaillé comme enseignant et travailleur social aux Pays-Bas, avant de s’engager pendant plusieurs années en politique en intégrant le conseil municipal de la ville d’Enschede.

L’historien du sport néerlandais Jurryt van de Vooren a rencontré pour la première fois le Sud-Africain en 1985, lorsque ce dernier a fait campagne contre l’apartheid. Il n’est pas surpris de son succès aux Pays-Bas : "Le football professionnel en était à ses balbutiement dans le pays, tout était nouveau. Les gens l’appréciait non seulement parce qu’il était différent mais aussi parce que c’était un très bon joueur."

Van de Vooren, qui s’occupe d’un site Internet en néerlandais sur l’histoire du sport, souligne que Dhlomo a été confronté à un choix difficile à la fin de sa carrière : "Il pouvait rester aux Pays-Bas et dénoncer auprès de tous les horreurs de l’apartheid ou bien rentrer en Afrique du Sud. Il a choisi la première option, même s’il savait qu’il ne pourrait alors pas rentrer au pays à moins d’un changement politique". Par bonheur, ce changement est arrivé de son vivant. Dhlomo a pu retourner en Afrique du Sud, où il a même retrouvé Nelson Mandela. Il est décédé à Enschede à l’âge de 83 ans.

Fifa.com (06/07/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 11 Aoû - 15:54

L'Australie prend Date en référence



Charismatique et fantasque hors des terrains, Reg Date possède un bilan incroyable : depuis ses débuts en 1937, alors adolescent gringalet, jusqu'à sa dernière sortie en 1954, il a signé un impressionnant total de 664 buts, en club et en sélection. "Le meilleur joueur australien avec ou contre qui j'ai eu l'occasion de jouer", assure Joe Marston, précurseur à l'époque parmi les footballeurs australiens ayant réalisé un superbe parcours en Angleterre, des décennies avant que ses compatriotes ne l'imitent.

Pourtant Date, originaire de Newcastle et décédé il y a tout juste 20 ans à l'âge de 74 ans, est à peine connu, même dans le milieu du football australien, et encore moins en dehors. Cela s'explique en partie par l'époque durant laquelle il a évolué, la couverture médiatique y étant alors beaucoup plus limitée qu'aujourd'hui. Pendant cette période, l'Australie n'accordait que très peu d'importance au football, une situation qui a perduré jusqu'à il y une dizaine d'années.

Ce manque de reconnaissance est également dû au caractère de cet homme qui cherchait à éviter le feu des projecteurs et à suivre sa propre route. Date travaillait comme mineur en semaine et possédait aussi un pub dans un quartier difficile, non loin des docks de Newcastle. Il était également connu pour prendre part à des matches de boxe, même au cours de ses dernières années de vie. "C'était un joueur formidable, un super mec, mais qu'est-ce qu'il buvait !", admet Marston. "Les sélectionneurs n'ont jamais aimé Reggie. C'était un électron libre, ils n'arrivaient pas à le gérer."

Un héros local

À cette époque, le football pouvait être particulièrement physique, un cadre qui convenait parfaitement à Date, à la fois trapu et puissant. Malgré sa nature espiègle et un style de jeu physique, Date était reconnu pour sa technique et sa finesse mais aussi pour son esprit d'équipe et des valeurs sportives d'un autre temps. "Je n'ai jamais vu personne montrer autant de fair-play sur le terrain", assurait ainsi Jack Mathews, rédacteur en chef au service des sports du Newcastle Morning Herald and Miners' Advocate, suite au départ à la retraite de Date. "C'était le plus brillant, spectaculaire et dangereux face à ses opposants. Il avait toutes ces qualités mais pensait toujours à l'équipe et refusait de se mettre en avant."

Date aurait décliné des offres pour intégrer les clubs de Cardiff City et Glasgow Rangers. S'il avait accepté, il aurait devancé de plusieurs années Marston dans sa décision de rejoindre la mère patrie. Reg Flewin, capitaine du onze d'Angleterre qui a réalisé une tournée australienne en 1951 a dit de Date : "Il aurait été une vedette dans une équipe anglaise".

Date n'a jamais bénéficié d'un entraîneur étant plus jeune. Il a grandi dans une banlieue éloignée de Newcastle, une ville ouvrière où les principaux employeurs étaient les industries du charbon et de l'acier. Ceci explique sans doute pourquoi Newcastle a été la terre d'accueil du football australien dans les années 1930 et 1940. L'équipe locale de Date, Wallsend, était au cœur du jeu dans la ville. Son stade, Crystal Palace, accueillait ainsi les matches internationaux durant cette période. Il a inscrit des centaines de buts au niveau junior. Au cours d'une saison, il aurait même signé sept buts ou plus à chaque fois qu'il se trouvait sur le terrain. Wallsend n'a alors pas tardé à le remarquer et Date, alors âgé de 16 ans, faisait naturellement son entrée dans le monde agité du football professionnel dans une ville ouvrière.

