Portraits et Histoire

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 15 Juin - 16:08

Santos-Peñarol, là où tout a commencé



En mettant aux prises deux des clubs les plus emblématiques d’Amérique du Sud, titrés sept fois à eux deux dans cette compétition, la finale de la Copa Libertadores 2011 entre Peñarol et Santos avait déjà de quoi faire saliver les fans. Mais cette confrontation aura une saveur encore plus spéciale pour ceux qui se souviennent de l’empoignade entre les deux équipes, 49 ans plus tôt au même stade de la compétition.

En tout cas, si elle devait laisser ne serait-ce que la moitié des souvenirs engendrés par la finale de 1962, cette double confrontation, qui commence ce mercredi au Centenario de Montevideo, gardera une place de choix dans les annales.

Si cela peut paraître difficile à imaginer à l’heure actuelle, c’est Peñarol qui faisait alors figure de favori face au Santos de Pelé. Tout d’abord parce que les Mirasoles possédaient un effectif redoutable, avec des joueurs tels que Pedro Rocha ou Alberto Spencer, qui demeure le meilleur buteur de l’histoire de la Copa Libertadores avec 54 réalisations. Mais surtout parce que les Uruguayens étaient alors doubles champions d’Amérique du Sud en titre, avec en prime une victoire dans la Coupe Intercontinentale 1961.

En face, toutefois, une dynastie était en marche. Santos venait de remporter en 1961 sa première Taça Brasil, ancêtre du championnat brésilien, et son armada offensive, composée de Dorval, Mengálvio, Coutinho, Pelé et Pepe, était en passe de devenir une véritable institution nationale. Une équipe pleine de talent, de vitesse et de vista, dont les seuls rivaux potentiels à l’échelle continentale étaient des équipes qui, outre une technique irréprochable, possédaient une grande puissance de feu.

L'humain derrière l'extra-terrestre
"À cette époque, les seuls clubs capables de rivaliser avec nous étaient Peñarol et Boca Juniors. Deux formations très physiques, qui allaient beaucoup au contact et ne laissaient aucun espace", se souvient José Macia, dit Pepe, qui se décrit lui-même comme "l’être humain ayant marqué le plus de buts sous le maillot de Santos", à savoir 405 en 750 matches, un tout petit peu moins que Pelé, "qui lui est un extra-terrestre". "Je me souviens qu’au match aller, la pelouse du Centenario de Montevideo, qui d’habitude était excellente, se trouvait dans un état déplorable. C’était fait exprès pour gêner notre jeu à une touche de balle. Je peux vous garantir qu’à l’époque, on préférait à la rigueur jouer en Argentine qu’en Uruguay. C’était toujours compliqué là-bas".

Ainsi, le 28 juillet 1962, Santos entrait dans l’arène du Centenario avec un sérieux handicap : l’absence de Pelé, blessé. Rapidement mené au score après un but de Spencer à la 18ème minute, O Peixe réussissait pourtant un incroyable retournement de situation et s’imposait 2:1 grâce à un doublé de Coutinho. Il ne restait plus aux Brésiliens qu’à assurer un match nul une semaine plus tard au stade Vila Belmiro pour célébrer leur premier titre continental. Mais tout cela aurait été bien trop simple…

Une nouvelle fois privé de Pelé, Santos se retrouvait mené au score après un but de José Sasía. Dorval égalisait à la 27ème, mais Spencer redonnait la main aux Carboneros au retour des vestiaires. Mengálvio ramenait presque aussitôt les locaux à hauteur, mais l’inévitable Spencer frappait de nouveau à la 73ème minute, donnant un avantage de 3:2 à Peñarol. Alors s’est enchaînée une série d’événements qui a conduit à l’une des décisions les plus controversées de l’histoire de la compétition.

Face à l’attitude belliqueuse des torcedores, qui s’étaient mis à lancer des projectiles sur la pelouse, l’arbitre chilien Carlos Robles décidait d’interrompre la partie, avant de se raviser plus d’une heure après pour éviter que la situation ne dégénère encore davantage. Le match reprenait et c’est au cours des arrêts de jeu que Pagão marquait le but du 3:3 synonyme de titre. "Pagão a marqué, l’arbitre a validé puis a sifflé la fin du match. L’équipe est retournée dans le vestiaire pour faire la fête. Les journaux titraient ‘Santos champion’", relate Pepe. "Puis, le lendemain, tout le monde s’est aperçu qu’en vérité, l’arbitre avait sifflé la fin du match au moment de la première interruption. Au final, le score était resté de 3:2 pour Peñarol et cela impliquait de disputer un match d’appui en terrain neutre. Ça a été une véritable douche froide".

Troisième match décisif
Ce fameux match fut disputé le 30 août au stade Monumental de Núñez, à Buenos Aires. Tout laissait augurer d’un nouveau bras de fer impitoyable, à ceci près que cette fois, le nom de Pelé figurait sur la feuille de match. Et c’est ce qui fit toute la différence.

Santos ouvrait la marque en première période sur un but contre son camp d’Omar Caetano, avant de prendre le large après la pause grâce à un magnifique doublé du Roi Pelé. Résultat des courses, un succès 3:0 indiscutable, qui offrait aux Brésiliens leur premier sacre continental, suivi d’un deuxième la saison suivante. "Ce jour-là, la supériorité de Santos ne faisait aucun doute : la complicité de nos joueurs et leur capacité à se sublimer dans les moments importants ont changé la donne", note Pepe.

Rien ne garantit que les deux rencontres de la finale 2011, ce mercredi au Centenário puis la semaine prochaine au stade Pacaembu, puissent rivaliser avec celles de l’édition 1962 en termes d’émotions. Mais Pepe, qui reste un fervent défenseur de Santos, espère revivre au moins en partie l’ambiance qu’il a connue il y a 49 ans. "Je pense que Santos est la meilleure équipe, mais Peñarol reste un adversaire redoutable, surtout à domicile. Mon pronostic ? Un nul de Santos à l’extérieur et une victoire au match retour !"

Fifa.com (15/06/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par adsm le Lun 15 Aoû - 13:43

Hacène Lalmas(dit El Kebch), le maestro




A première vue, l’histoire d’Hacène Lalmas ressemble à une histoire de buts. L’Algérien détient en effet le record de buts inscrits en championnat national et, plus original, de celui inscrit en un seul match officiel (14 buts). Mais par son intelligence de jeu, sa technique hors-pair et ses accélérations décisives, le meneur de jeu à la calvitie précoce a marqué de son empreinte le football africain des années 1960. Au point d’être élu en 1993 meilleur joueur algérien du XXe siècle.

Miroslav Klose, l’attaquant vedette de l’équipe d’Allemagne, a inscrit pour l’instant 14 buts en Coupe du monde. Hacène Lalmas, lui, n’a eu besoin que d’un match pour atteindre ce total. Le niveau n’est certes pas comparable car le milieu offensif l’a inscrit dans un match de Coupe d’Algérie avec l’OM Ruisseau (D2 algérienne) face à Birtouta, en 1965. Mais la performance mérite d’être signalée car à ce jour, aucun joueur n’a fait mieux.

Il faut dire que le natif d’Alger avait pris l’habitude d’empiler les buts dans le championnat d’Algérie, autant avec le club de ses débuts, l’OM Ruisseau (1960-1962) qu’avec le CR Belouizdad (1962-1973). Si bien que l’Algérien est le meilleur buteur de l’histoire du championnat avec 150 réalisations. Le "Bélier" (Lalmas tient ce surnom de sa calvitie précoce, mais aussi de son redoutable jeu de tête) détient aussi le record de buts marqués en finale de la Coupe d’Algérie (6 buts en 3 finales). Mais Lalmas n’a pas été élu joueur algérien du siècle précédent (sondage réalisé en 1993 par l’hebdomadaire sportif Echibek auprès de 350 joueurs, entraîneurs, dirigeants, arbitres et journalistes) "juste" pour ses buts. Il avait en effet un bagage très complet qui lui permettait d’être à la fois à la construction et à la finition du jeu. L’ancien milieu offensif arrivait ainsi à faire le spectacle à lui seul. Lalmas faisait souvent des gestes techniques et des "trucs" qui régalaient le public. De plus, ses qualités de meneur d’hommes font qu’il était très respecté par ses adversaires et ses coéquipiers. Lalmas, en compagnie de Nassou , Abrouk, Hamiti, Djemaâ, Zerrar, Kalem, Selmi, Zitoun, Achour, Messahel, Madani ou encore Moha, écrit les belles pages du CRB dans les années 1960 et au début des années 1970. Le club algérois remporte en effet quatre fois le championnat (1965, 1966, 1969 et 1970), trois fois la Coupe d’Algérie (1966, 1969, 1970) et trois fois la Coupe Maghrébine de football (1970, 1971 et 1972).

Un but marqué au grand Lev Yachine

Mais Lalmas se distingue aussi en équipe nationale. Il n’a même pas 20 ans lorsqu’il est convoqué pour le premier match de l’équipe algérienne indépendante, le 6 janvier 1963 contre la Bulgarie. Évoluant en amateur en Algérie, Lalmas trouve néanmoins sa place parmi les Fennecs, malgré la présence des stars de la glorieuse équipe du FLN (Zitouni, Boubekeur, Bentifour, Mekhloufi....). Preuve en est le mémorable match amical le 4 novembre 1964 de l’Algérie contre la grande équipe de l’URSS, qui comptait alors dans ses rangs le meilleur gardien du monde, Lev Yachine. Menés 2-1 à la mi-temps, les Fennecs enregistrent en seconde période l’entrée du jeune Lalmas. Sur un corner, l’attaquant de St-Etienne Rachid Mekhloufi apostrophe le "Bélier" : "Eh petit, place ta tête ! ". Mekhloufi frappe le coup de pied de coin, Lalmas se faufile parmi les défenseurs russes et boxe de son front le cuir dans la cage du géant Yachine, permettant à son équipe d’égaliser. Lalmas fera ensuite sensation lors de la Coupe d’Afrique des Nations 1968 en Éthiopie. Même si l’Algérie ne passe pas le premier tour de la compétition, le meneur de jeu parvient à inscrire un triplé lors de la rencontre contre l’Ouganda (4-0). Alors au sommet de son art, il se voit décerner le titre de meilleur joueur de la CAN 1968. Lalmas, sélectionné à 73 reprises en équipe nationale, suscite l’admiration de ses coéquipiers. Saïd Ouchen, l’ancien gardien du NA Hussein Dey et de l’équipe nationale, qui a croisé à maintes reprises "El Kebch", dira de ce dernier : "Il était le meilleur joueur algérien de son époque et l’un des meilleurs au monde à son poste." Adbelhamid Salhi, l’ancienne star de l’Entente de Sétif des années 60 et 70, ne s’empêchera pas de dire : "Hacène était la référence numéro une du football algérien des années soixante. J’ai toujours été en admiration devant son immense talent et sa grande personnalité. En sélection nationale, il n’a pas cessé de m’encourager."

Ciblé par l’Olympique de Marseille

Grâce à son triplé face à l’Ouganda, Lalmas tape dans l’oeil des dirigeants belges d’Anderlecht, présents à Addis-Abeda. Mais le transfert avorte en raison du véto des autorités algériennes. Également ciblé par l’Olympique de Marseille, Lalmas bute de nouveau sur le refus catégorique des plus hautes sphères du pays. Il continuera donc de porter les couleurs du grand Chabab avant de rejoindre le NAHD où signent également ses anciens coéquipiers du CRB, Mokhtar Kalem et Hamid Boudjenoun. Freiné quelque peu dans ses ambitions par la non concrétisation de son transfert à l’étranger, il a du mal à retrouver son meilleur niveau. Se sentant sur le déclin, le "Bélier" décide de raccrocher les crampons à l’âge de 32 ans. Lalmas entamera ensuite une carrière d’entraineur au CRB mais la réussite n’est pas au rendez-vous. Selon Algérie-focus, son franc-parler le pousse parfois à l’excès, et il n’a pas que des amis dans le monde du football algérien. Lalmas choisit donc de prendre le chemin de l’anonymat et de se retirer d’un sport auquel il a tant donné et dont le nom restera à jamais lié.

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 14 Sep - 9:24

Franco BARESI
Baresi, la défense taille patron




Au pays du catenaccio, Franco Baresi était un seigneur. Un libéro qui a révolutionné le poste une dizaine d'années après un certain Franz Beckenbauer. Baresi, c'était avant tout le patron qui causait peu, taclait fort, mais qui pouvait aussi caresser le cuir avec tendresse dans ses longues remontées balle au pied.

Cet artiste de la surface de réparation est resté fidèle pendant 20 ans, de 1977 à 1997, à l'AC Milan traversant avec le même professionnalisme les périodes de gloire et celles de la déchéance. Pendant 14 ans, de 1980 à 1994, il a honoré avec une rare efficacité pas moins de 81 sélections écrivant à grands coups de gueule et de tacles quelques unes des plus belles pages de la Nazionale.

Du haut de ses 176 centimètres, il a fait la pige pendant deux décennies à tous les gros bras de la profession. Défenseur hors normes, Baresi était aussi peu à son aise devant un micro qu’il était impressionnant sur le terrain.

Une ville, deux destins
Originaire de Travagliato, dans la province de Brescia en Italie du nord, Franco se retrouve orphelin à l'âge de 16 ans après avoir perdu ses parents à deux ans d'intervalle. Avec son frère Giuseppe de deux ans son aîné, ils décident en 1976 de tenter leur chance dans le football professionnel et vont taper à la porte de... l'Inter Milan. Le destin allait les séparer en leur faisant un incroyable pied de nez.

Giuseppe, solide milieu défensif, est en effet retenu et fera par la suite toute sa carrière à l'Inter (559 matches) avant de rester dans le staff technique des Nerazzurri. De son côté, Franco n'est pas retenu par les dirigeants de l'Inter qui le trouve trop chétif. Du coup, Baresi junior décide de proposer ses services à l'AC Milan, le grand rival qui ne laisse pas passer l’occasion.

Les deux frères s'installent à Milan, Franco passant quatre ans dans un cycle sports-études de Milanello. L’adolescent introverti et taciturne va alors concentrer sur le football toute la rage qu'il a en lui, travaillant comme un forcené. "A 18 ans, c'était déjà un vétéran pour son savoir", se rappelle Nils Liedholm qui le fait débuter en première division dans le calcio le 23 avril 1978 à Vérone.

L'année suivante Liedholm prend Baresi à part au terme du premier entraînement et lui dit : "Ne tiens en aucun cas compte de mes déclarations aux journalistes. Désormais, mon libéro titulaire ce sera toi". Ce sont les prémices de la légendaire défense Paolo Maldini, Franco Baresi, Alessandro Costacurta et Mauro Tassotti qui restera a jamais dans les annales du football italien.

L’AC Milan survole le championnat et remporte le titre en s'appuyant sur cette incroyable assise défensive. Dur sur l'homme, replaçant sans cesse sa défense, n'hésitant pas a pousser et à monter quand l'équipe est en difficulté, toujours placé comme par magie sur la course du ballon, Baresi n'a de cesse de donner l'exemple aux quatre coins du terrain.

Le respect par la perfection
Loin d’être un surdoué, c’était avant tout un incroyable perfectionniste respecté par tous ses coéquipiers y compris - et surtout - par les plus célèbres. "Il faut être irréprochable dans son comportement pour avoir l'estime et le respect des autres. L'entraînement, le travail et un comportement exemplaire vis a vis des tifosi sont des valeurs fondamentales qu'il ne faut pas galvauder", affirme-t-il encore aujourd'hui.

Quand le Milan a été relégué en Serie B sur tapis vert pour une sombre affaire de matches truqués, un seul homme restera à la barre, au-dessus de tout soupçon, arborant fièrement son brassard de capitaine dés l'âge de 22 ans. Franco Baresi est un fidèle. Il le restera toute sa vie. "Aujourd'hui les temps ont changé. Un joueur peut difficilement rester 15 ou 20 ans dans la même équipe. Le marché a beaucoup changé. Il y a beaucoup plus d'opportunités, c'est difficile de résister", reconnait-il.

Avec l'arrivée de Silvio Berlusconi en 1986, l'AC Milan connaît un nouvel élan. Sous la direction d'Arrigo Sacchi, Franco Baresi sera le patron de l'équipe des invincibles avec les Néerlandais Ruud Gullit, Marco van Basten et Frank Rijkaard qui allait survoler les années 80. Il est encore fidèle au poste à l'époque de Fabio Capello où les Rossoneri remportent quatre nouveaux titres de champion et une Coupe d'Europe des Clubs Champions avec la génération des Marcel Desailly, Zvonimir Boban et Dejan Savicevic.

Pourtant en 1997 il se résout a raccrocher les crampons après 20 saisons de loyaux services, une décision accueillie avec satisfaction par les plus grands attaquants évoluant en Europe. "Je venais de connaître une saison un peu difficile en raison de problèmes physiques. J'avais de plus en plus de difficultés pour récupérer. Et puis à 37 ans, on n’est plus tout jeune et après tant d'années, c'était normal de dire ‘basta’", explique-t-il. Deux ans plus tard, en 1999 il était élu joueur du siècle par les tifosi milanais.

Un sacre, une absence et des larmes
Barré pendant plusieurs saisons en équipe d'Italie par Gaetano Scirea, un autre monument, Baresi a pourtant remporté la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982 même s'il n'est jamais entré en jeu. Il a finalement fait ses grands débuts avec la Nazionale le 4 décembre 1982 à Florence contre la Roumanie. Mais ses relations avec Enzo Bearzot allaient se dégrader devant la volonté affichée du sélectionneur de le faire évoluer comme milieu défensif. Finalement, c'est son frère Giuseppe qui était retenu à ce poste pour la Coupe du Monde 1986 au Mexique, où la Squadra Azzurra allait faire pâle figure.

Avec l'arrivée d'Azeglio Vicini, il devient finalement l'un des piliers inamovibles de l'équipe, naturellement au poste de libéro. Premier à transformer son tir au but en demi-finale de la Coupe du Monde 1990 à domicile, il ne peut cependant empêcher l'élimination face à l'Argentine (1:1, 4:3 t.a.b). Quatre ans plus tard il se retrouve confronté à la même épreuve, mais cette fois en finale face au Brésil.

Sa présence sur le terrain avec le brassard est déjà un petit miracle. En effet, blessé au genou le 23 juin contre la Norvège en phase de poules, il est immédiatement opéré du ménisque et se fixe la finale comme objectif. Le 17 juillet à Pasadena il est présent au rendez-vous. Après un match héroïque, il est encore le premier à s'avancer pour effectuer son tir au but. Mais cette fois sa frappe passe largement au dessus, tout comme celle de Roberto Baggio, tandis que celle de Daniele Massaro est arrêtée par Taffarel.

Le Brésil remporte la rencontre et le tournoi et, pour la première fois, on a pu voir des larmes couler sur le visage buriné du vieux guerrier.

Fifa.com (14/09/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par adsm le Mer 14 Sep - 10:30

Lev Yachine, la « panthère noire »

Retour sur la vie de celui qui est considéré encore aujourd’hui comme le meilleur gardien de but de l’histoire.

Lev Ivanovich Yachine est né le 22 octobre 1929 à Moscou, dans une famille d’ouvriers. C’est l’époque du début de la collectivisation et des plans quinquennaux orchestrés par Staline, seul à la tête de l’URSS depuis 1927. Les temps sont durs. Les ouvriers travaillent de 16 à 18 heures par jour, contraints de réaliser des quotas surhumains. Les repas sont sommaires, la sous-nutrition légion, les famines fréquentes. Entre 1931 et 1933, six millions de soviétiques meurent de la faim. C’est dans ce contexte que grandit Yachine, qui trouve dans le football le moyen d’oublier les difficultés du quotidien.



« Je rêvais de marquer des buts »

Deux ans après l’éclatement de la Seconde guerre mondiale, en 1941, il est appelé à travailler dans l’usine de fabrication d’avions qui emploie ses parents à Tuchino, dans la banlieue de Moscou. Il est contraint de mettre le football de côté, pour participer à l’effort de guerre. À 16 ans, en 1945, il est intégré dans l’équipe de foot de l’usine. « J’ai demandé à jouer en attaque car je rêvais de marquer des buts », a-t-il expliqué. Il débuta ainsi ailier gauche, avant de peu à peu reculer pour finir dans les buts. Là, il s’inspire d’Alexei Khomich, dit « le Tigre », le gardien du Dynamo Moscou et de l’URSS dont il a suivi les exploits à la radio lors de la tournée triomphale du club moscovite en Angleterre en 1945. Il est remarqué par Arkady Chernyshev, membre de l’encadrement du… Dynamo. Il intègre alors les équipes de jeunes du plus ancien club soviétique.

Yachine poursuit sa progression, mais il est barré par Khomich, son mentor, titulaire indiscutable. Il doit ainsi attendre 1950 pour faire sa première en apparition en équipe première. Il disputera deux rencontres en championnat cette année-là, profitant d’une blessure de Khomich. Des débuts loin d’être convaincants : il encaisse notamment un but sur un dégagement d’un gardien adverse. Il n’a pas convaincu, et restera pour les trois années suivantes avec la réserve. Parallèlement, il garde les cages de l’équipe de hockey sur glace du Dynamo, avec un certain succès puisqu’il remporte la coupe de Russie en 1953. 1953, année tournant pour la carrière de Lev Yachine. Alexei Khomich transféré au Dinamo Minsk, il devient titulaire. Il le restera pendant dix-sept ans.

Lev Yachine était un gardien hors du commun. Pour son apparence, d’abord. Avec son athlétique mètre 89, il en imposait. Un gabarit inhabituel pour l’époque, qui lui valut le surnom de « Tour Eiffel » par les Français. Mais il était surtout un gardien incroyablement doué. Qui de mieux pour en témoigner que ceux qui l’ont vu jouer ? Il était « excellent dans tous les domaines, sur sa ligne, dans la surface de réparation… », indique Sepp Maier, ancien gardien du Bayern Munich (1965-1979) et de la sélection allemande (1966-1979). Pour Gordon Banks, emblématique gardien anglais, « il faisait de grands arrêts, savait réduire les angles de tir et intercepter les centres ».


Pionnier

Toujours vêtu de noir sur le terrain, on l’appelait la « Panthère noire », ou l’« Araignée noire ». Car il était doté d’une détente de félin, et ses réflexes laissaient croire qu’il avait bien plus que deux bras. Excellent sur sa ligne, il l’était. Mais c’est aussi pour d’autres aspects de son jeu qu’il fut un gardien si spécial. Il était un pionnier. Le premier portier à sortir de sa surface pour couper une ouverture adverse, inventant ainsi la notion de « gardien-libéro ». Le premier, aussi, à recourir aux poings pour dégager des ballons aériens difficiles, ne cherchant plus systématiquement à les capter. Le premier à relancer vite à la main pour initier des contre-attaques. Le premier, enfin, à affirmer son leadership sur sa défense, à asseoir son autorité dans sa surface tant physiquement par ses sorties que vocalement par ses directives. Sa femme Valentina lui reprochait d’ailleurs de trop crier sur le terrain. Lev Yachine a donné une autre dimension au poste de gardien de but. Il en a étoffé le rôle, élargi les fonctions. Finis les gardiens qui restent sur leur ligne, uniquement destinés à stopper les tirs adverses. Yachine a contribué à installer les portiers au cœur du jeu.

Avec lui dans les buts, le Dynamo, club de la police lié directement au ministère de l’intérieur, disposait d’un atout de taille dans la lutte avec son grand rival du Spartak Moscou, club des syndicats, pour la suprématie du football soviétique (avant l’avènement du Dynamo Kiev à la fin des années 60). Si, pendant la carrière de Yachine (1950-1970), le plus couronné fut le second (six titres de champion, quatre coupes de Russie), le gardien mena son équipe à cinq titres de champion (en 1954, 1955, 1957, 1959 et 1963), six deuxièmes places et trois coupes de Russie. Seul regret : le Dynamo Moscou ne prit pas part aux compétitions européennes avant la saison 1971-1972. Dans le contexte de la guerre froide, avec une URSS repliée sur elle-même, le seul moyen pour Yachine d’être reconnu hors des frontières soviétiques était alors de briller en sélection.

En 1954, à peine un an après son intronisation comme titulaire dans les buts du Dynamo, il est appelé à évoluer sous le maillot rouge. Des débuts couronnés de succès : aux Jeux Olympiques de Melbourne (Australie) en 1956, l’URSS décroche la médaille d’or. Yachine n’a concédé que deux buts en quatre rencontres. Mais cette compétition, disputée entre joueurs amateurs, n’a pas le prestige d’une Coupe du monde. La « panthère noire » est du voyage en Suède en 1958, et c’est à cette occasion que son talent se révèle à la face du monde. L’URSS atteint les quarts de finale du Mondial, où elle est battue par l’hôte suédois (2-0). Mais Yachine a impressionné, et figure dans l’équipe-type du tournoi.

Il confirme son nouveau statut deux ans plus tard, en 1960, à l’occasion de la première Coupe d’Europe des nations (ancêtre de l’Euro), disputée en France. Sous l’impulsion de son dernier rempart, porté en triomphe à l’issue de la demi-finale remportée face à la Tchécoslovaquie (3-0), L’URSS se hisse aisément en finale, où elle affronte une autre sélection du bloc de l’Est, la Yougoslavie. Yachine est une nouvelle fois impérial dans les buts, et pousse les canonniers yougoslaves, qui ont passé cinq buts aux Bleus en demi (4-5), à la prolongation (1-1). Un but de Ponedelnik à la 113e minute permet aux Soviétiques de décrocher leur premier trophée international.


Ballon d’Or 1963


Petit à petit, la légende Yachine se construit. En 1962, lors de la Coupe du monde au Chili, il tient sa place malgré deux commotions cérébrales pendant le tournoi. Il commet de manière compréhensible des erreurs inhabituelles, concédant notamment le seul corner direct jamais inscrit en Coupe du monde, face à la Colombie (4-4). L’URSS est à nouveau éliminée en quarts face à l’hôte de la compétition. L’Équipeannonce Yachine, à bientôt 33 ans, sur la pente descendante.

Mais il n’en est rien, bien au contraire. En octobre de l’année suivante, il participe à un match de gala de la FIFA, organisé à Wembley pour célébrer les cent ans d’existence du football en Angleterre. Si son équipe s’incline, Yachine n’a pas concédé de buts lors de la mi-temps qu’il a disputée, et a même impressionné par ses multiples arrêts. Une prestation qui accroît sa renommée. Quelques semaines plus tard, il est élu Ballon d’Or, devançant l’Italien Gianni Rivera et l’Anglais Jimmy Greaves. Il est le premier gardien récompensé, le seul encore à ce jour. Sa réputation est planétaire. Il est une référence, le meilleur gardien du monde.

En 1964, l’URSS est encore au rendez-vous de la Coupe d’Europe des Nations et atteint sa deuxième finale consécutive. Mais face à une Espagne à domicile, dans un duel à haute symbolique politique (franquisme contre communisme), elle s’incline à Bernabeu (2-1). Yachine est toutefois nommé meilleur gardien du tournoi. Il est également honoré de la sorte lors de la Coupe du monde 1966, en Angleterre. Les Soviétiques y échouent en demi-finale et terminent quatrièmes, la meilleure performance de leur histoire.

Mais à 36 ans, le poids des années commence à se faire sentir. En 1967, il effectue sa dernière apparition sous le maillot de l’URSS, totalisant au final 78 sélections. Il est certes du voyage pour la Coupe du monde 1970 au Mexique, mais dans un rôle de conseil. Sa carrière au Dynamo Moscou s’achève cette même année, et un jubilé est organisé en mai 1971 au Lenin Stadium de Moscou. 100 000 personnes viennent lui rendre hommage, ainsi que de nombreuses stars du foot, comme Pelé, Eusébio ou Beckenbauer.



« Club Yachine »

Au total, Lev Yachine aurait disputé 812 rencontres officielles, dont 207 sans encaisser de buts. Avec 326 matchs, il est le deuxième joueur à avoir le plus porté le maillot du Dynamo en championnat, derrière Aleksandr Novikov (327). S’il est difficile de vérifier la véracité de certaines statistiques, une est particulièrement éloquente : Yachine aurait arrêté près de 150 penalties dans sa carrière. Il y prenait un plaisir tout particulier : « La joie de voir Yuri Gagarin voler dans l’espace est seulement dépassée par la joie d’un bon arrêt de penalty », dit-il ainsi un jour.

Les crampons raccrochés, il occupe diverses fonctions administratives au Dynamo, conseillant également les gardiens du club. Il est en outre membre du comité des sports de l’Union soviétique. Le 20 mars 1990, il décède des suites de complications après l’amputation d’une jambe, la faute à un problème au genou contracté quatre ans plus tôt.

On l’a entraperçu, les honneurs sportifs ont été nombreux. Outre son Ballon d’Or 1963, Lev Yachine a été cité à trois autres reprises dans les cinq premiers (1956, 1960, 1961), figuré six fois dans le top 10, et terminé neuf fois meilleur gardien. En son hommage, une statue de bronze a été édifiée au Dynamo Stadium. En 1994, la FIFA crée le prix Lev Yachine du meilleur gardien en Coupe du monde. En 1999, Yachine est élu « sportif russe du siècle ». Il est également nommé dans l’équipe-type du XXe siècle par la FIFA. En Russie, les gardiens totalisant au moins cent matchs sans encaisser de but font partie du « club Yachine ».

Mais son talent ne pouvait pas se cantonner à la sphère sportive. Les dirigeants soviétiques ont rapidement compris l’intérêt qu’ils avaient à mettre Yachine en avant. En 1967, il fut ainsi honoroé de l’Ordre de Lénine (la plus haute récompense en URSS), pour services exceptionnels rendus à l’État. À sa mort, en 1990, on lui attribua le titre de Héros du travail socialiste. Là où Eduard Streltsov, autre grand talent du football soviétique de l’époque (lire à son sujet l’excellente saga en deux parties des Cahiers du foot, ici et là), était vu comme un rebelle et un élément nocif au régime, le discret et humble Yachine faisait exception dans l’habituelle promotion des vertus collectives. Avoir évolué pendant vingt ans au Dynamo, club du ministère de l’intérieur, à qui il a tant apporté, a certainement aidé. Une telle fidélité interpelle : Yachine était-il partisan du régime soviétique ? Difficile à dire. Discret, il n’a donné que de rares interviews. Il n’était en tout cas, comme les autres grands joueurs en URSS, pas libre de ses mouvements. Le régime décidait des transferts des meilleurs, d’autant plus au Dynamo, dont la devise, « Le pouvoir en mouvement », parle d’elle-même. L’« araignée noire » était bien trop précieuse pour être envoyée ailleurs.

Haine d’encaisser un but
Gardien hors normes, Lev Yachine a donné à son poste une autre dimension. Sa haine viscérale d’encaisser un but était son moteur. « Quel genre de gardien est celui qui n’est pas tourmenté par le but qu’il a concédé ? Il doit être tourmenté ! Et s’il est calme, cela signifie la fin. Peu importe ce qu’il a fait dans le passé, il n’a pas de futur. » Encore aujourd’hui, il est vu comme le meilleur gardien de l’histoire, même par ceux qui ne l’ont jamais vu jouer. Sa réputation le précède, préservée de l’action du temps et de l’érosion des mémoires. Nombreux sont et ont été les grands joueurs. Mais peu ont réellement influencé l’évolution du jeu. Lev Yachine est de ceux-là.



Lev Ivanovich Yachine (1929-1990)

URSS (1954-1967)
78 sélections
Champion olympique 1956
Champion d’Europe 1960
Vice-champion d’Europe 1964

Club
1950-1970
Dynamo Moscou (326 matchs)
Champion de Russie 1954, 1955, 1957, 1959 et 1963
Vainqueur de la Coupe de Russie en 1953, 1967 et 1970

Autres
Ballon d’Or 1963
Gardien de but européen de l’année 1956, 1957, 1959, 1960, 1961, 1963, 1964, 1965 et 1966
Élu « meilleur gardien de but du siècle » au niveau mondial, européen et russe par l’IFFHS
Élu « sportif russe du siècle » en 1999 par un jury de journalistes sportifs
Décoré de l’Ordre de Lénine en 1967
Fait Héros du travail soviétique en 1990



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Message par rachid_as le Jeu 13 Oct - 11:40

DIDI, l'art de tout rendre facile



La finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Suède 1958™ a débuté depuis quatre minutes et les locaux mènent déjà 1:0, grâce à un but de Nils Liedholm. Didi va chercher le ballon au fond des filets. Ensuite, au lieu d'entamer un sprint en direction du centre du terrain, comme on pourrait s'y attendre dans un tel contexte, le milieu de terrain brésilien tient le ballon d'une main et se dirige lentement vers le rond central, avant d'effectuer calmement le deuxième engagement de la partie au stade Rasunda de Solna.

Dans sa démarche comme dans son attitude, Didi dégageait une sérénité impressionnante. En même temps, il envoyait un message clair à tout le monde, coéquipiers comme adversaires. Waldir Pereira, de son vrai nom, n'a jamais confondu vitesse et précipitation. Pour lui, ce n'était pas la rapidité qui permettait de maîtriser le cuir, mais bien la simplicité et l'application.

"Je m'étais déjà replacé sur l'aile gauche, quand je vois Didi revenir vers le centre du terrain en marchant, le ballon à la main. Je cours vers lui et je lui dis : 'Didi, magne-toi, on perd.' Lui me répond : 'Garde ton calme, petit. Rien n'a changé. On est toujours meilleurs qu'eux. Il n'y a aucun problème. On va inverser le score", raconte Zagallo à FIFA.com. "Cinq minutes plus tard, on égalisait. Le reste appartient à l'histoire. C'était Didi tout craché : il avait l'art de tout rendre facile."

Pourquoi se salir ?
Lorsqu'il a sonné - à sa manière - la révolte brésilienne qui a permis à la Seleção de finalement s'imposer 5:2 et de remporter ainsi, en 1958, sa première Coupe du Monde de la FIFA™, Didi avait déjà 30 ans. Dans son pays, c'était une idole, en particulier à Fluminense et à Botafogo, deux clubs dont il avait fait le bonheur.

Pourtant, les reproches concernant sa soi-disant lenteur ne cessaient pas. Malheureusement, on fait trop souvent l'amalgame entre calme et lenteur, entre sagesse et manque de volonté. C'est ainsi que son passage en 1959 par le Real Madrid, où évoluaient à l'époque Alfredo Di Stéfano et Ferenc Puskás, s'est terminé avec beaucoup de frustration pour Didi, comme l'intéressé l'a rappelé en 1987 dans un entretien accordé au magazine sportif brésilien Placar.

"Les Espagnols adorent voir les joueurs tacler, tomber. Moi, je n'ai jamais fait un seul tacle de ma vie. À la fin d'un match, mon maillot et mon short étaient comme s'ils venaient de sortir de la machine à laver. En Espagne, on n'admet pas ça. Au bout d'un moment, j'ai même pris l'habitude de frotter de la terre sur mon maillot. Vous imaginez… Mon style ne passait pas et en plus, j'étais un milieu de terrain qui arrivait à faire aussi bien que les attaquants, qui à l'époque au Real étaient les meilleurs du monde. Ça aggravait mon cas", se souvient Didi avec humour.

Par son style unique, Didi inspirait les plumes. C'est peut-être le dramaturge et journaliste brésilien Nelson Rodrigues qui en a parlé le mieux. Il trouvait que sur le terrain, Didi avait "l'élégance d'un prince éthiopien. Didi conduisait le ballon avec amour. Dans ses pieds, la balle était comme une orchidée, aussi belle que fragile, qui devait être traitée avec plaisir et raffinement". Ces mots ne sont en rien exagérés, tant Didi incarnait le lyrisme balle au pied.

Éloge suprême
Le plus intéressant dans le personnage de Didi est peut-être sa placidité. Confinée à l'arrogance, elle exerçait une influence certaine chez ses coéquipiers, qui étaient parfois aussi ses protégés, comme c'était le cas lorsqu'il était entraîneur-joueur dans le club péruvien du Sporting Cristal en 1963. Trois ans plus tard, il fera un passage discret par São Paulo, avant de revenir au Sporting Cristal, mais cette fois uniquement dans le rôle de technicien.

Après avoir conduit son club au titre de champion en 1968, Didi prend les rênes de l'équipe du Pérou en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 1970™. C'est lui qui lance dans le grand bain un autre génie du ballon rond : Teófilo Cubillas. Au Mexique, le Pérou atteindra les quarts de finale de l'épreuve suprême, où il s'inclinera, cela ne s'invente pas, face au Brésil. "C'est Didi qui m'a appris à tirer les coups francs. Non seulement, il m'a appris la technique de la 'feuille morte', qu'il avait lui-même inventée, mais en plus il a fait de moi un joueur ambidextre", a expliqué récemment Cubillas dans un entretien accordé à FIFA.com.

S'il faut encore se convaincre du génie de Didi, alors écoutons ce qu'a dit de lui l'un de ses coéquipiers en 1958, durant la Coupe du Monde de la FIFA™ : "Je ne suis rien comparé à Didi. C'est mon idole, mon modèle. Je ne lui arriverai jamais à la cheville. Les premières figurines que j'ai achetées étais des figurines de Didi". L'auteur de ces propos ? Un certain… Pelé.

Comme quoi le football sans précipitation de Didi en a enchanté plus d'un.

Fifa.com (13/10/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 9 Nov - 9:35

Ivanov, beaucoup de buts et un seul club



Une semaine après le Hongrois Forian Albert, avec qui il avait été sacré co-meilleur buteur de la Coupe du Monde de la FIFA, Chili 1962, l'attaquant russe Valentin Ivanov s'est éteint à son tour à l'âge de 76 ans des suites d'une longue maladie. Il était le détonateur de la grande équipe d'URSS dirigée depuis ses buts par "l'Araignée Noire" Lev Yashin. Autre point commun avec Albert, Ivanov a été l'homme d'un seul club, le Torpedo Moscou, avec qui il a inscrit 124 buts en 286 rencontres entre 1952 et 1966 ce qui fait de lui le neuvième meilleur buteur de l'histoire du championnat.

Originaire de Moscou, Ivanov a fait ses débuts en équipe première du Torpedo à l'âge de 18 ans après avoir suivi toute la filière des équipes de jeunes. Malgré un bon gabarit pour l'époque (1m78 m pour 70 kilos), il était surtout redoutable en position d'attaquant de soutien. Une pointe de vitesse redoutable et un remarquable bagage technique lui permettaient en effet de surprendre les défenseurs et de faire la différence. Avec Eduard Streltsov, surnommé "le Pelé russe", il a conduit le Torpedo au titre à deux reprises en 1960 et 1965.

Pourtant, il est essentiellement connu pour ses performances avec l'équipe nationale avec qui il a inscrit 26 buts en 59 rencontres, des statistiques qui en font le troisième meilleur buteur de l'URSS derrière Oleg Blokhin et Oleg Protasov.

On le découvre pour la première fois sur la scène internationale lors tu Tournoi Olympique de Football Masculin de Melbourne, en 1956. Il ne marque qu'un seul but en quatre rencontres mais l'URSS s'impose en finale face à la Yougoslavie (1:0) le 8 décembre 1956. La machine à gagner est lancée, et on la retrouve à la Coupe du Monde de la FIFA Suède 1958 où les Soviétiques terminent seconds de leur poule derrière le Brésil, futur vainqueur, avant d'être éliminés (2:0) en quart de finale par la Suède, futur finaliste.

Quatre ans plus tard, il aiguise encore son sens du but et termine meilleur buteur de l’épreuve mondiale au Chili 1962 avec quatre réalisations en quatre matches, un total qu’il partage avec Florian Albert, le Yougoslave Drazen Jerkovic, le Chilien Leonel Sanchez et les Brésiliens Vava et Garrincha.

Le Torpedo dans la peau
Il disputera encore trois rencontres victorieuses comptant pour les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Angleterre 1966, sans cependant être retenu pour la phase finale. Entre temps il avait remporté en 1960 le Championnat d'Europe des Nations en France réussissant un doublé à Marseille en demi-finale contre la Tchécoslovaquie (3:0) lui permettant de terminer co-meilleur réalisateur du tournoi. Il participe également à l'excellent parcours de l'URSS en Espagne quatre ans plus tard où les tenants du titre s'inclinent finalement 2:1 devant leurs hôtes et 125 000 spectateurs.

Immédiatement après avoir raccroché les crampons, il enchaîne une nouvelle carrière comme entraîneur, toujours avec le Torpedo qu'il va entraîner de 1967 à 70, de 1973 à 78, de 1980 à 91 puis de 1994 à 96 remportant le titre de champion en 1976 et trois Coupes nationales en 1968, 1972 et 1986. Sa seule infidélité au Torpedo le verra tenter une une expérience sans suite au Raja Casablanca en 1992/93.

Son fils, également nommé Valentin, est un ancien arbitre international FIFA qui a dirigé plusieurs rencontres à la Coupe du Monde de la FIFA Allemagne 2006 et à l'UEFA EURO 2004.

Fifa.com (08/11/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 11 Déc - 11:47

Partizan Beograd
Le Partizan s'implique dans l'Histoire




Ville : Belgrade
Fondé le : 4 octobre 1945

Afin de déterminer la valeur d’un club, on se base bien souvent sur les trophées remportés par celui-ci. Le Partizan Belgrade, lui, n'est pas vraiment à la fête en matière de titres remportés par rapport à l’autre grand club de la ville et accessoirement son grand rival, l’Étoile Rouge. Pourtant, lorsqu’il est question de performances extraordinaires à graver dans les livres d’histoire, le Partizan n’est pas le dernier à répondre à l’appel.

Mieux, cette déception de ne pas être le meilleur club du pays pourrait prochainement appartenir au passé, car le Partizan Belgrade est devenu depuis quelques années la référence du football en Serbie.

Naissance d’une institution
La fondation du club de la capitale serbe remonte au 4 octobre 1945. A cette époque, le club omnisport yougoslave du Partizan, aujourd’hui encore représenté dans un total de 25 disciplines, fonde sa propre section football, le Partizan Football Club.

Il ne faut même pas deux ans aux Crno-beli (Noir et Blanc) pour décrocher leur premier titre dans le championnat yougoslave (1947). Le deuxième ne se fait pas attendre et arrive dès 1949. Dans les années qui suivent en revanche, le championnat ne sourit plus au Partizan, qui voit toujours au moins un concurrent le devancer.

La légende en marche
Il en va autrement en Coupe de Serbie. Dans les années 50, ce club encore tout jeune s’empare du trophée à trois reprises, en 1952, 1954 et 1957. Son plus bel exploit, il le réalise cependant en Coupe d’Europe des Clubs Champions lors de la saison 1955/56. Il commence en effet par se débarrasser du Sporting Portugal avant d’infliger un retentissant 3:0 au grandissime Real Madrid en quart de finale. Cette performance exceptionnelle se révèle toutefois insuffisante pour empêcher l’élimination, la faute à une cinglante défaite 4:0 lors du match aller.

Les succès dans le championnat domestique reviennent avec le début des années 60, et les Crno-beli signent même trois succès de suite entre 1961 et 1963. À l’échelle européenne, il faut souligner des succès face à des adversaires prestigieux tels que le Werder Brême ou bien Manchester United. L’équipe belgradoise impose ainsi le respect au football européen. Respect non usurpé, puisque le Partizan a non seulement eu le droit de disputer le tout premier match de Coupe d’Europe des Clubs Champions, mais il est aussi devenu le premier club d’Europe de l’Est à en disputer la finale en 1966, lors de laquelle le Real Madrid brisera encore les rêves serbes

À cette époque, une grande rivalité s’est déjà développée avec l’Étoile Rouge, l’autre club de la ville. Le Večiti derbi, ou derby éternel, fait partie des affiches les plus disputées du monde. "L’Étoile Rouge est ma vie, rien d’autre n’a d’importance" ou "Je donnerais ma vie pour le Partizan" comptent parmi les chants qui descendent régulièrement des tribunes à chaque édition de ce derby de Belgrade.

Milan Bisevac, ancien joueur de l’Étoile Rouge bien connu des pelouses françaises, n’a pas oublié l’effervescence qui règne lors de ces joutes pour le moins électriques. "Une semaine de derby, on sent une atmosphère particulière, la pression qui monte, dès le lundi. C’est un grand match dans une ambiance magnifique. Au Marakana, le stade de l’Étoile Rouge, dans les vestiaires avant le match, on entend déjà le public. Ça donne la chair de poule."

Aujourd’hui
Au cours de la dernière décennie, les deux clubs de Belgrade n’ont laissé personne leur ravir le haut de l’affiche et se sont partagé les titres de champions. C’est cependant bel et bien le Partizan qui a petit à petit pris les devants et connu le plus de succès. En 2002, le recrutement au poste d’entraîneur de Lothar Matthäus, recordman de sélections avec l’Allemagne, n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le club. "Le football serbe est techniquement très fort. J’ai beaucoup de joueurs qui peuvent aller voir plus haut", expliquait à l’époque le Joueur mondial de la FIFA 1991, qui est d’ailleurs parvenu à conduire les Serbes pour la première fois de leur histoire jusqu’à la phase de poules de la Ligue des champions de l'UEFA.

L’histoire, le Partizan l’a de nouveau écrite en mai 2011 en devenant le tout premier club serbe à remporter le titre quatre saisons consécutives. À cela, il faut ajouter le troisième doublé coupe-championnat en quatre ans, le cinquième au total. C’est aussi la manière dont le Partizan façonne ses succès qui force le respect. Car bien que le niveau du championnat soit relativement faible à l’échelle internationale, le Partizan parvient depuis de nombreuses années à vendre ses pépites à des clubs plus huppés. Son centre de formation est d’ailleurs réputé et a été plusieurs fois récompensé, notamment en 2006 par le titre de "meilleur travail avec les jeunes en Europe".

Le stade
Il n’est pas de plus beau nom pour une enceinte sportive que celui que porte le stade du Partizan Belgrade : Fudbalski Hram, littéralement le Temple du football. Construit en 1949, il avait à l’origine une capacité de 55 000 spectateurs, mais après quelques travaux de rénovation et de modernisation, celle-ci a été réduite à 33 000 places. Il est aujourd’hui le deuxième plus grand stade du pays derrière le Marakana - 55 000 places environ -, antre du rival éternel, l’Étoile Rouge.

Fifa.com (09/12/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 25 Déc - 10:28

Jose MORENO
Moreno, rouage essentiel de la Machine




Né le : 3 août 1916
Lieu de naissance : Buenos Aires (Argentine)
Poste : Milieu offensif

Clubs :
River Plate (1935-1944 et 1946-1949), España de México (1944-1946), Universidad Católica de Chile (1949 et 1951), Boca Juniors (1950), Defensor Sporting de Uruguay (1952), Ferro Carril Oeste (1953), Independiente Medellín (1954-1956 et 1960-1961).

Équipe nationale : 34 sélections (19 buts)

Palmarès :
* 5 Championnats d'Argentine (1936, 1937, 1941, 1942, 1947)
* 1 Championnat du Mexique (1945)
* 1 Championnat du Chili (1949)
* 2 Championnat de Colombie (1955 et 1957)

Les journalistes de l'époque écrivaient qu'il avait révolutionné le football dans les années 1930 et 1940. D'autres, qui l'ont vu à l'œuvre de leurs propres yeux, prétendent qu'il n'avait rien à envier aux Pelé, Diego Maradona et autres Alfredo Di Stéfano. D'autres encore racontent que son look de séducteur, souligné par une glorieuse moustache et des cheveux bruns gominés, faisait des ravages en marge du rectangle vert. Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que José Manuel Moreno a marqué une époque dorée aux débuts du football. Même s'il n'a pas connu le sacre suprême à la Coupe du Monde de la FIFA™, il est entré dans les annales comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire.

Les jeunes générations n'auront pas eu le plaisir de goûter aux coups de génie de Moreno, qui a distillé sa magie en Argentine, au Mexique, au Chili, en Uruguay et en Colombie. Les adeptes des recherches sur le web pourront se consoler avec de brèves séquences d'archive de ce joueur exceptionnel, fer de lance de la célèbre Máquina de River Plate, l'une des lignes d'attaque les plus talentueuses et célèbres de l'histoire du football argentin. Beaucoup considèrent d'ailleurs cette redoutable armada comme l'ancêtre de l'Orange mécanique néerlandaise des 70's.

Une revanche à prendre
Né 1916, Moreno commence à taquiner le ballon dans le quartier de la Boca, près de chez lui, où il tombe vite amoureux de Boca Juniors. Le coup de foudre n'est pas réciproque puisque le club xeneize lui ferme ses portes après un essai jugé peu concluant. La tête remplie de rêves, le jeune Charro s'en va indigné, promettant qu'il prendra un jour sa revanche. Il finira par briller sous les couleurs de l'ennemi juré, River Plate…

Moreno appartient à cette caste de joueurs dont la pugnacité n'a d'égale que la magie. Les comptes rendus de l'époque décrivent un footballeur à la technique impressionnante, un finisseur redoutable doté d'un coup de tête exceptionnel. Il suffit de consulter ses statistiques à River Plate pour s'en rendre compte. Lors de ses 12 ans passés chez les Millonarios, neuf au début de sa carrière puis trois plus tard, Moreno a inscrit la bagatelle de 156 buts.

River a été son berceau. C'est avec ce club qu'il a été lancé dans le grand bain lors d'une tournée amicale au Brésil en 1934. "Les gars, on s'affole pas, on leur en met cinq. Regardez celui qui doit me prendre en défense, il ne ressemble à rien, je vais le promener", annonce-t-il à ses coéquipiers avant le choc contre Vasco da Gama. Plutôt culotté quand on a 18 ans... Mais le jeune Moreno tient parole : il marque un but et River l'emporte 5:1. Il doit cependant attendre 1935 pour se faire une place dans l'équipe de première division. Le football déchaîne déjà les foules au Río de La Plata. Cinq ans auparavant, l'Argentine s'est inclinée en finale de la première Coupe du Monde de la FIFA™ face à l'Uruguay, pays organisateur.

Moreno va vite devenir l'idole de l'institution millonaria, un patron du vestiaire et le favori des tribunes, où les supporters se massent pour le voir jouer. "Quand la fédération argentine m'a élu meilleur footballeur argentin de tous les temps, j'étais aux anges, mais j'étais gêné de laisser derrière moi des joueurs comme Moreno", écrit d'ailleurs Diego Maradona dans sa biographie, Yo soy el Diego. El Pelusa est bien conscient de ce que représente El Charro pour les amoureux du ballon rond en argentine.

Son talent dans les deux couloirs fait merveille dans l'une des plus grandes équipes de tous les temps, avec laquelle il remporte le championnat d'Argentine en 1936, 1937, 1941 et 1942. Moreno est entouré de partenaires de choix, nommés Juan Carlos Muñoz, Adolfo Pedernera, Ángel Labruna et Félix Lousteau, mais il est sans aucun doute le joueur le plus populaire, que ce soit sur ou en dehors des terrains. Car une fois la douche prise, le Poeta de la Zurda se transforme en un amoureux des sorties, habitué des établissements nocturnes et fanatique du tango. "C'est le meilleur entraînement", assure-t-il. "On tient le rythme, on le change en un instant, on applique toutes les postures. Ça fait travailler la taille et les jambes."

Un battant
Ceux qui ont eu la chance de savourer le jeu de Moreno racontent qu'il ne s'est pas seulement appuyé sur son talent pour bâtir son image. L'artiste a plus d'une fois fait apprécier sa force de caractère, au point d'en venir aux mains. En 1947, par exemple, il s'oppose aux supporters d'Estudiantes de La Plata, entrés sur le terrain pour protester contre l'arbitre. Cette même année, il reçoit une pierre en provenance de la tribune de Tigre et se fâche avec les médecins de River, sa propre équipe : "Mais pourquoi je me ferais soigner ? Pour faire plaisir à ces types et qu'ils chantent qu'ils se sont payé Moreno ? Non mon gars ! Si vous devez venir me soigner sur le terrain, c'est qu'il faudra me sortir sur civière".

Son caractère et son talent lui valent très vite d'intégrer l'équipe nationale, dans laquelle il va rester 14 ans. Si le contexte politique international l'a privé de la Coupe du Monde de la FIFA™, Moreno a pu donner le meilleur de lui-même sur la scène continentale. Avec la tunique albiceleste, il remporte les éditions 1941, 1945 et 1947 du Championnat d'Amérique du Sud, ancêtre de l'actuelle Copa América. Il signe également le 500ème but de l'épreuve en 1942 et décroche le titre de meilleur joueur en 1947.

Avant de raccrocher les crampons avec l'Independiente Medellín, en Colombie, il s'offre le luxe d'enfiler le maillot de Boca, le club qui l'avait boudé quand il était gamin. Il mourra en 1978, deux mois après le premier sacre mondial de l'Argentine. Cette ironie du sort, même lui, le talentueux Charro, n'a pu l'esquiver.

Fifa.com (22/12/2011)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 13 Jan - 14:42

Karl-Heinz RUMMENIGGE
Rummenigge, deux vies pour une légende




Jusqu'à présent, un seul Allemand a réussi à remporter le titre de Joueur Mondial de la FIFA : Lothar Matthäus. Faut-il pour autant en conclure que le recordman des sélections en équipe d'Allemagne est le joueur le plus talentueux que le pays des triples champion du monde a jamais produit ? Rien n'est moins sûr.

Matthäus lui-même ne se considère pas comme tel lorsqu'on l'interroge sur le sujet. Curieusement, son choix ne se porte pas non plus sur Franz Beckenbauer, Gerd Müller ou encore Fritz Walter : "J'ai joué contre Zico et Maradona et, maintenant, je sais qui est le meilleur football de la planète : Karl-Heinz Rummenigge", affirme Matthäus en 1980.

En effet, le palmarès de l'ancien attaquant international a de quoi faire rêver. Rummenigge a été vice-champion du monde (1982, 1986), champion d'Europe (1980), champion du monde des clubs (1976) et champion d'Allemagne (1980, 1981) avec le Bayern Munich. À tous ces trophées, il convient d'ajouter deux titres de joueur européen de l'année consécutifs (1980, 1981).

Deux finales perdues
Dans les années 80, Rummenigge compte parmi les plus grandes stars de la planète football. "La Coupe du Monde 1982 sera avant tout un duel entre deux footballeurs d'exception, Rummenigge et Diego Maradona", assure à l'époque Dettmar Cramer. La prédiction de l'ancien entraîneur du Bayern ne s'est pourtant pas complètement réalisée, puisque la RFA s'est inclinée 1:3 en finale, contre l'Italie.

En revanche, les deux hommes mènent leurs équipes respectives en finale de l'épreuve suprême, quatre ans plus tard au Mexique. Malheureusement pour l'Allemand, la défaite est une fois de plus au rendez-vous (2:3). "Je n'étais pas à mon meilleur niveau", se souvient Rummenigge. "Je savais que ce serait ma dernière Coupe du Monde et je voulais absolument jouer. Je crois que je n'ai jamais été aussi mauvais ! Je n'ai réussi que deux matches dignes de ce nom, contre le Maroc et l'Argentine." Déçu, l'international allemand prendra sa retraite internationale à l'issue du tournoi.

Rumennige n'a que 21 ans lorsqu'il effectue ses grands débuts en équipe nationale à l'automne 1976, à l'occasion d'une victoire 2:0 sur le Pays de Galles. À l'issue de la rencontre, le sélectionneur adjoint Jupp Derwall voit en lui "le meilleur homme sur le terrain". Cramer, son entraîneur en club, n'hésite pas quant à lui à venir l'accueillir à l'aéroport avec une bouteille de champagne entre les mains. Tout le monde voit en ce jeune homme le digne successeur des Beckenbauer, Günter Netzer, Wolfgang Overath ou encore Gerd Müller, dont le charisme manque alors cruellement à l'équipe de RFA.

La confiance de Matthäus
Dès que ce solide gaillard d'1m82 se lance dans une de ses séries de dribbles patentées, les défenseurs adverses se mettent à trembler. Dans les tribunes au contraire, les supporters se demandent ce que Rummenigge va bien pouvoir inventer. En sélection, l'attaquant du Bayern s'entend à la perfection avec Hansi Müller et Bernd Schuster, au sein d'une équipe aussi à l'aise en attaque que généreuse dans la récupération.

Deux ans plus tard, il compte parmi les internationaux à part entière au moment d'aborder la Coupe du Monde de la FIFA™. Dans la foulée, il mène la RFA au sacre en finale de l'UEFA EURO 1980. Auteur d'un but décisif contre la Tchécoslovaquie en début de tournoi, il s'illustre à nouveau en offrant à Horst Hrubesch le but de la victoire (2:1) face à la Belgique. Les médias, unanimes, le désignent meilleur joueur de la compétition.

"Avant l'EURO, nous étions déjà dans une excellente passe. Nous avions enchaîné 23 matches sans défaite, ce que la RFA n'avait jamais réussi auparavant. Moi, j'étais en pleine confiance. Je venais d'être élu meilleur buteur et footballeur de l'année en Allemagne. Ça aide !", explique Rummenigge à l'évocation de son unique titre avec la Mannschaft. "Le sélectionneur Jupp Derwall avait tout fait pour nous mettre dans de bonnes conditions. C'était aussi le premier grand tournoi international de Matthäus. Il ne doutait de rien".

Quel homme !
À cette époque, l'international allemand a déjà largement étoffé son palmarès en club. Aux côtés de stars comme Müller, Breitner ou Sepp Maier, le natif de Lippstadt contribue à faire du Bayern Munich l'équipe phare en Allemagne.

Son tranfert à l'Inter Milan en 1984 aurait dû conforter sa stature internationale. Malheureusement, une série de blessures l'empêchent de donner la pleine mesure de son talent et d'étoffer son palmarès. En l'espace de trois saisons, il ne dispute que 64 matches pour les Nerazzurri, mais parvient tout de même à marquer 24 buts. De 1987 à 1989, il rejoint le Servette Genève, pour y achever tranquillement sa carrière. Au terme de son ultime saison, il décroche néanmoins le titre de meilleur buteur du championnat de Suisse.

Une fois les crampons raccrochés, Rummenigge reste très actif dans le monde du football. Après une brève expérience de commentateur à la télévision, il est nommé vice-président du Bayern Munich en 1991. Devenu président de la formation bavaroise, il est également le premier président de l'Association des Clubs Européens (ECA).

Karl-Heinz Rummenigge a donc vécu deux vies en l'espace de quelques décennies. Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que les chanteurs Alan et Denise lui aient consacré en 1982 une chanson intitulée Rummenigge, what a man (Rummenigge, quel homme) !

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rachid_as
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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 6 Fév - 11:16

Marcel DESAILLY
Desailly, la force tranquille




A l'image d'un ancien président de la République française, Marcel Desailly a repris à son compte avec le même succès le célèbre slogan de "la force tranquille". Puissant et calme à la fois, dur sur l'homme mais jamais violent, il s'inscrit dans la tradition de la "garde noire" de l'équipe de France, incarnée par Jean-Pierre Adams, puis Marius Tresor et Basile Boli à qui il a succédé chez les Bleus.

Défenseur central ou milieu défensif, selon la volonté de ses entraîneurs, il figure dans le livre d'or comme le défenseur tricolore le plus titré avec une Coupe du Monde de la FIFA, un UEFA EURO, deux Coupes des Confédérations de la FIFA, deux Ligues des champions de l’UEFA, sans parler de deux titres de champion d'Italie. Champion d'Europe avec l’Olympique de Marseille et l’AC Milan, Desailly a du attendre la trentaine pour se voir affubler d'un surnom qui lui colle à la peau et le définit parfaitement : the Rock.

Eclosion d'un Canari
Arrivé à Nantes à l'âge de quatre ans avec sa famille et son père adoptif, il rejoint le centre de formation des Canaris à l'âge de 12 ans et s’imprègne pendant six saisons de la philosophie de l'école nantaise. Dans cette riche génération, il va faire deux rencontres déterminantes. Tout d'abord son entraîneur Jean-Claude Suaudeau qui va polir ce talent brut, et un certain Didier Deschamps qui sera à ses côtés pendant toute sa carrière. De ses débuts en première division 1 le 26 août 1986 contre Bordeaux (3:0) jusqu'à la fin de la saison 1991/92, il va travailler, prendre du volume et disputer 162 rencontres sous le maillot nantais (5 buts) tout en suivant le cursus des sélections françaises, des U-15 jusqu'aux A', antichambre de la sélection A. Le décor est planté, le futur roc est prêt pour escalader les sommets.

Sur un coup de tête de Bernard Tapie, président de l'Olympique de Marseille, et contre l'avis de l'entraîneur Raymond Goethals, Desailly rejoint la Canebière au début de la saison 1992/93. Accueilli froidement par Goethals qui lui lance "tu n'arrives pas à la cheville de Carlos Mozer", l'ancien défenseur brésilien de l'OM, il prend pourtant une nouvelle dimension au sein d'une défense aussi solide que rugeuse avec la chanière Desailly-Boli épaulée par deux latéraux de devoir, Jocelyn Angloma et Eric di Meco. Le 26 mai 1993 au stade Olympique de Munich, Boli marque de la tête le but de la victoire face au prestigieux AC Milan tandis que son complice musèle un certain Marco van Basten.

Le club italien perd un trophée, mais gagne une idée de génie pour remplacer le vieillissant Frank Rijkaard, parti à l'Ajax Amsterdam. En raison des difficultés financières de l’OM, Desailly refait ses valises et rejoint la Lombardie.

Maturité milanaise
Sa montée en puissance est irrésistible, d'autant plus qu'il fait ses débuts en équipe de France le 22 août 1993 contre la Suède (1:1). Dans un pays où le rôle du défenseur est aussi apprécié que la réussite d'un attaquant, Desailly est dans son élément, et va vivre cinq saisons exceptionnelles.

Il débute officiellement dans le calcio le 21 novembre 1993 contre Naples (2:1) et marque son premier but le 2 janvier 1994 contre la Reggiana (1:0). A Milan, Desailly va rapidement assimiler la rigueur tactique et défensive italienne et imposer sa marque de fabrique : son extraordinaire capacité a remporter la majorité de ses duels.

Au fil des saisons, il devient la pierre angulaire du système rossonero et s’impose dans un effectif pléthorique. Fabio Capello s'appuyant sur la défense mythique Mauro Tassotti, Franco Baresi, Alessandro Costacurta et Paolo Maldini, il positionne le Français pendant plusieurs mois comme milieu défensif. Pari gagnant, et Desailly étoffe immédiatement son palmarès en remportant le scudetto puis une nouvelle Ligue des champions face à Barcelone (4:0), marquant même un but à cette occasion et devenant le premier joueur à remporter l'épreuve deux années de suite avec deux clubs différents.

Desailly va ainsi disputer 137 rencontres de championnat entre 1993 et 98, marquant cinq buts, et 27 matches de C1 (2 buts) avec à la clé une nouvelle finale de Ligue des champions, perdue contre l'Ajax, et un nouveau scudetto. "Il est sans aucun doute le meilleur défenseur étranger ayant évolué dans le calcio. Celui qui a rapidement senti le football italien tout en sachant imposer sa personnalité", analyse en expert Paolo Maldini. Alors, aucun supporter de Milan ne lui en a voulu quand il a décidé de signer à Chelsea en 1998.

Il avoue d’ailleurs avoir connu l'émotion la plus grande de sa carrière, "plus forte encore que celle de la Coupe du Monde", à l'occasion du match AC Milan-Chelsea, lors de sa première visite à San Siro après son transfert en Angleterre. "A l'échauffement, tout le stade s'est mis à m'applaudir, d'un seul coup. Je me suis approché et j'ai pu lire sur une grande banderole ‘Pour toujours tu resteras dans notre cœur’. Cette reconnaissance qu'ils me témoignaient était véritablement bouleversante. Je n'étais ni un créateur ni un buteur. Et pourtant, ils me fêtaient comme si j'étais Van Basten. En tant qu'homme je m'en souviendrai toute ma vie", souligne-t-il encore ému.

Sur le toit du monde
Après l'échec de 1994, et la non-qualification de l'équipe de France pour Etats-Unis 1994, Aimé Jacquet reprend les Bleus en main. Rapidement il va bâtir une défense de fer qui va battre tous les records. Devant l'incontournable Fabien Barthez dans les buts, Lilian Thuram, Laurent Blanc, Marcel Desailly et Bixente Lizarazu vont constituer le socle de l’équipe lauréate de la Coupe du Monde de la FIFA France 1998 et de l’UEFA EURO 2000.

Alignés ensemble pour la première fois lors d’un match de préparation de l’UEFA EURO 1996 contre l’Allemagne (1:0), et jusqu’à leur dernière sortie officielle en finale de l’EUROo 2000 à Rotterdam contre l’Italie (2:1), ces quatre défenseurs parfaitement complémentaires n’ont jamais perdu un seul match officiel en 28 rencontres entre 1996 et 2000. Mieux, ils n’ont encaissé ensemble que 13 buts en 28 matches. Entre 1996 et 2000, la France a joué 57 matches n'en perdant que cinq. A chaque fois un des quatre mousquetaires au moins manquait à l’appel.

Exclu en seconde période de la finale de la Coupe du Monde 1998 contre le Brésil (3:0) après avoir reçu un second carton jaune, devenant le troisième joueur à être exclu lors d'une finale mondiale, il portera le brassard de capitaine après la retraite de son compère Didier Deschamps.

Pourtant, malgré deux Coupes des Confédérations victorieuses, il ne peut empêcher le lent déclin de cette génération surdouée et, après un dernier échec contre la Grèce (0:1) en quart de finale de l'UEFA EURO 2004, il annonce, à 36 ans, sa retraite internationale avec 116 sélections au compteur.

Le temps des copains
Quand il arrive à Chelsea, en plein été 1998, Marcel Desailly retrouve dans le plus chic des clubs londoniens son ami Franck Leboeuf avant d'être rejoint par Deschamps. Il débute officiellement en Premier League le 15 août 1998 à Coventry (1:2) mais ne marque son premier but que le 26 février 2000 contre Watford (2:1), le temps de prendre ses marques dans un nouvel environnement. "En Italie, je dominais mon sujet dans le domaine aérien. Mais, en Angleterre, je n'arrivais plus à prendre un ballon de la tête !", se souvient-il. "J'étais régulièrement devancé par les grands et les petits qui tous, en plus, mettaient le coude. Il m'a fallu devenir plus malin, travailler le timing, éviter la poussée de l'adversaire et ne pas répondre à la provocation".

C'est peut être grâce à cette difficulté que Marcel Desailly s'est découvert une nouvelle motivation. "Quand vous êtes compétiteur, que vous vous trouvez confronté à de nouveaux éléments bons, voire excellents, vous êtes obligé d'élever votre niveau, de prouver que vous avez encore envie".

En six saisons avec les Blues, il va disputer 222 rencontres dont 94 comme capitaine sans remporter de titre majeur à l'exception d'une FA Cup. Paradoxalement, c'est son ami Deschamps qui, en 2004 et en tant qu’entraîneur de Monaco, va lui donner le descabello en éliminant Chelsea en demi-finale de la Ligue des champions.

Marcel Desailly comprend que l’âge d’or est passé. Il va terminer sa carrière au Qatar, où il remporte un dernier titre de champion avant d'annoncer sa retraite sportive en mai 2006. "Quand j'ai débuté avec les Bleus à 25 ans, je n'aurais jamais imaginé être toujours en sélection neuf ans plus tard et être encore compétitif en club. Si j'ai duré, c'est que je me suis toujours remis en cause. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de jeunes que j'ai vus qui étaient meilleurs que moi", affirme-t-il confirmant ainsi qu'il a tiré sa véritable force d'un mental à toute épreuve, de sa force de caractère. Une force tranquille.

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 6 Fév - 11:26

Le rêve retardé d’un gardien en avance



Gardien de la grande équipe de Hongrie des années 50, Gyula Grosics a toujours été un précurseur. Novateur sur plan technique et tactique mais aussi dans la mode vestimentaire, ce gardien hors pair aux 86 sélections, qui n'avait rien à envier à son contemporain Lev Yashin, a pourtant dû attendre l'âge de 82 ans avant de réaliser le rêve de sa vie : porter le maillot de Ferencvaros.

FIFA.com retrace le parcours de ce héros qui va fêter ses 86 ans le samedi 4 février… et qui est toujours officiellement en activité.

Issu d’une modeste famille de mineurs de Dorog, à une quarantaine de kilomètres de Budapest, Grosics était destiné à entrer dans les ordres pour faire plaisir à une mère persuadée qu'il s'agissait du meilleur moyen de rompre avec sa condition. Mais le football fait parfois des miracles et brise des vocations. "La vie réserve parfois des surprises. A l'âge de 15 ans, alors que je n'étais encore qu'un enfant, j'ai joué pour la première fois dans les buts de l'équipe première de Dorog. A partir de ce jour le football est définitivement entré dans ma vie", raconte le fringant nonagénaire.

La Panthère devance l’Araignée
La vie de Grosics est bouleversée par le football, mais le football est bouleversé par la guerre. La Hongrie suivant la ligne politique de l’Allemagne nazie depuis 1938, le jeune Gyula, 18 ans, voit son éclosion au plus haut niveau repoussée, car tous les garçons âgés de 12 à 21 ans sont obligés de partir travailler en Autriche. Il ne reviendra qu’en août 1945, pour prendre son envol sous les couleurs du Dorogi FC.

Loin d'avoir un potentiel physique exceptionnel (1m77), Grosics compense par une bonne détente, une prise de balle sûre et un grand sens de l'anticipation. Mais sa force réside dans son jeu au pied, digne des meilleurs joueurs de champ, qui lui permet d'être le premier relanceur de son équipe en s'avançant loin de ses buts alors que jusqu'alors, les gardiens étaient cantonnés dans la petite surface. Par ailleurs, lassé de devoir sans cesse changer de couleur de maillot au gré des rencontres, Gyula Grosics prend l'habitude de s'habiller toujours tout en noir.

Un choix qui va rapidement faire boule de neige chez les gardiens du monde entier. La couleur de son maillot et le côté félin de ses interventions lui valent rapidement le surnom de "Panthère Noire", prenant de vitesse Lev Yashin qui devra se contenter de "l'Araignée noire" en raison de la longueur de ses bras.

Une défaite et un cauchemar
Sélectionné pour la première fois en 1947, Grosics intègre une génération de surdoués où il va mûrir en compagnie de Ferenc Puskas, Nandor Hidegkuti, Zoltan Czibor et autres Sandor Kocsis avec qui il va bientôt entrer dans l'histoire. Entre un échec face à l'Autriche (3:5) en mai 1950, et la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1954 contre l'Allemagne de l'Ouest (2:3), les Magyars Magiques vont réussir une incroyable série de 42 victoires 7 nuls, dont des succès retentissants comme les deux victoires consécutives contre l'Angleterre (6:3, 7:1), la première défaite infligée à l'Uruguay en phase finale de Coupe du Monde (4:2) ou la "Bataille de Berne" contre le Brésil (4:2) quelques jours à peine avant le "Miracle de Berne", la défaite en finale qui allait marquer le déclin de cette incroyable armada.

Le but de la victoire inscrit par Helmut Rahn à six minutes du coup de sifflet final sur une glissade de Grosics sur l'herbe mouillée va coûter très cher à la panthère noire. "Aujourd’hui encore, je refais toujours le même cauchemar. Je revois sans cesse ce but de Rahm. D'un seul coup je suis tombé dans un gouffre…", avoue Grosics.

Devenu persona non grata, il continue de garder les buts de Honved et de la Hongrie durant deux autres Coupes du Monde en 1958 et 1962, mais fait l'objet de multiples tracasseries administratives, et même des menaces de la part des autorités, d'autant que le gardien ne cache plus son opposition au régime communiste.

Un match, un hommage
Après l'insurrection de 1956, il rejoint ses coéquipiers partis en tournée en Amérique du Sud. A leur retour à Vienne, certains décident de passer à l'ouest, comme Ferenc Puskas qui rejoint le Real Madrid, alors que Kocsis et Czibor s’engagent à Barcelone. Encore victime de pression politique, Grosics, lui, rentre au pays où il est transféré sans trop avoir le choix à Tatabanya, un modeste club de province. Il y évoluera jusqu'à la fin de sa carrière en 1962, tout en restant le titulaire dans les buts de l'équipe nationale, mais en ruminant un immense regret : ne jamais avoir pu évoluer sous les couleurs de Ferencvaros, le plus prestigieux club hongrois, les autorités s'y opposant.

Mais les grands clubs font souvent de grands actes. En 2008, les dirigeants de Ferencvaros organisent un match amical contre Sheffield United pour lui permettre, une fois dans sa vie, de figurer sur la feuille de match. Très digne, habillé en noir comme d'habitude, ses cheveux blancs soigneusement tirés en arrière, Grosics, 82 ans, prend symboliquement place dans les buts, touche un ballon avant de céder sa place au titulaire Adam Holczer.

Après cet hommage, Ferencvaros retire le numéro 1 en son honneur et fait figurer son nom chaque saison dans la liste de joueurs transmise à la fédération nationale. Quarante six ans après avoir raccroché ses crampons, Gyula Grosics avait enfin réalisé son rêve.

Fifa.com (03/02/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Jeu 16 Fév - 10:00

Juan SCHIAFFINO
Schiaffino, entre dieu et démon




Le nom de Juan Schiaffino est inscrit en lettres d'or dans le grand livre du football uruguayen. En terre charrúa, rares sont ceux qui n'ont pas entendu parler de cette légende du football national. Mais il suffit de traverser la frontière du nord de l'Uruguay, et le patronyme "Schiaffino" prend une tout autre signification. Il est associé à l'épisode le plus noir du football brésilien, à savoir la défaite de la Seleção contre la Celeste dans le match décisif de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 1950™. Autres contrées, autres fortunes : en Italie, Schiaffino reçoit vite le surnom de "dieu du football". On ne peut rêver de plus beau compliment au pays du calcio…

Né d'un père italien et d'une mère paraguayenne, Juan Alberto Schiaffino Villano a donc marqué l'un des buts les plus tragiques pour le football brésilien, celui de l'égalisation de l'Uruguay à 1:1 dans le match décisif de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 1950™. "Il y a eu un grand silence. À cet instant, j'ai compris que les Brésiliens avaient commencé à avoir peur de la défaite", confiait un jour le gardien uruguayen de ce match, Roque Máspoli.

Effectivement, quelques minutes après l'égalisation de Schiaffino, Alcides Ghiggia marque à nouveau pour l'Uruguay, qui décroche un titre mondial inespéré devant des dizaines de milliers de spectateurs en pleurs. "Dieu seul peut expliquer ce qui s'est passé ce jour-là. En amical, le Brésil nous battait régulièrement par trois ou quatre buts d'écart", a raconté Schiaffino de nombreuses années après cette finale.

Un talent et deux maillots
La tristesse brésilienne a quelque peu éclipsé la qualité du football pratiqué par les Uruguayens, non seulement Pepe, mais également Obdulio Varela, l'un des représentants légendaires de cette rage de vaincre uruguayenne, la fameuse garra charrúa. "Je ne courais peut-être pas autant que lui, mais il ne me donnait pas les ballons que je lui donnais", rappellera plus tard Schiaffino, qui avait été élu meilleur joueur de l'édition 1950 du tournoi.

Entre 1950 et 1954, Pepe a participé à neuf matches de Coupe du Monde de la FIFA™, inscrivant au total cinq buts, le plus fameux restant celui marqué à Barbosa au Maracana... pour le compte de l'Uruguay, devrait-on ajouter. Le surdoué présente en effet la particularité d'avoir porté le maillot de deux équipes nationales. Après ses exploits avec la Celeste, il joue en équipe d'Italie, avec laquelle il participe notamment à deux matches de qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA, Suède 1958™.

Né le 28 juillet 1925, Schiaffino travaille d'abord dans une boulangerie, puis une usine d'aluminium, avant d'être contacté par l'un des clubs mythiques du football uruguayen, Peñarol. "À l'époque, je faisais de petits boulots à droite et à gauche. Le destin a fait le reste", résumera Pepe après avoir raccroché les crampons.

Sur décision du destin
Et quel destin ! Schiaffino fait successivement le bonheur de Peñarol, puis de l'AC Milan, qui s'attache ses services pour ce qui est à l'époque le transfert le plus onéreux de l'histoire du football. Ses buts et ses passes millimétrées étaient à la hauteur de son humilité. "J'ai eu la chance de jouer dans de grandes équipes, où tout devenait facile. À mon époque, le jeu était plus lent, le marquage moins strict. Aujourd'hui, le défi physique est tel que le football qu'on pratiquait à mon époque n'est plus possible", analyse-t-il en mêlant modestie et réalisme.

Cesare Maldini, l'un de ses coéquipiers au sein de la formation rossonera, disait les choses de façon un peu moins réservée au sujet de Schiaffino : "Il avait un radar à la place du cerveau". Ce qui explique probablement pourquoi, avec Pepe dans ses rangs, l'AC Milan s'adjuge trois titres de champion d'Italie consécutivement. Ensuite, le phénomène est transféré à l'AS Rome. Après avoir mis un terme à sa carrière de footballeur professionnel, il rentre en Uruguay, où il passe le reste de sa vie.

La controverse va toujours bon train, chez les anciens tout du moins, pour savoir qui, de Juan Schiaffino ou d'Alfredo Di Stefano, peut prétendre au titre de meilleur footballeur de tous les temps. Ces classements étant toujours subjectifs, on trouvera le compromis suivant : à la faveur de son but contre le Brésil en 1950 et de l'impression qu'il a laissée chez quelques-uns des meilleurs joueurs de la planète à son époque, Juan Schiaffino fait incontestablement partie des dix meilleurs joueurs de l'histoire du ballon rond.

Fifa.com (15/02/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 19 Fév - 10:41

Alexi LALAS
Lalas, enfant du rock et de la balle




Il arrive la caquette vissée sur le crâne, détendu et souriant. La plage de Manhattan Beach, au sud de Los Angeles, est 50 mètres plus bas. "Pour ma famille c’est idéal ici", se réjouit-il au micro de FIFA.com. Père de famille et consultant vedette sur la chaîne ESPN, Alexi Lalas vit depuis 2008 le monde du football dans un autre costume.

Rockeur néo-hippie starifié à la Coupe du Monde de la FIFA, Etats-Unis 1994 - "ça a changé ma vie"-, et premier footballeur nord-américain à évoluer en Serie A, l’ancien président de Los Angeles Galaxy est le meilleur avocat de la MLS. Sur le terrain, en coulisse ou derrière le micro, il accompagne son développement depuis 1996, avec passion et charisme. Mais sans "jamais se prendre au sérieux", précise celui qui se définit lui même comme un "homme de spectacle".

Souvenirs, souvenirs...
"Je suis l’exemple vivant du pouvoir d’une Coupe du Monde sur un individu", confesse l’ex-défenseur central de la sélection américaine. A domicile en 1994, dans un pays sans championnat professionnel, le guitariste barbu aux cheveux longs symbolise l’insouciance d’une équipe de copains. "Sans cet été, je ne serais pas là à vous parler. Cela m’a ouvert tellement de possibilités. C’est la preuve que parfois, sans être le meilleur joueur, avec du timing et de l’opportunisme, on peut réaliser de grandes choses." Titulaire dans les quatre rencontres des Stars and Stripes, le footballeur américain de l’année en 1995 sera aussi de la grand-messe quatre ans plus tard à France 1998. Il restera sur le banc.

Entre les deux rendez-vous mondiaux, Lalas s’est offert une belle aventure en Italie entre 1994 et 1996. A Padoue, en Serie A, il dispute 33 matches en 1994/1995 et marque trois buts, dont un face à l’Inter Milan. "C’est avec la Coupe du Monde mon meilleur souvenir comme footballeur. Je suis fier d’avoir été le premier. J’ai ouvert la voie et quand je vois Michael Bradley aujourd’hui au Chievo, presque 20 ans après, je me dis que j’ai accompli quelque chose d’extraordinaire. Surtout, je suis devenu une meilleure personne là-bas, c’est pour moi encore plus important", raconte Lalas.

Engagé par le New England Revolution dans la foulée de sa belle saison italienne, Lalas reste finalement neuf mois de plus au Padova Calcio. La MLS a repoussé son lancement d’un an. Le prochain lever de rideau sera le bon, 12 mois après. Quinze ans plus tard, l’ex-chanteur et guitariste du groupe du groupe de rock Gypsies est fier d’avoir vécu l’histoire en direct : "Il y avait une grosse part de risques à revenir pour les débuts de cette nouvelle ligue. Ce retour en 1996, j’en suis fier."

Suivront des transferts multiples et finalement, après deux ans d’arrêt, trois saisons d’épilogue à Los Angeles, au Galaxy. Là même où en 2008, quatre ans après sa retraite des pelouses, il tire un trait sur sa carrière de dirigeant. "Je suis fier de ce que j’y ai accompli quand j’étais président. Il fallait changer l’ADN du club, lui reconstruire une identité après l’arrivée de David Beckham, sur laquelle j’ai travaillé. Le Galaxy devait arriver à changer sa perception par le public américain et aussi à l’international."

Pour en arriver là...
"Je n’ai aucun regret, j’ai vécu des expériences fantastiques. Cela m’a aidé à avoir une autre perspective et ça me permet aujourd’hui comme commentateur de comprendre des décisions que le public lui ne peut pas." En quatre ans comme dirigeant, à San Jose, New-York puis Los Angeles, Lalas a vécu une carrière de directeur sportif agitée. Entre un déménagement, un rachat et "l’ouragan Beckham", le consultant "a fait des erreurs" mais a "tellement appris".

Depuis 2008, le champion MLS 2002 officie comme commentateur sur ESPN, qui retransmet la MLS mais aussi des footballs d’autre horizons. "J’adore cette possibilité de divertir et d’être une voix. Je le prends très au sérieux mais en m'amusant", décrypte-t-il.

Même s’il passe trois jours de la semaine sur la côte Est dans le Connecticut, dans les studios de la chaîne sportive, "pour ma famille ce nouveau métier c’est moins de stress et plus de temps avec elle." Et plus de temps aussi pour la musique, l’autre grand amour de Lalas. "J’ai fait des tournées et enregistré des albums. C'étaient des opportunités énormes mais même aujourd’hui, sans tout ça je continue de jouer chez moi. J’enregistre à la maison. La musique, c’est en moi. Je suis né avec ça." Et le football aux Etats-Unis avec lui.

Alexi Lalas
Poste :
défenseur central

Clubs : Calcio Padova (1994-1996), New England Revolution (1996-1997), CS Emelec (1997), New-York Metro Stars (1998-1999), Kansas City Wizards (1999), Los Angeles Galaxy (2001-2004)

Equipe nationale : 96 sélections (9 buts)

Palmarès : Vainqueur de la MLS (2002), Vainqueur de la Lamar Hunt U.S Open Cup (2001), Vainqueur du Supporter’s Shield de la MLS (2002), Footballeur américain de l’année (1995)

Fifa.com (17/02/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 22 Fév - 12:59

Frank RIJKAARD
Rijkaard, le calme et l’ouragan




Dans le monde du rugby on distingue deux catégories de joueurs : les déménageurs de piano - les avants- et ceux qui en jouent - les arrières. En football, Franklin Edmundo "Frank" Rijkaard, a démontré tout au long de sa carrière exemplaire que l'on pouvait être aussi efficace dans un rôle que dans l’autre.

Défenseur implacable et relanceur-buteur, cet enfant de l'Ajax Amsterdam, est devenu la cheville ouvrière de l'AC Milan d'Arrigo Sacchi mais aussi de la fameuse génération des "Oranjes Mécaniques". Reconverti entraîneur, Rijkaard conserve l'espoir inavoué de flirter une nouvelle fois avec la Coupe du Monde de la FIFA, qui ne lui a jamais souri en deux participations.

Dans les rues d'Amsterdam
Rijkaard voit le jour le 30 septembre 1962 à Amsterdam, 29 jours à peine après un certain Ruud Gullit, quelques blocs de maison plus loin, dans le quartier de Jordaan. Etrange coïncidence dans la mesure où les deux hommes allaient connaître la gloire ensemble, en club et en sélection. Autre point commun, ils ont tous deux un père originaire du Suriname, celui de Rijkaard arrivant aux Pays-Bas dès 1950.

Les deux gamins vont se rencontrer au hasard des parties de foot dans les rues d'Amsterdam évoluant même tous les deux sous les couleurs de la modeste équipe de quartier du DWS. Rijkaard, dans un registre défensif où sa grande carcasse et son engagement physique imposent le respect, est remarqué par Leo Beenhakker qui le fait signer à l'Ajax. Il fait ses débuts dans l'équipe première à l'âge de 17 ans contre Go Ahead Eagles (4:2) en 1980 inscrivant au passage son premier but en Eredivisie.

Installé au centre de la défense par Beenhakker il va conserver ce poste sous la direction de Kurt Linder, Aad de Mos puis lors de la première année sous la houlette de Johan Cruyff. Véritable tour de contrôle, il prend une part prépondérante dans la conquête de sept trophées, dont trois titres de champion et une Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, entre 1980 et 1987.

Trio magique
Pourtant l'arrivée de Cruyff aux manettes va entrainer quelques vagues entre ces deux fortes personnalités idolâtrées par les supporteurs. Décidé à quitter l’Ajax, Rijkaard s'offre une sorte d'année sabbatique avant d'atterrir à Milan où il va retrouver son complice Gullit et un autre néerlandais emblématique, Marco van Basten. Le tout sous la direction d’Arrigo Sacchi séduit par ce puissant défenseur qu'il imaginait encore meilleur installé au milieu du terrain avec Gullit, Carlo Ancelotti et Demetrio Albertini.

Pour mettre en œuvre son projet, Sacchi a dû batailler ferme pour l'imposer comme troisième étranger du club à son président Silvio Berlusconi, qui avait de son côté les yeux de Chimène pour l'Argentin Claudio Borghi.

Mais le Cavaliere n'allait pas le regretter. Son bagage technique, son intelligence tactique, sa puissance mais surtout sa surprenante élégance pour un homme de sa stature (1m90) font chavirer San Siro, qui le baptise in petto "l'ouragan". Au jeu offensif et au spectacle de l’école hollandaise, Rijkaard ajoutait à sa panoplie la rigueur défensive et le réalisme italien.

Il s'offre en outre régulièrement des montées offensives, et pas seulement sur les coups de pied arrêtés, où il pose bien des problèmes aux défenseurs adverses. Il est ainsi décisif lors de la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions le 23 mai 1990 contre Benfica en inscrivant le but du sacre. Les Rossoneri à la sauce oranje règnent ainsisur le Vieux Continent, les trois Néerlandais trustant les trois premières places du Ballon d'Or en 1988, une performance presque égalée l'année suivante où seul le capitaine Franco Baresi réussissait à s'intercaler entre Van Basten et Rijkaard.

Un dernier pied de nez
Mais la finale perdue en 1993 contre l’Olympique de Marseille (0:1) allait marquer la fin de cette période fastueuse. Gullit indésirable, Van Basten obligé d'arrêter en raison de nombreuses blessures, Rijkaard va retourner à l'Ajax comme défenseur central. Dernier pied de nez, il remporte sa troisième Ligue des champions en 1995 contre l’AC Milan en offrant le but de la victoire à Patrick Kluivert , sous la houlette de Louis van Gaal. On ne pouvait rêver plus beau sacre pour mettre un terme à sa carrière de joueur.

Avec les Pays-Bas cependant, malgré la richesse de l'effectif, Rijkaard a collectionné moins de trophées même s'il était titulaire en 1988 dans la seule équipe néerlandaise à avoir remporté un titre lors de la finale de l'UEFA EURO contre l'URSS. Il était alors associé à Ronald Koeman au centre de la défense. Clin d'œil du destin, il avait fait ses débuts le 1er septembre 1981 contre la Suisse à Rotterdam en remplaçant son ami Gullit peu après la pause.

En 73 sélections entre 1981 et 1994, il va inscrire dix buts, disputer deux Coupes du Monde de la FIFA (1990 et 1994) et un second UEFA EURO en 1992. A chaque fois, les Pays-Bas vont s'incliner contre le futur vainqueur du tournoi et Rijkaard tourne la page de la sélection au terme du quart de finale de 1994 perdu contre le Brésil (2:3).

Sa carrière d’entraîneur ne fait que confirmer ce qu’il a été sur le terrain : le mélange réussi du réalisme et de l’élégance. "Frank a trouvé l'équilibre entre beau jeu et efficacité. Comme moi, il sait que l'addition de talents individuels ne sert à rien si les joueurs alignés sur la pelouse ne pensent pas au collectif. C'est un homme que j'estime énormément", affirmera Johan Cruyff en l'adoubant sur le banc du FC Barcelone. Avec deux titres de champion d'Espagne et une Ligue des champions en poche, il tourne la page catalane à la fin de la saison 2007/08 laissant la place à un certain Pep Guardiola. Autre ancien spécialiste du déménagement de piano et de la mélodie harmonieuse.

Fifa.com (22/02/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 26 Fév - 10:57

ZETTI
Zetti, une position, un destin




"Avant toute chose, il faut aimer ce que vous faites", lance Armelino Donizete Quagliato, dit Zetti, au micro de FIFA.com. "Ce poste ne convient pas à tout le monde. Vous êtes seul dans les cages avec des joueurs qui vous tirent dessus dans tous les sens et si vous encaissez un but, vous avez toutes les chances d'être critiqué."

C'est ce qu'explique l'ancien gardien de la Seleção aux jeunes joueurs inscrits dans son école, spécialisée dans la formation des gardiens de but. Le nom de cet établissement pas comme les autres parle de lui-même : "Protéger son but". Plus de 450 portiers assistent ou ont assisté aux leçons du maître. Ici, peu importe l'âge ou les ambitions. Que l'on soit là pour faire carrière ou pour tenir en respect les attaquants du dimanche, il y a de place pour tout le monde. "Tout ce qui compte, c'est d'aimer jouer dans les cages."

La vocation de l'enfant de Porto Feliz, dans l'État de São Paulo, avait tout d'une évidence. "À l'adolescence, j'avais beaucoup de facilité dans les sports qui utilisaient les mains, peut-être parce que j'ai commencé très jeune à pratiquer plusieurs disciplines. À l'école, je jouais souvent au basket ou au volley. Quand je me suis retrouvé dans le but, j'ai donc vite fait mes preuves", poursuit Zetti, avant de nous confier un épisode moins glorieux : "Je voulais devenir joueur de champ mais je n'ai pas été retenu car on me trouvait nul..."

À Capivari, le jeune gardien s'illustre rapidement au niveau local. Impressionné, un ami le recommande pour un essai à Guarani. Il effectue un bref passage au Bugre, mais le club le libère à l'âge de 17 ans. Il rejoint alors Palmeiras, avec la ferme intention de s'imposer sur le long terme. Ses dirigeants le prêtent successivement à Toledo, ce qui lui vaudra d'être élu meilleur gardien de l'État de Parana, puis à Londrina. À l'issue de son deuxième prêt, en 1986, Zetti doit se contenter d'un rôle de troisième gardien.

Souvenirs, souvenirs...
Sa chance se présente en 1987. Le titulaire Martorelli est exclu à l'occasion d'un match du championnat paulista. Zetti entre alors en jeu. "C'est le début de mon ascension. C'est là que tout a commencé", se souvient l'intéressé. Le jeune prodige enchaîne 13 matches sans concéder le moindre but et conserve sa cage inviolée pendant 1 238 minutes. Transféré à Santo André, l'ancien défenseur international de Palmeiras Luis Pereira se chargera cependant de mettre fin à cette incroyable série.

Le destin va ensuite se charger de tester sa force de caractère. "Je me suis cassé la jambe le 17 novembre 1988, contre Flamengo", se souvient Zetti lorsqu'on lui demande d'évoquer ce fameux choc avec Bebeto au Maracanã. Son absence dure huit mois. À son retour, le jeune Velloso a pris sa place. L'entraîneur Emerson Leão, lui-même ancien gardien de but, se refuse à remettre en cause l'ordre établi. "Je n'avais plus de contrat et je cherchais un club. Quand une équipe se manifestait, les dirigeants de Palmeiras se montraient très gourmands. Le Flamengo de Telê Santana et Grêmio ont fait part de leur intérêt mais j'étais beaucoup trop cher. De mon côté, je m'étais mis à la peinture. Je m'intéressais à d'autres choses car j'en avais assez. J'étais tout près d'arrêter ma carrière."

Finalement, un ami intervient pour résoudre la situation et racheter son contrat. Zetti passe ensuite deux mois en Europe, au cours desquels il effectue notamment un essai au sein de l'équipe B de l'Atlético de Madrid. Dans la foulée, il reçoit un appel qui va changer le cours de sa carrière. Valdir Joaquim de Moraes, ancien portier de Palmeiras et pionnier de l'entraînement spécifique des gardiens, lui fait part de l'intérêt de São Paulo. Les deux parties s'entendent sur un prêt de dix mois. Au final, Zetti ne quittera O Tricolor Paulista qu'en 1996, pour le plus grand plaisir de son généreux ami.

L'occasion de travailler avec Telê Santana se présente enfin à lui. Après une première année de transition, le club remporte pratiquement toutes les compétitions auxquelles il participe. São Paulo devient rapidement l'une des meilleures équipes de l'histoire du football brésilien. Zetti et ses coéquipiers remportent notamment deux Coupes intercontinentales, contre le grand Barcelone et l'AC Milan, deux Copas Libertadores, un championnat du Brésil et deux championnats paulistas.

"Telê n'avait pas son pareil pour construire une équipe. Il voyait tout de suite ce qui manquait. Petit à petit, le groupe montait en puissance et il se chargeait de mettre les joueurs en confiance. Raí était un champion, Muller était un champion… Nous avions vraiment une grande équipe. Il était toujours derrière nous pour nous pousser. Nous avons été champions en 1991, 1992 et 1993 et nous n'avons jamais cessé de jouer les premiers rôles. Quand on arrive au sommet, on risque de devenir complaisant. Ce n'était pas notre cas. Nous avons vraiment vécu une période fantastique."

Au milieu de tous ces trophées, il en est un qui tient une place à part dans le palmarès du champion : la Coupe du Monde de la FIFA™. En effet, Zetti a participé au triomphe du Brésil aux États-Unis en 1994, en tant que doublure de Taffarel. Mais comment accepter un rôle de remplaçant lorsque l'on est au sommet de son art ? "En 1993, j'étais à mon meilleur niveau. Je pensais que j'allais jouer les qualifications. Je me sentais bien, j'avais relevé de nombreux défis et je venais d'être sacré champion. Je regrette beaucoup de ne pas avoir eu ma chance. Mais j'ai toujours admiré Taffarel. J'étais son premier supporter tout au long de la compétition."

Pour en arriver là...
Désormais, Zetti met son expérience au service des jeunes. Dès que l'occasion se présente, il entre sur le terrain, participe aux exercices et distribue les conseils. L'ancien international s'est lancé un véritable défi en essayant de mettre au point une méthode pour son école, fondée il y a trois ans. "Nous ne savions pas trop quoi faire car nous manquions de références. Chaque athlète fonctionne différemment. Nous avons étudié ces comportements pour trouver des points communs et concevoir des conseils utiles pour les garçons, surtout les débutants."

Les exercices font aussi appel au judo, au volley et à d'autres sports. Beaucoup d'élèves s'inscrivent dans l'espoir de faire carrière. Certains ont déjà effectué des essais à Palmeiras, aux Corinthians et dans d'autres clubs. Rubinho, ancien des Corinthians et de Genoa, travaille à l'académie pour se maintenir en forme en attendant de retrouver une équipe. Mais tous n'ont pas cette ambition. L'âge des élèves varie de 8 à 66 ans. "Notre rôle consiste à leur donner une idée des spécificités du poste : améliorer la coordination des gestes, tomber sans se faire mal ou encore comprendre que la détente ne fait pas tout. Nous donnons une base complète. La seule chose qui nous manque, ce sont les matches. Je n'ai pas réussi à faire une équipe entièrement composée de gardiens de but !"

Zetti

Poste : gardien de but

Clubs : Toledo (1983), Palmeiras (1984), Londrina (1985), Palmeiras (1986-89), São Paulo (1990-96), Santos (1996-99), Fluminense (2000), União Barbarense (2001), Sport (2001)

Equipe nationale : 17 sélections

Palmarès : Vainqueur de la Coupe du Monde le la FIFA (1994), Vainqueur de la Coupe intercontinentale (1992, 1993), Vainqueur de la Copa Libertardores (1992, 1993), Vainqueur de la Recopa Sudamericana (1993, 1994), Vainqueur de la Supercoupe du Brésil (1993), Champion du Brésil (1991), Vainqueur du championnat paulista (1991, 1992), Vainqueur du tournoi Rio-São Paulo (1997)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 27 Fév - 13:46

Zoff, 70 ans de passion



Près de 30 ans après avoir brandi la Coupe du Monde de la FIFA, le 11 juillet 1982 dans le stade Santiago Bernabeu de Madrid, le mythique gardien italien Dino Zoff va fêter mardi 28 février 2012 ses 70 ans dans le calme de sa maison de Rome, entouré par ses petits enfants.

Zoff c’est 570 matches en série A, entre ses débuts le 24 septembre 1961 à sa retraite le 2 juin 1983. Un homme discret qui a tout gagné, aussi bien en club qu'avec l’Italie. Zoff, c’est aussi 332 rencontres consécutives en Serie A sous le maillot de la Juventus sans la moindre blessure avouée en 11 ans même s’il a parfois joué avec deux côtes cassées. "Je pourrais énumérer toutes les victoires que vous avez réussi à remporter grâce à votre compétence, votre talent et votre capacité à affronter n'importe quel obstacle, presque avec désinvolture ", lui écrit le Président de la FIFA Joseph S. Blatter à l'occasion de son anniversaire.

Sur le terrain, Zoff était en effet comme dans la vie : sobre et efficace. Et quand on lui demande pourquoi il a choisi ce poste à haut risques il répond sans hésiter: "Je n'ai jamais été un artiste ou un créateur. J'ai toujours préféré la solitude".

"Être et non paraître"
Pas de grandes envolées ni de gestes inutiles, un placement exemplaire sur la ligne, un grand sens de l'anticipation, des arrêts réflexes étonnants, une prise de balle parfaite. A force d'abnégation et de travail, l’homme du nord de la botte est finalement devenu aux postes défensifs ce que Pelé est aux attaquants : une légende. Le plus marquant est sans doute son titre de champion du monde décroché à 40 ans et cinq mois en 1982 en Espagne après avoir notamment réussi une extraordinaire parade face au Brésil. "Il faut avoir du courage pour se présenter à plus de 40 ans à une Coupe du Monde. Ce n'est pas l'âge qui compte mais la qualité. C'est incroyable d’avoir réussi à arrêter ce coup de tête d'Oscar dans l'angle. Au Brésil ils s'en rappellent encore", s'émerveille encore le Président Blatter.

Zoff a toujours su se faire violence, en silence, se remettant sans cesse en cause. S’il n'a jamais été un grand bavard même, il est doté d'une force de persuasion peu commune pour faire passer ses idées. "Votre authenticité est la qualité que j'estime le plus chez vous. Être et non paraître. Dans un monde de plus en plus bruyant vous vous êtes toujours fait entendre avec des mots mesurés, équilibrés, justes. Pas besoin de hausser le ton pour se faire entendre. C'est le contenu qui est important", souligne encore le président de la FIFA. Mais si Zoff parle peu, il ne le fait jamais pour ne rien dire : "Je parle peu, il est vrai. Mais, dans ma région dans le Frioul, nous avons une sorte de pudeur dans la manière d'exprimer nos émotions".

Trente ans après sa retraite comme joueur et près de dix ans au terme d’une brillante carrière d’entraîneur et de dirigeant, Dino Zoff est toujours aussi aimé en Italie où il reste une référence. La fameuse partie de cartes dans l’avion du retour entre Madrid et Rome où il était associé au Président de la République Sandro Pertini, contre son entraîneur Enzo Bearzot et Franco Causio, la Coupe du Monde posée sur un coin de la tablette, illustre le côté rassurant d’un homme simple, correct et honnête.

Les saisons de la vie
S'il pleure toujours la mort de son ami Gaetano Scirea "avec qui un regard suffisait pour se comprendre", il se souvient avec respect du "petit café" que Giovanni Agnelli venait prendre à la mi-temps dans les vestiaires quand la Juventus jouait à domicile. "Jamais pour une interférence tactique ou technique. Juste pour un encouragement. Une présence absolument discrète", précise-t-il. Pour Zoff, "Michel Platini, Jose Altafini et Omar Sivori ont été les joueurs les plus forts" avec qui il a joué et, parmi les joueurs qu'il a dirigés, "Francesco Totti, que j'ai fait débuter en Nazionale, est un phénomène de technique et de puissance qui avait les moyens de laisser une image encore plus marquante".

Même s'il se contente désormais de regarder les matches à la télévision il regrette aujourd'hui un football où l'on "attache trop d'importance à l'aspect physique et au spectacle au détriment de la technique". Cet alerte septuagénaire entretient quotidiennement sa condition physique en se partageant entre le golf, le tennis, la piscine et la vie en famille. "La vie m'a beaucoup donné et j'ai pu exercer la profession qui me plaisait et dont je rêvais", souligne Zoff qui précise : "Je suis un paysan et les saisons de la vie doivent respecter celles de la nature".

"Indépendamment de tous les trophées que l'on peut gagner, c'est cette authenticité qui fait la différence entre un présumé champion et un vrai", conclut le Président Blatter en souhaitant "un bon anniversaire" à cette personnalité aussi attachante que discrète.

Fifa.com (27/02/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 4 Mar - 11:41

Omar SIVORI
Sivori, grande gueule et immense talent




On ne compte plus les footballeurs sud-américains qui, au cours des dernières décennies, ont traversé l'océan Atlantique pour venir briller dans les grands clubs européens. Néanmoins, il fut un temps où les portes du Vieux Continent ne leur étaient pas grand ouvertes et où l'intervention de quelques pionniers s'est avérée nécessaire. Enrique Omar Sivori, l'étincelant meneur de jeu de River Plate, a été l'un d'entre eux.

Irrévérencieux, fougueux et colérique, l'Argentin s'est signalé entre 1954 et 1968 sous le maillot de River Plate, de la Juventus et de Naples, ainsi qu'avec les sélections argentine et italienne. Avec plus de 220 réalisations en 441 matches, Sivori a émerveillé les puristes du beau jeu, qui n'oublieront jamais son incroyable culot, ses chaussettes baissées et ses esclandres sur chaque faute subie.

"La seule façon de divertir les milliers de spectateurs qui viennent assister à un match de football, c'est de se divertir soi-même. Si on ne s'amuse pas, les autres ne s'amuseront pas non plus", expliquait ce surdoué que beaucoup surnommèrent après-coup le "Maradona des années 60".

Éblouissant lors de la Copa América 1957 remportée par l'Albiceleste, Sivori disputera pourtant la seule Coupe du Monde de la FIFA™ de sa carrière, en 1962, avec la Squadra Azzurra. Sa carrière a été suffisamment extraordinaire pour lui permettre d'intégrer la prestigieuse liste FIFA des 100 plus grands joueurs de tous les temps.

Un triplé et une tribune
Né à San Nicolás, à 245 kilomètres de Buenos Aires, Sivori a façonné son style et forgé son caractère sur les terrains publics de son quartier. "Tout jeune, c'était déjà l'attraction. Tout le monde voulait le voir à l'œuvre. C'était un véritable surdoué", se souvient Angel Massimo, ancien président du Club Teatro Municipal où le Cabezón a fait ses premières armes.

Sivori ne tarde pas à intégrer les rangs de River Plate, où il effectue ses grands débuts face à Lanus, en 1954. Difficile de ne pas voir un passage de témoin lorsqu'il entre en cours de jeu à la place d'Ángel Labruna, l'une des vedettes de l'équipe. C'est grâce à ses nombreux buts et à ses actions d'éclat que les Millonarios décrochent le premier triplé de leur histoire entre 1955 et 1957. Les recettes de son juteux transfert à la Juventus permettront même à River Plate de construire la tribune manquante de l'imposant stade Monumental de Buenos Aires.

"J'avais énormément envie de venir à la Juve", reconnaîtra plus tard le numéro 10 qui, lors de sa présentation officielle, stupéfie des milliers de tifosi en effectuant quatre tours de terrain en jonglant sans faire tomber le ballon par terre. Dans les rangs de la Vieille Dame, il forme avec Giampiero Boniperti et John Charles un trio magique qui donnera au club trois Scudetti et deux Coupes d'Italie. En 1961, la presse sportive européenne salue son talent en lui décernant le Ballon d'Or.

Le Maradona des années 60
Ses buts fabuleux et son allure caractéristique le hissent au rang d'idole dans les années 1960. "C'est moi qui ai eu l'idée de descendre mes chaussettes au niveau des chevilles. C'était psychologique : je me disais qu'en voyant mes tibias, mes adversaires n'oseraient pas y aller trop fort", glisse Sivori, qui, avec son style de jeu très explosif pour l'époque, faisait souvent l'objet d'un traitement musclé de la part des défenseurs.

Sivori s'épanouit à Turin jusqu'à l'arrivée du technicien paraguayen Heriberto Herrera, qui s'en prend à lui publiquement en lui enjoignant de "tout reprendre à zéro pour jouer en équipe".

Vexé, il met le cap sur Naples, qui assistera 20 ans plus tard aux exploits de Diego Maradona. Tout comme le Pibe de Oro, Sivori devient la coqueluche de la ville et aide le Napoli à terminer deuxième du championnat pour la première fois. "Je n'oublierai jamais l'enthousiasme des Napolitains quand je suis arrivé. On n'a pas remporté le titre c'est vrai, mais on n'était vraiment pas loin", regrette-t-il.

Clin d'oeil du destin, il disputera son dernier match professionnel face à la Juve d'Heriberto Herrera, après avoir écopé d'un carton rouge pour une faute imaginaire. "L'entraîneur m'avait demandé de le marquer à la culotte pour le déconcentrer et sur l'action en question il me touche à peine", admettra quelques années plus tard Erminio Favalli, le défenseur à l'origine de l'exclusion. Suspendu pour six rencontres, Sivori fit une dernière volte-face dont il avait le secret en annonçant inopinément sa retraite.

Fifa.com (02/03/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 7 Mar - 12:12

Saint-Etienne
Les Verts, populaires et légendaires




L’AS Saint-Etienne est un club à part dans le paysage du football français. Ce sont ses victoires qui en ont écrit l’histoire, mais paradoxalement, ce sont ses échecs qui ont transformé cette histoire en légende et fait entrer les Verts dans le cœur des Français.

Dans sa galerie de clubs de légende, FIFA.com accroche aujourd’hui le portrait d’une institution qui a régné sur l’Hexagone, et qui est passée tout près d’en faire de même sur la scène européenne.

Naissance d’une institution
Dans une région industrielle et ouvrière, il n’est pas étonnant que la fondation du club trouve ses origines chez des travailleurs. En 1919, le Groupe Casino, une enseigne de grande distribution, crée une section sportive au sein de l’"Amicale des employés de la Société des magasins Casino". L’A.S.C. est née et le sport fait son entrée dans la vie des employés, comme c’est le cas à Sochaux, chez les ouvriers de Peugeot. Mais l’interdiction d’utiliser un nom commercial pour une entité sportive conduit la nouvelle équipe à changer de nom pour celui de de l’"Amicale Sporting Club", pour conserver les initiales ASC.

Les fondations sont posées, elles conduiront à la création de l’Association Sportive de Saint-Etienne en 1927 lorsque l’ASC fusionne avec Stade Forézien Universitaire. Le nom de l’entreprise n’apparaît certes plus dans celui de l’équipe, mais la chaine de magasins sera indissociable du club durant toute son histoire grâce au choix des couleurs : le vert est en en effet la couleur d’origine des magasins Casino… et celui des stores du bureau de Geoffroy Guichard, leur fondateur.

Le temps de s’assurer une certaine stabilité sportive et administrative, notamment en se dotant d’un stade, et l’ASSE se lance dans l’aventure du professionnalisme lors de la saison 1933/34 en deuxième division. Les Stéphanois y passent cinq saisons avant d’accéder enfin à l’élite.

La légende en marche
Et de quelle manière ! Lors de la dernière journée, les Verts ont besoin d’une victoire mais sont bloqués à 2:2 à la mi-temps face à Tourcoing. 45 minutes plus tard, le score est de 7:2 pour un club qui compte déjà des groupes de supporters officiels depuis 1934. Classé quatrième pour sa première saison dans l’élite, Saint-Etienne traverse sans coup dur mais sans éclat une période agitée pour le football français, marquée notamment par la seconde guerre mondiale.

Sous la houlette de son ancien joueur Jean Snella, l’ASSE décroche son premier trophée en 1955 - une modeste Coupe Charles Drago, mettant aux prises des équipes éliminées en Coupe de France avant les quarts de finale -, une mise en bouche avant la première couronne de champion de France, coiffée en 1957. C’est le début d’une longue période qui va voir Saint-Etienne dominer le football hexagonal jusqu’au début des années 80.

Au titre de 1957 s’ajoutent quatre sacres dans les années 60 (1964, 1967, 1968, 1969), quatre autres dans la décennie suivante (1970, 1974, 1975, 1976), et six Coupes de France sur la même période (1962, 1968, 1970, 1974, 1975, 1977). Cette armoire à trophées bien garnie permet au club d’entrer dans les livres d’histoire. Mais ce sont des rencontres de légendes et des aventures humaines qui font entrer les Verts dans les cœurs des supporters foréziens d’abord, puis français ensuite.

Au rayon des coups d’éclat, les Stéphanois remportent le premier de leurs quatre doublés Coupe-Championnat en 1968 sous la direction du mythique Albert Batteux, qui avait déjà écrit la légende de Reims dans les années 50, décrochent quatre titres de champion d’affilée entre 1967 et 1970, une première dans le football français, et surmontent brillamment les coups durs. Relégués en deuxième division en 1962, ils décrochent tout de même la Coupe de France avant de descendre, réintègrent l’élite un an après et sont sacrés champions de France l’année de la remontée!

Parmi les héros de cette période dorée, René Domingo dispute 537 rencontres sous le maillot vert, Salif Keita envoûte le public par ses innombrables buts, passes, dribbles et chevauchées, et Rachid Mekhloufi, Dominique Rocheteau, Jean-Michel Larqué, Hervé Revelli, Ivan Curkovic et autres Oswaldo Piazza, ou Robert Herbin sont aussi efficaces sur le terrain qu’attachants en dehors. Mais sa place dans la légende du football tricolore, l’ASSE la doit évidemment à succès, mais aussi - et peut-être surtout - à une défaite...

Irrégulier dans sas campagnes européennes depuis sa première participation en 1957, Saint-Etienne arrive enfin à enchaîner les résultats lors de la saison 1975/76, à une époque où passer un tour pour un club français relevait de l’exploit. Les Verts éliminent successivement le KB Copenhague, les Rangers, le Dynamo Kiev et le PSV Eindhoven. En finale, ils affrontent le Bayern Munich, double tenant du titre, à Glasgow. Saint-Etienne domine et touche deux fois les poteaux - devenus légendaires en France parce qu’ils étaient "carrés", alors que des poteaux "ronds" auraient peut-être vu le cuir franchir la ligne… - avant de s’incliner sur un but de Franz Roth.

Malgré la défaite, ils sont accueillis en héros à leur retour en France par le Président de la République Valéry Giscard d’Estaing, et défilent à Paris sur les Champs-Élysées devant des dizaines de milliers de Français tristes mais fiers de la performance stéphanoise. Ce sera la fin de la grande épopée des Verts, qui connaîtront une éphémère renaissance en recrutant Michel Platini en 1979, principal artisan du dernier titre de champion conquis en 1981. La suite sera une longue traversée du désert marquée par plusieurs relégations, dont certaines administratives pour des affaires extra-sportives.

Aujourd’hui
Après avoir fait plusieurs fois l’ascenseur, les Verts sont retrouvent la Ligue 1 en 2004, s’installent dans la première partie de tableau, et retrouvent même l’Europe en 2008, atteignant les huitièmes de finale de la Coupe UEFA en 2008/09.

Cette saison, sous la direction de Christophe Galtier, les Stéphanois sont à nouveau à portée des places européennes, grâce à un effectif qui mêle des habitués de la Ligue 1 et quelques joueurs prometteurs issus du centre de formation. Toujours aussi fidèle et passionné, le "peuple vert" n’attend plus que de vibrer à de nouveaux exploits nationaux et continentaux.

Le stade
Inauguré dès 1931, avant même l’acquisition du statut professionnel du club, le stade Geoffroy-Guichard est l’une des enceintes les plus bouillantes de France, ce qui lui vaut le surnom de "chaudron". S’il ne comptait qu’une tribune de 1 000 places à ses débuts, l’antre des Verts a subi plusieurs rénovations dans son histoire, la dernière à l’occasion de la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998, qui a porté sa capacité à 35 616 places. Il en accueillera 5 000 de plus lors de l’UEFA EURO 2016 et abritera un musée consacré à la riche histoire du club.

La plus grande affluence date de mai 1985, lors de la réception de Lille en quart de finale de la Coupe de France. Ce jour-là, avant que les places assises ne soient obligatoires dans tout le stade, 47 747 supporters avaient fait bouillir le Chaudron.

Fifa.com (07/03/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 9 Mar - 21:31

COLUNA : grand monsieur du Benfica



Alto-Mahé est un quartier de Maputo, capitale du Mozambique, anciennement connu sous le nom de Lourenço Marques. Quartier pas comme les autres, il a le don de produire de très grands noms du football comme Matateu, Vicente et Hilário. C'est là également qu'est né Mário Esteves Coluna, l'un des plus grands footballeurs lusitaniens de tous les temps.

Né d'un père portugais et d'une mère mozambicaine, le jeune Mário ne tarde pas à montrer des qualités physiques remarquables et des aptitudes certaines pour le ballon rond. Sur le plan physique, le fait de grimper quotidiennement aux arbres pour y attraper des mangues ou des noix de cajou, et ce malgré les réprimandes d'un papa gardien de but au Desportivo de Lourenço Marques, a sans doute constitué une bonne formation.

C'est au Desportivo précisément que Coluna débute sérieusement dans le sport. Après s'être essayé au basket-ball, il se tourne vers l'athlétisme, où il excelle, au point de battre le record national du saut en hauteur. Pas maladroit balle au pied, il attire l'attention des grands clubs portugais dès son adolescence. Lors d'un voyage du Desportivo en Afrique du Sud, il ne peut pas jouer en raison des lois d'apartheid. Mais lorsque les Sud-Africains se déplacent au Mozambique, Coluna prend sa revanche en marquant la totalité des sept buts qui offrent la victoire à son équipe. Le tout à17 ans seulement...

Peu de temps après cette performance épique, il reçoit une offre du FC Porto. Le Sporting propose immédiatement le double mais le Desportivo de Lourenço Marques étant lié à Benfica, c'est vers le grand club lisboète que se dirige finalement le jeune prodige.

Reculer pour mieux avancer
En 1954, à l'âge de 19 ans, il arrive à Lisbonne au terme d'un incroyable voyage de 34 heures et se retrouve à la "Lar do Jogador", sorte de pension mise par le Benfica à la disposition des joueurs qui n'ont pas leur propre maison. Coluna découvre la vie de jeune expatrié.

Malgré sa réputation précoce, le jeune homme met du temps à convaincre l'entraîneur de l'époque chez les Aigles, Otto Glória. D'autant plus qu'au poste d'avant-centre, José Águas fait des merveilles. L'entraîneur brésilien, qui a remarqué les qualités de passeur du nouveau venu, décide de le faire reculer d'un cran et de l'utiliser au poste de milieu de terrain. Pari gagnant.

Coluna fait ses grands débuts sous le maillot encarnado à l'occasion d'un match amical contre le FC Porto, prélude traditionnel au coup d'envoi du championnat du Portugal. S'il ne trouve pas le chemin des filets contre le grand rival, il le fait dès la partie suivante contre Setúbal en marquant deux des cinq buts de son équipe (5:0). Ce doublé donnera le coup d'envoi d'une très longue série. Au cours des 16 saisons qu'il passera à Benfica, Coluna inscrira 150 buts officiels en 677 matches disputés.

Si les chiffres ne disent pas tout, les titres racontent avec éloquence l'importance de Coluna pendant une décennie et demie à Benfica. Jusqu'en 1954/55, c'est l'autre grand club de Lisbonne, le Sporting, qui régnait sur le football portugais. Pendant les 16 années qui ont suivi l'arrivée de Coluna à Benfica, les Aigles ont régné non seulement sur le football national mais également sur la scène continentale, accrochant à leur tableau de chasse dix titres de champion du Portugal, six Coupes du Portugal et deux Coupes d'Europe des Clubs Champions, la première en 1960/61, où il est buteur face à Barcelone.

Coluna, Monsieur Coluna
Fin 1960, débarque à Lisbonne en provenance du Mozambique un autre jeune espoir, né lui aussi à Lourenço Marques. Il répond au nom d'Eusébio da Silva Ferreira et possède dans ses valises une lettre à l'attention de Coluna. En réalité, les familles de Coluna et d'Eusébio se connaissaient à Lourenço Marques. C'est donc tout naturellement que la maman de la future Panthère noire avait pris la plume pour demander à Colina de s'occuper de son fiston dès l'arrivée de ce dernier en terre lusitanienne.

Coluna se charge d'ouvrir un compte en banque pour Eusébio et gère ses finances jusqu'à ce que l'adolescent atteigne l'âge adulte. Cette solidarité admirable sera encore plus efficace sur le terrain où côte à côte, les deux hommes contribuent largement à offrir à Benfica un deuxième titre européen d'affilée. En 1961/62, la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions oppose Benfica au Real Madrid.

À la pause, les Espagnols mènent 3:2, grâce à un triplé de Ferenc Puskás. La deuxième période verra à l'œuvre une véritable tornade rouge. Coluna sonne la charge en marquant un but. Eusébio fait le reste. À la 62ème minute, l'arbitre accorde un penalty à Benfica. Coluna se prépare à convertir la sentence quand il entend une petite voix à côté de lui. C'est celle d'Eusébio : "Monsieur Coluna, je peux le tirer ?" Coluna accepte, la Perle noire donne l'avantage aux Portugais (4:3) et se charge ensuite de sceller les débats : 5:3 pour Benfica.

À l'issue de cette finale disputée à Amsterdam, le jeune Eusébio sollicite une deuxième faveur de la part de "monsieur" Coluna. Timide de nature, il n'ose pas demander le maillot à son idole de toujours, Alfredo Dí Stefano. C'est donc Coluna qui se dirige vers l'Hispano-Argentin pour échanger son maillot avec celui du génie madrilène. Eusébio a toujours dit que cette tunique blanche était l'un des plus grands trophées de sa carrière de footballeur.

Après l'Europe, le monde
Cette équipe de Benfica double championne d'Europe et qui perdra ses trois prochaines finales de Coupe d'Europe, toujours avec Coluna comme capitaine, a fourni la colonne vertébrale de la sélection portugaise qui a brillé à la Coupe du Monde de la FIFA, Angleterre 1966™. Le capitaine lusitanien Germano s'étant blessé dès le premier match du tournoi, le brassard est confié à Coluna. Sur les terres britanniques, il brille de tout son éclat et aide son coéquipier Eusébio à devenir le meilleur buteur de la compétition, le Portugal terminant troisième, ce qui reste son meilleur classement de tous les temps dans l'épreuve suprême.

Après l'épopée anglaise, Coluna réalise trois nouvelles saisons avec Benfica, jusqu'en 1969/70, après quoi il prend la direction de l'Olympique Lyonnais. Il reviendra brièvement à l'Estádio da Luz en décembre 1970 pour un jubilé contre une sélection mondiale comportant dans ses rangs notamment Johan Cruyff et Bobby Moore. À cette occasion, il joue 15 minutes, avant de sortir sous une énorme ovation. Il devait ensuite jouer quelques minutes pour le onze mondial, mais a refusé, car il ne voulait pas affronter le club de son cœur.

Les supporters de Benfica l'appelaient le Monstre sacré, les Brésiliens le Didi européen et son coéquipier Eusébio tout simplement Senhor Coluna. Un grand monsieur à tous points de vue

Fifa.com (09/03/2012)

=============

Né le : 6 août 1935
Lieu de naissance : Inhaca, Maputo (Mozambique)
Poste : milieu de terrain

Clubs :
Desportivo Lourenço Marques (1951-54), Benfica (1954-1970), Olympique lyonnais (1970-71), Estrela de Portalegre (entraîneur-joueur, 1971/72)

Equipe nationale : 57 sélection (8 buts)

Palmarès :
* 2 Coupes d’Europe des Clubs Champions (1961, 1962)
* 10 Championnats du Portugal (1955, 1957, 1960, 1961, 1963, 1964, 1965, 1967, 1968, 1969)
* 6 Coupes du Portugal (1955, 1957, 1959, 1962, 1964, 1969 )
* Troisième de la Coupe du Monde de la FIFA (1966)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 28 Mar - 15:23

Valentino MAZZOLA
Mazzola, l'âme du grand Torino




En sept petites saisons et douze sélections, Valentino Mazzola a rejoint au panthéon des meilleurs footballeurs italiens les légendaires Giuseppe Meazza ou Silvio Piola. Son mérite est d'autant plus grand qu'en raison de la guerre et de ses retombées, il n'a jamais eu l'occasion de disputer une Coupe du Monde de la FIFA.

Valentino Mazzola, capitaine de la grande équipe du Torino premier pourvoyeur de la Nazionale, c'était le talent à l'état pur. Il rayonnait sur un terrain où il pouvait occuper tous les postes avec la même efficacité. "Si je devais choisir un joueur indispensable pour mon équipe je ne choisirai ni Pelé, ni Di Stefano, ni Cruyff, ni Platini, ni Maradona ou, plutôt, je me tournerai vers ces joueurs après avoir choisi Mazzola", estime l'ancien président de la Juventus de Turin Giampiero Boniperti.

Mais neuf ans avant le grand Manchester United, qui allait perdre huit joueurs dans le crash aérien de Munich le 6 février 1958, le Torino et sa dizaine d'internationaux disparaissaient dans la catastrophe de Superga, le 4 mai 1949. Foudroyé en pleine gloire, Valentino Mazzola est ainsi entré dans la légende du football, et son fils Alessandro a su perpétuer son nom avec brio.

Une longue route
D'origine modeste et orphelin de père très jeune, Valentino a du abandonner l'école à l'âge de 11 ans pour travailler comme mitron, avant d'entrer à l'usine trois ans plus tard. A l'époque, son seul contact avec le football était le trajet aller-retour entre son domicile et l'usine qu'il effectuait invariablement en jonglant avec une boîte de lait. Un peu plus tard, il va quand même trouver le temps de jouer avec la Tresoldi, la modeste équipe de son quartier. A l'âge de 18 ans, il est remarqué par un de ses voisins qui réussit à le faire engager comme mécanicien dans les établissements Alfa Romeo d'Arese, ce qui lui permet de faire ses débuts en troisième division avec l'équipe de l'usine.

Au bout d'un an, il doit partir faire son service militaire. Une nouvelle fois le destin va lui donner un coup de pouce. Selon la petite histoire, il est repéré par un officier, tifoso de Venise, lors d'une de ses prestations comme avant centre dans l'équipe des commandos de marine. Recommandé par l'officier, il se présente à Venise les pieds nus pour passer un test, préférant laisser ses chaussures chez lui pour ne pas les user.

Son futur entraîneur Giuseppe Girani tombe sous le charme. C'est enfin le déclic. Valentino Mazzola signe le 1er janvier 1940 son premier contrat de footballeur, et fait ses débuts en Serie A le 31 mars 1940 contre la Lazio (0:1). Le meneur d'hommes va rapidement porter l'équipe à bout de bras. Pourtant, à première vue, Mazzola n'était pas physiquement impressionnant. Mais une fois sur la pelouse, il était omniprésent aux quatre coins du terrain, capable de jaillir comme un sprinteur tout en faisant preuve d'une résistance digne d'un coureur de fond. Très utile en défense avec ses tacles millimétrés, il pouvait évoluer avec la même efficacité au milieu de terrain. Il est lui souvent arrivé de changer trois fois de poste au cours d'une seule rencontre. Au fil des semaines, il va finalement se stabiliser à un poste de milieu offensif gauche avec son complice Ezio Loik sur la droite.

La gloire
En juillet 1942, il rejoint le Torino pour la somme record à l'époque d'un million deux cent cinquante mille lires (l'équivalent de 750 euros). Le président Ferruccio Novo, qui a également fait signer Ezio Loik, ne sait pas alors qu'il vient de réaliser l'affaire de sa vie. La complicité entre les deux hommes va être totale, à tel point que Mazzola va donner le prénom du président à son second fils. Dès la première année, le Torino devient la première équipe a réussir le doublé Coupe-Championnat. Mazzola dispute toutes les rencontres, et le Torino inflige des corrections à tout le monde, de la Juve (5:1) à Milan (5:0) en passant par Venise (4:0).

Les Grenats vont régner sans partage sur le calcio de 1942 à 1949, et même en Europe où ils participent à de nombreux matches amicaux, les diverses coupes européennes n'existant pas encore. Mazzola semble même se bonifier au fil des saisons, remportant même le titre de meilleur buteur en 1947, avec 29 réalisations en 38 matches. "Il gagnait le double de ses équipiers parce que c'étaient eux qui le voulaient ainsi", expliquait le président Novo. En fait, loin d'être un artiste faisant se pâmer les spectateurs devant un détail technique, Mazzola était avant tout un travailleur infatigable qui parcourait un incroyable terrain à chaque match, donnant l'exemple à ses coéquipiers obligés de le suivre dans ses marathons.

La Nazionale
En raison de la guerre et de son décès accidentel, Valentino Mazzola a dû se contenter d'une douzaine de matches amicaux pour meubler son palmarès international. Appelé pour la première fois contre la Croatie (4:0) le 5 avril 1942, il inscrit son premier but sous le maillot azzurro deux semaines plus tard contre l'Espagne (4:0). Il va ensuite devoir attendre trois ans et demi pour retrouver la Nazionale, la guerre battant alors son plein.

Finalement, de l'avis unanime de tous les observateurs de l'époque, c'est sa dernière sélection, le 27 mars 1949 à Madrid une nouvelle fois contre l'Espagne (3:1), que Mazzola réalise son meilleur match, à la hauteur de ses prestations avec le Torino. Son bilan est modeste (12 matches, 9 victoires, un nul et deux défaites pour quatre buts), mais il ne reflète absolument pas son talent.

Superga
Quelques mois plus tard, le 3 mai, Mazzola, souffrant d'une angine, ne devait en principe pas aller disputer un match amical à Lisbonne avec le Torino contre Benfica. Il a insisté pour y aller, ce match étant organisé en hommage à son ami Francisco Ferreira. Mais la mort l'attendait sous le chemin du retour.

Le trimoteur Fiat G.212 qui transportait 31 personnes entre les joueurs, les dirigeants et les journalistes allait s'écraser contre le mur de la Basilique de Superga. Il n'y avait aucun survivant. Avec Mazzola, c'était également le grand Torino qui disparaissait. Le 6 mai 1949, un demi-million de personnes assistaient aux funérailles, et le Torino était sacré champion d'Italie à quatre journées de la fin sur proposition des clubs de Serie A.

Né le : 26 janvier 1919
Lieu de naissance : Cassano d'Adda (Lombardie, Italie)
Décédé : le 4 mai 1949 dans la catastrophe de Superga
Poste : Ailier gauche

Clubs : Alfa Romeo (Serie C, 1938-1939), Venise (1939-1942), Torino (1942-1949)

Equipe nationale : 12 matches (4 buts)

Palmarès :
* 5 Championnats d'Italie 1942-1943, 1945-1946, 1946-1947, 1947-1948 et 1948-1949.
* 2 Coupes d'Italie (1941 et 1943)
* Meilleur buteur de la Serie A 1946-1947 (29 buts)

Fifa.com (28/03/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 1 Avr - 9:46

Heleno, talent insolent et éloquent



La facilité qu'avait le Brésilien Heleno de Freitas pour marquer des buts n'avait d'égale que son talent pour déstabiliser tous les protagonistes des matches auxquels il participait, adversaires, partenaires, arbitres et spectateurs. L'un des avants-centres les plus talentueux de l'histoire du football mondial était aussi l'une de ses figures les plus polémiques.

"Heleno de Freitas, comme joueur de football, alterne le meilleur et le pire. Ce qui ne change pas en revanche, c'est qu'il est un bouc émissaire permanent sur un terrain quand on a envie de dire du mal de quelqu'un." Ces mots sont ceux d'un jeune journaliste colombien qui recevra quelques décennies plus tard le Prix Nobel de littérature. Gabriel Garcia Márquez avait suivi pendant six mois le phénomène brésilien, lorsque ce dernier portait les couleurs de Junior, le grand club de Barranquilla.

À ce stade de sa carrière, Heleno de Freitas avait effectivement perdu de la régularité avec laquelle il avait enchanté les supporters de Botafogo dans les années 1940. Mais il avait de beaux restes, suffisamment en tout cas pour aider son équipe à tenir tête à celle d'un Alfredo di Stéfano, et il n'avait rien perdu de son tempérament explosif qui faisait de lui un véritable personnage de cinéma. C'est précisément pour cette raison que certains le surnommaient "Gilda", en référence au personnage interprété par la belle actrice américaine Rita Hayworth dans le film éponyme. Ce surnom valait autant pour la vanité sans bornes du joueur, que pour sa propension à répondre à la provocation. Dans le long-métrage qui retrace la vie du joueur et qui sort ce vendredi sur les écrans brésiliens, la légende irascible du football brésilien est toutefois désignée par le nom d'Heleno.

Avant-centre surdoué… et diplômé
Né à São João de Nepomuceno, dans l'État des Minas Gerais, Heleno de Freitas était issu d'une famille aisée. Très tôt, il impressionne ses voisins plus par ses arguments pertinents dans les discussions entre adultes que par son talent balle au pied. À l'âge de huit ans, il rêve de devenir avocat.

Une fois obtenu son diplôme de droit à l'université de Rio de Janeiro, il ne résiste pas à sa passion grandissante pour le football et s'engage avec Botafogo. Dans un emploi du temps chargé à l'extrême, il trouve encore le temps de prendre part à ces dizaines de tournois de foot permanents qui font rage sur les plages de Copacabana. Le matin, il tape dans le ballon sur le sable, l'après-midi avec ses coéquipiers de Botafogo et le soir, il goûte à la bohème carioca dans les salles de danse.

Football de plage, championnat de l'État de Rio de Janeiro, sorties nocturnes : Heleno mélange les genres, mais pas les traits de caractère. Ses deux principales caractéristiques sont un perfectionnisme infini et une soif de victoire qui confine à l'obsession. Le revers de la médaille, c'est une franchise et une virulence certaines envers le corps arbitral, même quand il est capitaine de l'équipe.

Le fougueux avant-centre avait débuté dans le football au poste de milieu de terrain. Son insolence, sur la pelouse comme en dehors, prend parfois la couleur de la paranoïa. Sur une passe un peu trop appuyée d'un coéquipier, il peut s'emporter contre ce dernier en l'accusant d'avoir voulu lui casser la jambe… ou la tête. Peu importe l'auteur de la passe, même s'il s'agit Ademir de Menezes, avec qui il a joué au Vasco en 1949 et qu'il a pris en grippe dès le premier entraînement. "Il ne faisait jamais l'effort de récupérer le ballon tout seul. Mais quand vous lui passiez le ballon, il y avait toujours un problème. Il faisait des remontrances du genre : 'Pas la peine de me passer le ballon si c'est pour me le donner dans ces conditions. Tu ferais mieux de travailler tes passes'", se souvient celui qui, l'année d'après, obtiendra le Soulier d'Or à la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 1950™. "Heleno était un sadique", dira beaucoup plus laconiquement Otávio, son partenaire d'attaque à Botafogo.

Les privilèges du génie
À Botafogo où il joue 235 matches entre 1939 et 1948, avec un bilan de 206 buts marqués, Heleno jouit de nombreux privilèges. Ses amendes pour rixe ou absence à l'entraînement après nuit blanche sont payées par le club. Sans lui, c'est tout Botafogo qui souffre. "Nous lui passions absolument tous ses écarts, car nous avions besoin de lui pour gagner", se remémore Otávio.

"Heleno venait chercher le ballon très bas et était toujours en bonne position pour le recevoir. Il savait très bien distribuer le jeu. Il était très fort, dos au but, pour se retourner et marquer. Il avait un style unique. Je ne me souviens pas d'un seul autre joueur comme lui dans les années 1940", se souvient Geninho, milieu de terrain à Botafogo et l'un des rares à ne jamais subir les foudres d'Heleno.

"Il aurait gagné des millions s'il était apparu plus tard. À l'époque, il n'y avait pas la télé pour populariser et valoriser les stars du football. Il n'y avait que la radio. Dans les interviews, les commentateurs avaient souvent affaire à des joueurs pas toujours bien alphabétisés. Heleno de Freitas, lui, savait argumenter de façon très approfondie pour analyser un match, critiquer un arbitre ou faire comprendre qu'il pensait que tel ou tel joueur était bon à rien", poursuit Geninho, devenu entraîneur après avoir raccroché les crampons.

Malgré son identification au club, Heleno n'a jamais été champion avec Botafogo, dont le chemin à cette époque-là était toujours barré par les deux principaux concurrents du club à Rio de Janeiro. Le Fogão remporte finalement son seul trophée de la décennie juste après le transfert de son idole à Boca Juniors. En Argentine, Heleno gagne des titres, mais ses performances sur le terrain sont irrégulières et au final, il n'aura pas honoré les espoirs placés en lui. À son retour à Rio de Janeiro en 1949, il signe au Vasco de Gama et, ironie de l'histoire, gagne son premier et seul titre carioca.

25 minutes au Maracanã
Révélé dans la période sombre de la Deuxième Guerre mondiale, Heleno a représenté son pays principalement contre des adversaires continentaux. En Seleção, il marque 14 buts en 18 apparitions et ne dispute aucune Coupe du Monde de la FIFA™. Sa seule occasion a été à Brésil 1950, mais il avait déjà 30 ans et avait perdu de son lustre. En outre, le Brésil à cette époque est entraîné par Flávio Costa, l'entraîneur même qui, au Vasco, ne tolérait pas les écarts de comportement d'Heleno et lui a montré la voie de la sortie après le titre de champion carioca.

Toujours sous contrat avec le Vasco mais devenu persona non grata au club, Heleno emmène son talent et sa colère à l'América, dans le championnat de Colombie, où il affrontera notamment les légendes argentines Di Stéfano, Néstor Rossi et Julio Cozzi. Son équipe fera match nul contre les Millonarios.

À son retour au pays, Heleno pense pouvoir obtenir une deuxième chance avec le Vasco. En vain. Pendant plus d'un an, il ne joue plus au football et profite de la vie sociale de Rio de Janeiro. L'América fait de nouveau appel à lui en 1951, mais le joueur est alors atteint de syphilis. Il ne disputera qu'un match pour son ancien club. Le 4 novembre, il est exclu au bout de 25 minutes contre le modeste club carioca de São Cristóvão, l'adversaire même contre qui il avait disputé son premier match avec Botafogo. Le match se déroule au Maracanã. Ces 25 minutes constitueront finalement le seul temps de jeu d'Heleno dans l'enceinte mythique. Pourtant protégé par une famille chaleureuse et unie, il décédera dans un sanatorium à l'âge de 39 ans.

Pour faire honneur à sa mémoire, tournons-nous une dernière fois vers Garcia Márquez. Après son premier match décevant avec Barranquilla, Heleno voit les supporters s'impatienter. Il met les choses au point dès sa deuxième prestation. "Balle au pied, l'avocat Heleno nous a récité des tirades qui n'ont rien à envier aux plus beaux textes portugais ou espagnols. Par la pureté de leur style, elles rappellent les meilleures citations de Justinien en latin." Sur le terrain, Heleno n'était pas avare de jurons. Mais balle au pied, il a été l'un des grands auteurs de l'histoire du football.

Fifa.com (30/03/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 4 Avr - 11:53

RONALDO
Ronaldo, phénoménal et éternel




Pasadena, États-Unis, année 1994. Après 120 minutes de tension suivies d'une insoutenable série de tirs au but, les Brésiliens soulèvent la Coupe du Monde de la FIFA™ pour la première fois depuis 24 ans. En guise de célébration, les joueurs de la Seleção courent dans tous les sens, avec à la main des banderoles et autres drapeaux, l'un d'entre eux rendant hommage au pilote Ayrton Senna, décédé quelques semaines plus tôt. Le trophée tant convoité passe lui aussi de main en main. Romário, héros du tournoi, est à peine visible tant il attire les photographes et les caméras, au même titre d'ailleurs que le capitaine Dunga et le gardien de but Taffarel.

Au milieu de cette fête, il y a aussi un gamin de 17 ans avec un sourire radieux sur le visage. Comme les autres, il vient d'être couronné champion du monde. En revanche, contrairement à la plupart de ses coéquipiers, il est inconnu du grand public. Il est également loin de se douter que les portes de l'une des plus grandes carrières de l'histoire du football sont en train de s'ouvrir pour lui. Une carrière parfois douloureuse, mais dans l'ensemble fantastique, pour ne pas dire... phénoménale.

Quand Ronaldo Luís Nazário de Lima a annoncé sa retraite en 2011, son âge était pratiquement le double de celui qu'il avait ce jour ensoleillé en Californie, lorsque le Brésil a remporté sa quatrième Coupe du Monde de la FIFA™. Dans l'intervalle, il a réussi à devenir le meilleur buteur de l'histoire de la compétition suprême. Il a marqué son époque et fait plus que le nécessaire pour entrer dans le panthéon des légendes du football mondial.

Un phénomène mondial
Enfant d'une mondialisation qui n'a pas épargné le football, Ronaldo a eu un privilège inaccessible à ses prédécesseurs : non seulement la grande majorité de ses buts ont été filmés par les caméras, mais en plus les fans ont pu assister à ses exploits en direct sur le petit écran. C'est ainsi que l'on peut revoir à l'envi son incroyable slalom contre Compostelle, le 11 octobre 1996 précisément, dans le championnat d'Espagne. Il reçoit le ballon sur le côté gauche du terrain, à hauteur de la ligne médiane, et se lance dans une course au terme de laquelle, après avoir éliminé plusieurs défenseurs, certains même deux fois, il vient battre le gardien dans la surface.

Il est plus difficile en revanche de trouver des images de ses premiers pas dans le football brésilien, lorsqu'il était avant-centre dans le modeste club carioca de São Cristóvão. Il signe son premier contrat professionnel à l'âge de 16 ans, avec Cruzeiro. C'est à Belo Horizonte qu'il tape dans l'œil des recruteurs du PSV Eindhoven, peu de temps avant la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™. Après les Pays-Bas, il prend la direction de l'Espagne, au FC Barcelone.

A Cruzeiro et à Eindhoven, Ronaldo tourne à un but par match environ. On se dit qu'au Barça, il aura du mal à soutenir la cadence. On a tort. Il poursuit au même rythme, ce qui lui vaut d'être élu en 1996 Joueur Mondial de la FIFA. C'est en Catalogne également qu'il gagne un surnom qui ne le quittera plus : O Fenômeno. Ses relations avec le FC Barcelone sont parfois tumultueuses. Son départ pour l'Inter Milan n'est donc pas une grande surprise. En 1997, il reçoit son deuxième trophée de Joueur Mondial de la FIFA et remporte sa première grande compétition internationale en club, la Coupe UEFA.

À 21 ans, Ronaldo arrive à la Coupe du Monde de la FIFA, France 1998™ avec comme seul objectif de soulever le trophée doré. Il marque ses quatre premiers buts dans la compétition, sur les 15 qu'il réussira au total dans les trois éditions de l'épreuve suprême du football mondial auxquelles il prendra part. Cette année-là en France, le Brésil atteint la finale, mais le jour de l'ultime revue, Ronaldo est pris d'un malaise. Il se rétablit et prend part au match, mais n'est pas suffisamment remis pour bousculer des Tricolores emmenés par un Zinedine Zidane au sommet de son art.

Ronaldo, de son côté, vient de connaître le premier d'une longue série de problèmes physiques qui lui laisseront peu de répit au cours des années suivantes. Il sera notamment victime de deux ruptures des ligaments croisés du genou, la deuxième d'entre elles en Coupe d'Italie contre la Lazio et dont les douloureuses images sont difficiles à oublier.

La consécration
Après son opération, Ronaldo reste 15 mois sans fouler les terrains. Il revient en 2001 et à force de dévouement, parvient à se rétablir de façon suffisamment satisfaisante pour faire partie des 23 Brésiliens retenus pour la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™. Aux côtés des Ronaldinho et autres Rivaldo, Ronaldo inscrit huit buts dans le tournoi et le Brésil, avec sept victoires en autant de matches disputés, accroche une cinquième étoile à son maillot jaune. O Fenômeno, de son côté, reçoit le prix du Joueur Mondial de la FIFA pour la troisième fois.

À 26 ans, il tente de relever un nouveau défi en signant au Real Madrid. Le fait d'avoir joué pendant cinq ans chez le rival barcelonais ne fait qu'ajouter à sa motivation. Avec Roberto Carlos, Zidane, Raúl, Luis Figo et autres stars, il contribue largement à former la fameuse équipe madrilène connue sous le nom de Galactiques. En 2006, il dispute sa dernière Coupe du Monde de la FIFA™. Le Brésil échoue en quart de finale, une nouvelle fois contre les Bleus de Zidane.

Après un rapide passage par l'AC Milan, principalement marqué par une nouvelle blessure grave, il décide de revenir au Brésil. Il travaille d'arrache-pied pour accélérer sa convalescence et réussit une nouvelle fois à revenir, cette fois pour le compte des Corinthians. Il ajoutera encore quelques dizaines de buts à son compteur personnel ainsi que des trophées pour la vitrine du Timão.

La saison suivante, sa condition physique ne lui permet pas de poursuivre au plus haut niveau. En février 2011, il jette l'éponge. Tout phénomène a ses limites. "Mon corps ne suit plus", expliquera Ronaldo, qui ajoute en guise d'au revoir : "Ma carrière a été pleine de joie, de beauté et de victoires. Les coups durs ont été nombreux, mais les victoires infinies".

<><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><>

Né le : 22 septembre 1976
Lieu de naissance : Rio de Janeiro (Brésil)
Poste : attaquant

Clubs : Cruzeiro (1993-1994), PSV Eindhoven (1994-1996), FC Barcelone (1996-1997), Inter Milan (1997-2002), Real Madrid (2002-2007), AC Milan (2007-2008), Corinthians (2009-2011)

Equipe nationale : 98 sélections (62 buts)

Palmarès :
* 2 Coupes du Monde de la FIFA (1994, 2002)
* 3 Titres de Joueur Mondial de la FIFA (1996, 1997, 2002)
* 1 Coupe des Confédérations de la FIFA (1997)
* 2 Copas Américas (1997, 1999)
* 1 Coupe Intercontinentale (2002)
* 1 Coupe UEFA (1998)
* 2 Championnats d'Espagne (2003, 2007)
* 2 Coupes du Brésil (1993, 2009)
* 1 Coupe d'Espagne (1997)
* 1 Coupe des Pays-Bas (1996)

Fifa.com (04/04/2012)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 18 Avr - 13:41

Wolfgang OVERATH
Overath, l'excellence de Cologne




Santos a Pelé, Hambourg a Uwe Seeler, la Juventus a Alessandro del Piero et le FC Cologne a Wolfgang Overath. Outre leur talent exceptionnel, tous ces joueurs ont réalisé l'essentiel de leur carrière dans un seul et même club.

Dans les années 60 et 70, Overath a écrit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire du football allemand. Longtemps considéré comme le meilleur à son poste, le milieu de terrain s'est imposé comme l'icône de toute une génération outre-Rhin.

La passion d'Overath pour le football débute en 1953, un an avant le triomphe de la RFA en finale de la Coupe du Monde de la FIFA™. À l'âge de dix ans, il rejoint donc son club local, le Siegburger SV 04. Neuf ans plus tard, il effectue ses grands débuts parmi l'élite, sous les couleurs d'un FC Cologne fraîchement couronné champion d'Allemagne.

"En 1963, à l'époque de la fondation de la Bundesliga, le FC Cologne était aussi populaire que le Bayern Munich aujourd'hui. La plupart des autres clubs n'en étaient alors qu'à leurs balbutiements. Nous, nous étions déjà installés au Geißbockheim", raconte Overath. Dès sa première saison, il s'impose comme l'un des grands artisans du sacre des Geißböcke, aux côtés de Hans Schäfer. Par la suite, le FC Cologne ajoute deux Coupes d'Allemagne en 1968 et 1977 à son palmarès. Pendant près de 15 ans, ce brillant technicien impose sa finesse et son élégance dans l'entrejeu. Après le départ du champion du monde Hans Schäfer, il devient l'âme du club rhénan. Malgré de nombreuses offres émanant de clubs allemands et étrangers, Overath restera fidèle à son équipe de cœur tout au long de sa carrière.

Overath-Netzer, duo d'enfer
Bien entendu, l'équipe nationale profite également de ses talents. Le jeune prodige fait ses débuts en sélection à l'âge de 20 ans et s'impose immédiatement comme un titulaire indiscutable. Pendant les années 70, il forme avec Günter Netzer l'un des meilleurs duos de toute l'histoire du football allemand. Ces deux artistes étaient capables d'effectuer des ouvertures sur plus de 50 mètres, de contrôler tous les ballons avec une précision diabolique ou encore de donner le tournis aux défenseurs adverses.

Celui que l'on surnomme le Numéro 10 par excellence ne se contente pas de disputer les Coupes du Monde de la FIFA™ 1966, 1970 et 1974, il prend également part à l'intégralité des matches de son équipe. Son bilan dans cette compétition parle de lui-même : 15 victoires, un nul et trois défaites. Au cours de cette période, la RFA a récolté un titre de champion du monde en 1974, une deuxième place en 1966 et une troisième place en 1970.

Overath atteint le sommet de son art lors de la phase finale organisée au Mexique. Impressionnant tout au long de la compétition, le meneur de jeu se paye le luxe d'inscrire le but victorieux contre l'Uruguay (1:0) dans le match pour la troisième place. "Overath possède la grâce d'une danseuse étoile, l'endurance d'un cosmonaute, l'intelligence d'Einstein et toutes les qualités de footballeur d'un Wolfgang Overath, ce qui n'est pas peu dire", s'enthousiasme alors un journal brésilien.

À titre personnel, Overath conserve effectivement un excellent souvenir de ce tournoi. "En ce qui me concerne, Mexique 1970 reste la meilleure Coupe du Monde de tous les temps. Je la préfère à l'édition 1974, même si nous avons été sacrés devant nos supporters. Quelques grands noms du football mondial comme Pelé ou Bobby Charlton étaient présentes au Mexique. En outre, la qualité de jeu et l'ambiance fantastique qui régnait dans les stades m'ont laissé un souvenir impérissable", confie Overath.

L'international allemand connaît pourtant l'apogée de sa carrière quatre ans plus tard, en remportant l'épreuve suprême sur ses terres. Après 81 sélections et 17 buts, Overath fait ses adieux à la sélection nationale à l'issue de la finale remportée devant les Pays-Bas au Stade Olympique de Munich.

Au service des autres
En 1977, à l'âge de 33 ans, il met un terme définitif à sa carrière après une querelle avec son entraîneur, Hennes Weisweiler. "Je vois ça de manière positive. À l'époque, j'aurais sans doute eu du mal à prendre cette décision. Weisweiler était l'un des plus grands techniciens de sa génération. Son seul défaut était peut-être de ne pas savoir gérer les joueurs de caractère", se souvient-il sans amertume de cette fin précipitée.

Ce divorce ne l'empêche pas de rester une légende vivante aux yeux des supporters de "son" FC Cologne, dont il a porté le maillot à 536 reprises, inscrivant au passage 117 buts. "Cologne restera toujours mon club de cœur. Je suis toujours prêt à donner de mon temps au club, afin de lui rendre un peu de ce qu'il m'a donné."

Depuis quelques années, l'ex-meneur de jeu se distingue par sa générosité et son engagement social. En 1994, il crée le Fonds Overath, destiné à offrir une aide aux personnes victimes de catastrophes sociales qui n'ont plus de recours légal. Parallèlement, il organise de nombreux matches de bienfaisance. "Quand j'étais jeune, je me suis battu pour obtenir une certaine aisance financière. Arrivé à la quarantaine, j'ai pensé que la vie ne pouvait pas se résumer à cela. Alors, j'ai commencé à me mettre au service des autres", raconte l'ancienne gloire de la Nationalmannschaft. "On n'imagine pas à quel point il peut être gratifiant d'aider une personne dans le besoin. Franchement, je regrette de ne pas avoir commencé beaucoup plus tôt."

Son attitude exemplaire lui a valu d'être nommé citoyen d'honneur de la ville de Siegburg et de recevoir l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne en 2008. Pourtant, ses nombreuses réussites sur et en dehors du terrain ne lui ont jamais fait oublier l'essentiel : "Pour moi, la famille passe toujours avant tout. Toujours".

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Né le : 29 septembre 1943
Lieu de naissance : Siegburg (Allemagne)
Poste : Milieu de terrain

Club : FC Cologne (1963-1977)
Equipe nationale : 81 sélections (17 buts)

Palmarès :
* 1 Coupe du Monde de la FIFA (1974)
* 1 Finale de Coupe du Monde de la FIFA (1966)
* 1 Troisième place en Coupe du Monde de la FIFA (1970)
* 1 Championnat d'Allemagne (1964)
* 2 Coupes d'Allemagne (1968, 1977)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 11 Mai - 13:09

JAIRZINHO
Jairzinho, un ouragan sur un nuage




La Coupe du Monde de la FIFA™ a une telle importance pour tous les amoureux de football qu'une unique participation à l'épreuve mythique peut figer pour l'éternité leur perception d'un joueur. Pour le meilleur, pour le pire, ou pour autre chose, comme dans le cas de Jair Ventura Filho.

À la question de savoir qui est Jairzinho, les réponses sont invariablement : la Furacão da Copa de 70, l'ouragan de la Coupe de 70, son surnom. L'un des meilleurs ailiers droits de tous les temps. Ou encore le seul joueur dans l'histoire du football à avoir marqué dans tous les matches de son équipe dans une Coupe du Monde de la FIFA™, y compris en finale. Tout cela est vrai, mais largement insuffisant pour retracer fidèlement le parcours exceptionnel du Brésilien.

En 20 ans de carrière, Jairzinho a pris part à trois éditions consécutives de la Coupe du Monde de la FIFA™, en 1966, 1970 et 1974. Le plus remarquable dans son parcours, c'est qu'il reste dans les mémoires comme fantastique ailier droit, alors qu'en définitive, il n'a quasiment jamais évolué à ce poste… sauf pendant les mois de mai et juin 1970.

"J'étais numéro 10", affirme Jairzinho à FIFA.com. "Ce qui est arrivé en 1970 dans la Seleção de Zagallo est assez incroyable : on avait dans la même équipe cinq joueurs qui évoluaient exactement au même poste dans leurs clubs respectifs. Nous étions tous numéros 10." Les cinq joueurs auxquels Jairzinho fait allusion sont lui-même, alors meneur de jeu à Botafogo, Gérson (São Paulo), Tostão (Cruzeiro), Rivellino (Corinthians) et celui à qui est revenu de droit l'unique maillot brésilien floqué du numéro 10 dans la Coupe du Monde de la FIFA™ au Mexique : Pelé.

"À Botafogo, à l'époque, il y avait Roberto Miranda au poste d'avant-centre. Pelé, à Santos, avait Coutinho devant lui. A Cruzeiro, c'était Evaldo. Et ainsi de suite. Aucun d'entre nous n'était un vrai attaquant. Nos postes en équipe du Brésil ont pratiquement été déterminés par nos numéros de maillot. J'avais le numéro 7, qui correspond à l'aile droite. Rivellino avait le 11, le numéro de l'ailier gauche. Mais en fin de compte, nous nous sommes tous retrouvés attaquants."

Un milieu dans l'espace
Tous attaquaient, certes, mais personne à Mexique 1970 ne le faisait aussi bien que Jairzinho. Les chiffres l'attestent. Après avoir réussi un doublé lors du premier match du Brésil dans le tournoi, contre la Tchécoslovaquie, le numéro 7 auriverde a trouvé le chemin des filets dans tous les autres matches disputés par son équipe dans le tournoi, jusqu'à la finale remportée 4:1 face à l'Italie.

L'un des secrets de cette Seleção entrée dans la légende est qu'en dépit de ce qu'indiquait le numéro de son maillot, Jairzinho repiquait la plupart du temps au centre pour occuper un poste d'avant-centre que Zagallo n'avait tout simplement pas pourvu dans son système. "Je savais que Jair allait frapper un grand coup", racontait à FIFA.com un Zagallo qui avait remplacé João Saldanha aux commandes de la Seleção quelques mois avant le coup d'envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 1970™. "Je connaissais son efficacité devant les buts mais surtout, je savais qu'il était dans la forme de sa vie. Il était sur un nuage. Il avait la condition pour occuper un périmètre énorme, à la fois comme meneur de jeu, ailier droit et avant-centre. Tout ça à la fois."

Cette incertitude quant au poste exact de Jairzinho, qui s'est révélée être un atout offensif de taille lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1970™, ne datait pas de la veille. En 1958, toute la famille Ventura déménage de Duque de Caxias, dans la banlieue nord de Rio de Janeiro, pour s'installer rue du General Severiano, à deux pas du siège de Botafogo. C'est donc tout naturellement que le gamin de 14 ans rejoint les jeunes du Fogão.

Une étoile brille, une autre s'éteint
Avec Jairzinho dans ses rangs, les juniors alvinegros brillent et attirent vite l'attention de l'entraîneur des seniors, Zolo Rabelo. Ce dernier donne une première chance au jeune prodige à l'entraînement. Jairzinho remplace l'avant-centre vétéran Quarentinha et se retrouve aux côtés de Didi, Garrincha, Zagallo et Amarildo. Même s'il ne joue pas au poste d'avant-centre, il ne laisse pas passer l'occasion et inscrit un doublé lors de ce match d'entraînement. Il ne tarde pas à intégrer l'équipe première.

Son ascension chez les professionnels coïncide avec le déclin de Garrincha, qui quitte le club en 1965. De la Joie du peuple, Jair hérite du numéro 7 et du poste d'ailier droit qui va de pair. La pression liée au remplacement d'une idole du football brésilien ne le déstabilise pas, bien au contraire. Bientôt, il obtient sa première convocation en Seleção et s'installe pour de bon au poste de milieu offensif, où son explosivité et ses démarrages fulgurants sont plus efficaces qu'à la pointe de l'attaque.

"Quand je partais avec le ballon, on ne m'arrêtait pas facilement", raconte l'intéressé avec un vrai sourire et sans fausse modestie. "J'avais besoin d'espace. Même au Mexique en 1970, mes frappes arrivaient en général au bout de longues courses, la plupart du temps en diagonale. J'ai toujours été comme ça. Je m'engouffrais dans les espaces." Comme un ouragan, est-on tenté d'ajouter, et pas seulement durant la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1970™.

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Né le : 25 décembre 1944
Lieu de naissance : Duque de Caxias, Rio de Janeiro (Brésil)
Poste : attaquant

Clubs : Botafogo (1962-1974) Olympique de Marseille (1974-1975), Cruzeiro (1976), Portuguesa (1977), Noroeste (1978-1979), Fast Club (1979), Jorge Wilstermann (1980-1981), Botafogo (1981-1982)
Equipe nationale : 107 sélections (44 buts)

Palmarès :
* 1 Coupe du Monde de la FIFA (1970)
* Tournois Rio-São Paulo (1964, 1966)
* 1 Coupe du Brésil (1968)
* 2 Championnats de l'Etat de Rio (1967, 1968)
* 1 Copa Libertadores (1976)

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Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 18 Mai - 10:06

Paolo MALDINI
Maldini, l'élégance au service de la défense




Pays de grands défenseurs, l'Italie a engendré une pléiade de joueurs talentueux aux divers postes de l'arrière garde. Mais deux latéraux ont marqué à jamais de leur empreinte ce secteur du jeu. L'un, Giacinto Facchetti restera dans les annales comme étant à l'origine de l'émancipation du défenseur qui prend progressivement possession de tout son couloir.

L'autre, Paolo Maldini, symbolise l'élégance à l'état pur, l'anticipation à la place de l'intimidation. FIFA.com rend hommage à ce joueur exemplaire qui en 24 ans de professionnalisme et 902 matches officiels, dont 647 en Serie A, a toujours porté un seul maillot, celui de l'AC Milan.

Paradoxalement, pourrait-on dire, le beau Paolo n'a pas eu un grand mérite. En effet, dès son plus jeune âge, il est tombé dans la marmite de potion magique du football. Avec un père comme Cesare, intraitable arrière droit international milanais de 1954 à 1966 et son intraitable culture du catenaccio, il pouvait difficilement échapper au virus du défenseur. Dès 1978, à l'âge de 10 ans, il a donc rejoint les équipes de jeunes des Rossoneri. Rapidement il va imposer son élégance naturelle, sa grande correction et son sens du placement qui ne cessera de s'améliorer au fil des années. Tout aussi rapidement ,il fera taire les mauvaises langues et le présumé "fils à papa" deviendra pleinement Paolo.

Le talent et la chance
C'est un ancien équipier de son père, le suédois Nils Liedholm qui le lancera dans le grand bain de la Serie A le 20 janvier 1985 à l'âge de 16 ans et 208 jours lors d un match contre l'Udinese (1:1). Dès la saison suivante il devient un titulaire incontournable. Il ignore alors qu'il vient de signer un bail de plus de deux décennies avec l'AC Milan. Et puis, en plus de ses nombreux atouts sur les plans techniques, tactiques et physiques, Paolo Maldini a également de la chance…

Tout d'abord celle d'arriver à une période où l'Italie ne s'enferme plus dans une défense aveugle mais s'ouvre à un système de jeu nécessitant au contraire l'apport des arrières latéraux. Dans ce football de couloirs, une expression aujourd'hui à la mode, Paolo a crevé l'écran en pleine explosion télévisée du football.

Et puis, il a également la chance d'évoluer dans l’une des meilleures défenses qu'une équipe de club ait connue : Mauro Tassoti, Franco Baresi, Alessandro Costacurta et Maldini. Bien qu'évoluant le plus souvent sur le côté gauche de la défense, Paolo Maldini était un droitier naturel même s'il était parfaitement ambidextre.

Après une saison et demie avec les espoirs italiens, c'est tout naturellement qu'il fait ses débuts avec la Nazionale le 31 mars 1988 à Split contre la Yougoslavie (1:1). Dès lors les titres vont se succéder à une cadence accélérée. Sous sa direction l'armada milanaise va notamment s'adjuger cinq Ligues des champions de l’UEFA , sept scudetti, deux Coupes intercontinentales et une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. Un palmarès qui fait tourner la tête si l'on pense qu'il a également perdu deux finales de Ligue des champions et trois de Coupes Intercontinentales !

Une philosophie et un électrochoc
Ces succès il les attribue avant tout à la philosophie de son club. "Milan a toujours cherché à créer son propre jeu avant de chercher à détruire celui de son adversaire", explique-t-il. "Les hommes ont changé mais pas la philosophie". Quant aux défaites il fait preuve d'une grande philosophie en avouant : "j'ai fini par les accepter comme partie prenante du jeu".

Maldini est rayonnant. Pourtant à la fin de la saison 1996/97, il perd quelque peu de sa superbe et se retrouve orphelin. En effet, Franco Baresi, le grand ordonnateur des mouvements de la défense, décide de raccrocher les crampons. L'AC Milan décide alors deux choses : son numéro 6 ne sera plus jamais attribué et Maldini prendra sa place. Il devient donc capitaine du Milan, mais également de la Nazionale.

Mais à l'image de tout le club, Maldini accuse le coup tant l'influence du libero était grande, d'autant plus qu'il lui faut acquérir les automatismes du poste de défenseur central. Certains commencent à penser que Paolo Maldini est sur la pente descendante. Mais, nouveau coup de théâtre, Alberto Zaccheroni arrive comme entraîneur et impose rapidement une défense à trois. Maldini retrouve son cher couloir et comme par miracle, à l'image de toute l'équipe, Milan renaît de ses cendres pour conquérir un nouveau titre de champion. Par la suite, la trentaine arrivée, il s'installera définitivement dans l'axe où son sens du placement fera merveille.

Bien plus qu’un palmarès
Le grand regret dans la carrière de Paolo, ce sont deux défaites avec la Nazionale qui l'ont privé d'un titre majeur. Sur la première, la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1994, il n'a rien à se reprocher car le match se termine sur le score de 0:0 et il ne prend pas part à la séance de tirs au but fatale à l'Italie. Sur la seconde, en finale de l'UEFA EURO 2000 contre la France, les deux buts français n'arrivent pas de son côté et il est victime pour la première fois du but en or, une règle qui a fait long feu.

Il met finalement fin à sa carrière internationale après l'élimination de l'Italie par la République de Corée en huitième de finale de la Coupe du Monde asiatique 2002, encore une fois sur un but en or (2:1). Malgré cela sa carrière sous le maillot azzurro est exemplaire. Il totalise 126 sélections, dont 74 en tant que capitaine, et a longtemps détenu le record de sélections avant d'être détrôné par un autre défenseur central, Fabio Cannavaro (136).

Pour autant on ne peut réduire Maldini à son seul - exceptionnel - palmarès. Sur le terrain, ou en dehors, dans son jeu comme dans son comportement, il a toujours été exemplaire. Impossible également de trouver trace d'un mauvais geste de la part de celui que l'on décrit souvent comme un gentleman. La preuve en est donnée par le fait qu'il a écopé d'un seul carton rouge - et encore, dans un match de préparation - en plus d'un millier de matches officiels. Peu avant sa retraite, les tifosi de l'Inter, le grand rival, ont tenu à lui rendre hommage lors du dernier derby qu'il a disputé. "Ce fut une merveilleuse surprise", assure-t-il à ce sujet. "Au niveau humain, je crois qu'il s'agit d'une des plus grandes satisfactions que j'ai jamais eues".

Véritable exemple de professionnalisme et symbole d'altruisme pour ses partenaires, Maldini sera resté jusqu'au bout fidèle à ses principes. Homme discret, il n'a pas souhaité qu'une grande cérémonie soit organisée en son honneur le jour de son départ. Il a préféré "une fête sobre", dit-il. "A l'image de mon caractère".

<><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><><>

Né le : 26 juin 1968
Lieu de naissance : Milan (Italie)
Poste : Défenseur

Club : AC Milan (1984-2009)
Equipe nationale : 126 sélections (7 buts)

Palmarès :
* Finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA (1994)
* 5 Ligues des champions de l'UEFA (1989, 1990, 1994, 2003, 2007)
* 7 Championnats d'Italie (1988, 1992, 1993, 1994, 1996, 1999, 2004)
* 2 Coupes Intercontinentales (1989, 1990)
* 1 Coupe du Monde des Clubs de la FIFA (2007)
* 5 Supercoupes d'Europe (1989, 1990, 1994, 2003, 2007)
* 5 Supercoupes d'Italie (1988, 1992, 1993, 1994, 2004)
* 1 Coupe d'Italie (2003)

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_________________
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