Son talent et sa forte personnalité ont rapidement fait de lui un héros local. Il a passé toute sa carrière dans son club local, à l'exception de trois saisons prolifiques auprès du meilleur club de Sydney, Canterbury. Au cours d'une saison, il y a marqué 73 buts, un record qui ne sera sûrement jamais dépassé.

Une gloire éphémère

Malheureusement, la carrière de Date au sein de la sélection nationale a été brève, même si elle s'est étalée sur six ans. Il n'a joué que cinq matches internationaux complets, tous s'étant déroulés sur un seul mois, en 1947. Cependant, Date avait pu démontrer son talent en signant son premier but après tout juste quatre minutes contre l'Afrique du Sud. Il allait par la suite porter son total à huit buts en cinq rencontres.

La Deuxième Guerre mondiale et le nombre limité de matches internationaux disputés par l'Australie expliquent en partie pourquoi Date n'a que très peu porté le maillot vert et or. Toutefois, d'après ses contemporains, ses problèmes avec l'autorité ont joué un rôle tout aussi important. "Il était le meilleur joueur durant cette période, cela ne fait aucun doute", juge Frank Parsons, attaquant australien de l'époque. "Reg était franc. Il n'a fait partie d'aucune des deux tournées en Nouvelle-Zélande en 1948 et en Afrique du Sud en 1950, alors qu'il aurait dû y figurer et être le premier choisi pour y participer."

L'Australie a produit de nombreux bons joueurs ces dernières années, mais il faut sans aucun doute remonter au meilleur d'entre eux pour retracer les origines des Socceroos. Un mineur au tempérament de feu, peu intéressé par la gloire, qui voulait simplement jouer à un jeu qu'il adorait.

Fifa.com (11/08/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 18 Aoû - 15:56

Gianni RIVERA
Rivera, Golden Boy au coeur rouge et noir




Technicien hors pair, doté d'une étonnante vision du jeu, Gianni Rivera a été pendant 19 saisons un numéro 10 à l'ancienne, le moteur de l'AC Milan, un  golden boy tombé dans une marmite de potion magique. Son nom restera à jamais dans le livre d'or de l'AC Milan avec qui il a tout gagné, en portant notamment pendant 12 saisons le brassard de capitaine.

Au-delà de son palmarès, l'histoire retiendra sans doute sa rivalité avec son alter ego de l'Inter Milan, Sandro Mazzola. Rarement une nation n'a disposé, dans la même période, de deux joueurs aussi talentueux évoluant dans le même registre.

Le guide de l'AC Milan
Originaire d'Alessandria, une ville du Piémont, Rivera y a fait ses débuts avec l'Association sportive Don Bosco où il a été repéré par Franco Pedroni, un ancien milieu de terrain de l'AC Milan devenu entraîneur adjoint de l'équipe locale évoluant à l'époque en Serie A. En 1958, il rejoint l'équipe première où il fait ses débuts le 2 juin 1959. Rapidement, l'AC Milan lui fait signer un contrat et le laisse une saison en prêt à Alessandria pour l'aguerrir. Mais, le 7 février 1960, lors de son premier déplacement à Milan (1:1), Rivera inscrit un superbe but à son futur club, histoire de montrer à son prochain public qui il est. En quelques mois, Rivera va prendre une nouvelle dimension en se situant mieux sur le terrain ce qui lui permet de terminer sa première saison professionnelle avec 6 buts en 26 rencontres.

Le 9 octobre 1960, sous la conduite du légendaire Nereo Rocco, il débute sous les couleurs du Milan face à Bologne (5:1). Entre le gamin surdoué et l'entraineur à la forte personnalité, c'est le coup de foudre. "C'est un personnage inoubliable qui dégageait une incroyable joie de vivre, une énorme vitalité, et une immense humanité. Il réunissait toutes les meilleures choses que pouvait avoir un être humain. C'était comme mon père ou un frère ainé qui donnait toujours le conseil juste", se souvient Rivera, ému. Au plus fort de la domination de l'Inter, l'ennemi séculaire, les deux hommes, et quelques autres comme Cesare Maldini ou Giovanni Trapattoni, vont permettre à l'AC Milan de se relancer vers les sommets après le départ de ses vieilles gloires.

La symbolique du 10

A ses débuts, Juan Alberto Schiaffino, légende des Rossoneri, avait dit à Rivera qu'un footballeur complet devait savoir marquer des buts, être l'architecte du jeu au milieu et donner un coup de main à la défense. Pendant 19 saisons Rivera, allait suivre ces recommandations à la lettre, portant l'équipe à bout de bras quand cela était nécessaire et se contentant de se reposer sur son bagage technique quand la physionomie de la rencontre le permettait. Sous la direction de ce jeune homme bien sous tous rapports, l'AC Milan allait tout gagner et notamment trois scudetti, deux Coupe d'Europe des Clubs Champions de l'UEFA, et une Coupe intercontinentale. Tout au long de sa carrière, Gianni Rivera allait inscrire 128 buts en Serie A (122 pour Milan) et 173 toutes compétitions confondues en 527 matchs. Mais au-delà de ces chiffres, c'est sa présence sur tous les points chauds et la manière dont il pesait sur une rencontre qui étaient impressionnantes.

Son numéro 10 rayonnait sur le terrain à une époque où ce poste était réservé aux fuoriclasse, les joueurs "hors normes", ceux par qui tous les ballons passaient et qui donnaient le tempo à tout le stade. "Je ne me suis jamais revu dans un autre joueur. Il y a eu en Italie d'autres grands numéro 10 comme Baggio, Del Piero ou Totti mais chacun a son style, ses caractéristiques. De toute façon, une copie ne vaudra jamais l'original. Aujourd'hui, ce numéro n'a plus la même signification. Je vois dans la dissolution historique d'un numéro mythique celle d'un football héroïque et nostalgique", commentait-il à l'approche de son 70ème anniversaire.

Un relais pour l'histoire
Dans la grande histoire du football italien, quand on évoque le nom de Gianni Rivera tous les tifosi pensent immédiatement à la rivalité-complicité entre Rivera et Mazzola et à la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1970™.

Rivera a fait ses débuts avec la Nazionale le 13 mai 1962 face à la Belgique (3:1) et a disputé contre l'Argentine le 19 juin 1974 (1:1) la dernière de ses 60 sélections (14 buts). Vainqueur de l'UEFA EURO 1968, il a également participé à quatre Coupes du Monde de la FIFA disputant neuf rencontres de phase finale. Mais au-delà de ces statistiques en sélection, un nom restera à jamais accolé à celui de Rivera sous le maillot azzurro, celui de Ferruccio Valcareggi. Par ailleurs brillant sélectionneur de la Nazionale de 1967 à 1974, Valcareggi avait décidé une fois pour toutes que Rivera et Mazzola ne pouvaient jouer ensemble. C'est la raison pour laquelle l'équipe-type d'Italie était alors composée de 12 joueurs : Albertosi - Burgnich, Bertini, Rosato, Facchetti - Cera, Domenghini, Mazzola (puis Rivera), Boninsegna - De Sisti et Riva. Dans ce système, Mazzola disputait la première mi-temps et était remplacé par Rivera à la pause.

Cette fameuse staffetta (relais) qui allait déchirer l'Italie fonctionnait en général à merveille comme le 17 juin 1970 en demi-finale de Coupe du Monde de la FIFA contre l’Allemagne où Rivera, entré en jeu à la 46ème minute, inscrivait en prolongation le quatrième but Italien (4:3). Le 21 juin en finale contre le Brésil, l'Italie arrivait à la pause sur un score de parité (1:1). Mais énorme surprise à la sortie des vestiaires, c'est Mazzola qui revenait sur le terrain alors que Rivera restait sur le banc. Le Milanais n'entrera finalement qu'à six minutes de la fin alors que la Seleçao avait déjà fait le break grâce à Gerson, Jairzinho et Carlos Alberto. Rendus furieux par la défaite (4:1) et par l'affront fait au Ballon d'or milanais, les tifosi accueillaient avec des tomates pourries la délégation transalpine à son retour en Italie.

La reconversion

Le 13 mai 1979 le Golden Boy disputait son dernier match officiel contre la Lazio Rome, une semaine après avoir été sacré champion d'Italie sous la direction de Nils Liedholm. Devenu une véritable légende, il était rapidement nommé vice-président du club, une fonction qu'il occupera pendant sept ans, jusqu'à l'arrivée de Silvio Berlusconi à la présidence. "Il a été rapidement évident qu'il me serait impossible de continuer à occuper mes fonctions en ayant une vision différente de la sienne", précise Rivera pour expliquer son éloignement du football pour se consacrer à la politique. Il va réussir une brillante reconversion en étant élu à la chambre des députés, sous-secrétaire d’État à la défense puis député européen. Puis le 4 août 2010, sur proposition du président de la Fédération italienne de football, il était nommé "responsable du secteur jeunes et scolaires". Histoire de transmettre son savoir.

Gianni Rivera n'a jamais oublié la famille du football et surtout pas celle de Nereo Rocco, décédé en 1979, à qui il ne manque jamais l'occasion de rendre hommage.

Fifa.com (17/08/2015)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie
avatar
rachid_as
Admin

Messages : 76528
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 39

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 5 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum