Portraits et Histoire

Page 3 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 27 Mai - 12:29

27 mai 1987 : Madjer envoie Porto dans la légende



Il y 25 ans ce dimanche 27 mai, toute la planète football avait les yeux rivés sur le Stade du Prater de Vienne, où le Bayern Munich et le FC Porto s’étaient donné rendez-vous pour le titre de champion d’Europe.

Le géant allemand partait largement favori. Les Bavarois avaient déjà disputé quatre finales, remportant trois victoires, tandis que le club portugais vivait là son grand baptême à ce niveau. En quart de finale, le Bayern avait écrasé Anderlecht, avant de dominer le Real Madrid 4:2 pour atteindre la marche finale. De son côté, Porto avait sorti Brondby puis éliminé difficilement le Dynamo Kiev en demi-finale. L’équipe d’Udo Lattek comptait dans ses rangs quelques uns des meilleurs footballeurs à leur poste - Jean-Marie Pfaff, Andreas Brehme et Lothar Matthäus - quand Artur Jorge, privé de son joueur vedette Fernando Gomes, en était réduit à aligner une équipe de joueurs peu connus hors des frontières portugaises.

Le début du match allait confirmer tous les pronostics puisque le Bayern, dominateur, ouvrait rapidement la marque. Apparemment anodine, une longue touche allemande trouvait Ludwig Kogl, qui battait Jozef Młynarczyk d’une tête plongeante acrobatique.

Impérial devant Dieter Hoeness et Michael Rummenigge, le portier polonais permettait toutefois à Porto de regagner les vestiaires avec un seul but de retard. Pourtant, les statistiques ne promettaient rien de bon aux Portugais à l’entame de la seconde période. En dix années, une seule finale continentale avait enregistré plus d’un but, un 1:1 entre Liverpool et l'AS Rome, en 1984, avant que les Anglais ne l’emportent aux tirs au but. En outre, les 45 premières minutes avaient clairement donné l'avantage au Bayern.

Une talonnade pour l'histoire
Ignorant les statistiques, Artur Jorge allait oser un double changement à la mi-temps, le milieu Antonio Frasco et l’attaquant Juary prenant la place de l’arrière gauche Augusto Inacio et de l’infatigable Quim. Le pari, peu payant dans les premières minutes, allait pourtant se révéler décisif. À 12 minutes du terme, après un une-deux avec Frasco, Juary éliminait Pfaff et adressait une passe dans le dos de Rabah Madjer. Peu de joueurs auraient eu la géniale idée d’oser la talonnade. L'Algérien, alliant la technique à l’inspiration, allait pourtant réussir l’un des plus célèbres buts de l’histoire de la compétition.

"C’était un geste d’instinct. J’ai juste tenté ma chance", devait avouer par la suite le magicien algérien à FIFA.com. "Je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Peu après la finale, j’ai tenté le geste de nouveau en championnat et j’ai marqué. C’est devenu ma marque de fabrique."

Quelques minutes plus tard, le même Madjer laissait Helmut Winklhofer sur place et délivrait un centre millimétré pour Juary au second poteau. Le Brésilien inscrivait le but du 2:1 et offrait à Porto le sacre européen.

"C’est le meilleur souvenir de ma carrière", avait commenté Madjer. "La veille de Ia finale, je me demandais comment les choses allaient se passer pour moi. Jozef Mlynarczyk, mon camarade de chambrée, n’en menait pas large. Je lui ai dit que nous allions l’emporter 2:1. Par chance, Dieu m'a entendu."

Fifa.com (27/05/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Lun 11 Juin - 11:44

Un grand cru pour deux grands joueurs



Chaque lundi, FIFA.com met en lumière une photographie qui se rapporte à un événement de la passionnante histoire du football et vous raconte tout ce que le cliché ne dit pas...

Il fallait être "quelqu'un" pour être invité à une soirée au très huppé Bar Chicote dans le Madrid de la fin des années 1950. Outre sa magnifique cave à vins, l'endroit est réputé pour avoir plus de 10 000 boissons différentes sur sa carte. Et précisément, Alfredo Di Stefano, que l'on voit ci-dessus en train de savourer un millésime, était "quelqu'un."

La soirée en question fut organisée en l'honneur du sacre du Real Madrid dans la Coupe d'Europe 1959. Lors de cette campagne continentale, l'infatigable Argentin a joué un rôle considérable dans le succès madrilène, réussissant un quadruplé dans la victoire 7:1 du Real sur le Wiener Sport-Club, en quart de finale retour. Dans le match d'appui des demi-finales contre l'Atlético de Madrid, les Merengue s'imposent 2:1. Di Stefano trouve une nouvelle fois le chemin des filets, comme il le fera d'une frappe titanesque contre Reims, dans une finale remportée 2:0 par les Espagnols.

Le Stade de Reims, avec dans ses rangs les Roger Marche, Robert Jonquet, Roger Piantoni, Raymond Kopa et Just Fontaine, a connu son apogée lors de ces années 1950. En 1956 déjà, les Rémois s'étaient inclinés de justesse (4:3) en finale contre les Madrilènes. Bien plus tard, en 1991, le club entrera en liquidation judiciaire, avant de renaître l'année suivante sous le nom de Stade de Reims Champagne.

Ce jour-là au Bar Chicote, il y avait toutefois un Français vainqueur : Kopa, transféré de Reims à Madrid en 1956. Mais la grande star de cette épopée restera bien un Argentin de 33 ans portant le numéro 9.

Fifa.com (11/06/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 27 Juin - 14:37

Ruud KROL
Krol, défenseur latéral et joueur total




Demandez à n’importe quel enfant qui joue au football quel est son rêve. Il répondra "devenir un buteur, un meneur, voire un gardien", mais beaucoup moins souvent : "Plus tard, je veux devenir défenseur latéral." En effet, on devient rarement arrière gauche par choix, mais plutôt par circonstance : un ailier à qui on demande de reculer, un défenseur central qui se décale pour les besoins de l’équipe, ou par choix de l’entraîneur. Sauf aux Pays-Bas. Depuis les années 70, on ne devient pas latéral gauche par défaut, mais bien par vocation. Celle de ressembler au héros : Ruud Krol.

Mais pour être totalement honnête, il faut ajouter que, outre le meilleur arrière gauche de son époque, le Néerlandais était également l’un des meilleurs ailiers, l’un des meilleurs milieux et l’un des meilleurs libéros. Digne ambassadeur du Totaalvoetbal, nécéssitant de solides capacités physiques, Krol y alliait en plus une grande intelligence. "Notre système était une solution aux problèmes physiques", explique l’ancien défenseur à propos du style instauré le mythique par Rinus Michels. "Comment pouvez-vous jouer 90 minutes et conserver votre énergie ? Si en tant qu’arrière gauche je cours 70 mètres sur l’aile, ce n’est pas bon si je dois immédiatement courir 70 mètres dans l’autre sens pour reprendre ma place. Donc si le milieu gauche prend ma place, et l’ailier gauche prend le milieu, cela raccourcit les distances. Telle était notre philosophie."

Une philosophie d’autant plus facile à appliquer en sélection quand on la travaille au quotidien dans en club, comme Krol le fit dès ses débuts à l’Ajax Amsterdam en 1968. Avec les Lanciers, Ruud règnera sur le couloir gauche, l’Eredivisie, l’Europe et le monde avec des victoires en championnat des Pays-Bas en 1970, 1972, 1973, 1977, 1979 et 1980, en Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1972 et 1973 et en Coupe Intercontinentale en 1972.

Gaucher forcé et calmé
Mais si tout devient facile quand on est membre d’une équipe de rêve, on oublie parfois combien il est difficile d’y entrer. Arrivé pour une bouchée de pain en provenance du modeste Rood Wit, ‘Rudy’ a dû se montrer patient pour franchir le pas entre la réserve et l’équipe A. Premier obstacle, Krol est droitier et le titulaire du couloir droit est un certain Wim Suurbier, sans doute le meilleur du monde à son poste à l’époque. Qu’importe, Krol travaille pendant des mois son pied gauche et devient le successeur de Theo van Duivenbode sur l’autre aile dès 1969.

Deuxième frein, une réputation peu flatteuse à une forte propension à se disperser. "Le plus grand danger pour la carrière de Ruud n’était ni l’ailier droit du Feyenoord ou René van de Kerkhof au PSV, mais les jolies filles dans les discothèques et les bars du vieux Amsterdam", répètera souvent Michels. Heureusement, lors de sa première présaison avec l’effectif professionnel, il se lie d’amitié avec la nouvelle recrue Nico Reynders qui sera d’une influence capitale pour envoyer le fougueux Krol tôt au lit et le retenir tard à l’entraînement.

Krol comprend le message et devient un exemple de professionnalisme. "J'allais encore au cinéma ou en boîte de nuit de temps en temps, mais le football occupait l'essentiel de mes pensées", se souvient-il lorsqu’on évoque une génération réputée aussi sérieuse sur le terrain que désinvolte en dehors. "Certains joueurs étaient davantage attirés par la vie nocturne. Moi, je ne m'intéressais qu'au football. Parfois, Michels me trouvait un peu trop stressé. Dans ces moments-là, il venait me voir et me disait : ‘Allez Ruud, va t'amuser un peu !’ C'est ce que je faisais, mais jamais avant un match important".

Les louanges sans le trophée
Du coup, lorsque la veille de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 1974™, le journal allemand Bild Zeitung fait sa une avec des joueurs néerlandais qui auraient passé une nuit agitée en bonne compagnie au bord d’une piscine, on comprend pourquoi Johan Cruyff réunit ses coéquipiers pour leur annoncer : "On a un gros problème…" Certains nient, d’autres crient au complot, mais le seul élément prouvé est que les Néerlandais seront peut-être déstabilisés en entrant sur la pelouse pour la finale face à l’Allemagne le lendemain. Krol, lui, n’y accorde pas d’importance et estime que "c’est partout pareil, les médias font tout pour que le pays hôte gagne. Nous avons lu l’article, bien sûr, mais nous étions concentrés sur la finale."

Tellement concentrés que dans la première minute, les Allemands ne touchent pas le ballon avant de concéder un penalty pour une faute d’Uli Hoeness sur Cruyff. Johan Neeskens le transforme mais Krol et les siens ne profiteront pas de ce bon départ et s’inclineront 2:1, le but de la victoire étant inscrit par un Gerd Müller sorti vainqueur de son duel avec Krol. "J’avais bloqué son premier tir, mais sur le deuxième, il rate un peu sa frappe. Sinon je l’aurais eue", tente de se consoler Krol aujourd’hui. "Finalement, son tir a rebondi jusqu’au but."

Franz Beckenbauer et les siens soulèvent le trophée, mais ce sont les Néerlandais qui récoltent les louanges de la planète football après un tournoi sensationnel qui les aura vu dominer notamment l’Uruguay (2:0), l’Argentine (4:0) et les champions du monde brésiliens (2:0) en pratiquant un football de rêve. On se dit alors que ce n’est que partie remise tant le football néerlandais semble avoir de l’avance sur ses concurrents.

Confirmation quatre ans plus tard en Argentine où, même sans le stratège Cruyff resté au pays et avec un Krol devenu capitaine et libéro, les Oranjes déploient leur football de rêve pour atteindre la finale. Mais le destin est têtu et réserve à nouveau aux Néerlandais le pays hôte et un public déchaîné comme adversaires. Et comme Müller quatre ans avant, un Mario Kempès en état de grâce vient à bout en prolongation (3:1) de Pays-Bas qui étaient revenus de 1:0 à 1:1 dans les dix dernières minutes, et avaient frappé le poteau par Rob Rensenbrink - sur une ouverture de Krol - dans les dernières secondes du temps réglementaire.

S’il existe un débat sur le meilleur joueur à n’avoir jamais remporté la Coupe du Monde - Platini ? Di Stefano ? Puskas ? Zico ? Eusebio ? -, la réponse est beaucoup plus simple quand la question porte sur la meilleure équipe. Même la légendaire Hongrie de 1954 ne peut contester aux Néerlandais cette triste distinction. "Il reste une blessure profonde. Je n'ai pas tourné la page", concède Krol plus de 30 après cette double désillusion. "C'est très triste de ne pas avoir été champion du monde avec une équipe qui jouait si bien. J'ai deux médailles d'argent, mais je les échangerais contre une seule en or. Nous resterons toujours ceux qui jouent bien et ne gagnent rien. Certes, l'équipe de 1988 a remporté l'Euro, mais pas la Coupe du Monde. Et la Coupe du Monde, c'est autre chose."

Au mauvais endroit au mauvais moment
Le football néerlandais a laissé passer sa chance de régner sur le monde, en même temps que l’Ajax a vu son règne sur l’Europe s’interrompre face à la suprématie des clubs allemands et anglais, qui se partageront les dix Coupes d’Europe entre 1974 et 1983. En 1980, Krol fête ses 31 ans et estime que ses meilleures années sont derrière lui. Il décide alors de tenter l’aventure nord-américaine aux Vancouver Whitecaps. En seulement 14 matches, il réalise que ses jambes sont encore trop jeunes pour une préretraite et rejoint Naples.

Mais encore une fois, Krol ne sera pas au bon endroit au bon moment. Il passe quatre saisons chez les Azzurri, n’y remporte aucun titre, à l’exception de celui - officiel - de meilleur étranger de Serie A en 1981, et celui - officieux - de chouchou des supporters napolitains. Il quitte le club en 1984, quelques jours avant l’arrivée d’un certain Diego Maradona… Pendant que le club italien écrira les premières lignes de sa légende, Krol connaîtra les dernières de la sienne à Cannes, en deuxième division française.

Dans la ville qui accueille le plus grand festival du septième art, Krol résumera sa carrière en quelques mots : "Le football n’est pas un art, mais c’est un art de bien jouer au football". Parole d’artiste.

Fifa.com (26/06/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 19 Oct - 17:44

Hristo STOICHKOV : Stoichkov, mi-génie mi-démon



Génie indomptable sur le terrain et en dehors. Génie dans tous les sens du terme. Hristo Stoichkov fait partie de ces joueurs qui ne laissaient personne indifférent et qui suscitaient forcément des sentiments extrêmes : l’admiration ou la haine.

Considéré comme le meilleur footballeur bulgare de l’histoire, Stoichkov s’est forgé un palmarès à la hauteur de son incommensurable talent. Cet attaquant intenable dans les derniers mètres et très précis dans ses frappes a marqué ses contemporains par sa forte personnalité sur le terrain mais aussi en dehors. Doué d’un caractère agressif, il savait toutefois en tirer parti pour devenir un catalyseur, pour prendre le jeu à son compte et pour se battre sur tous les ballons jusqu’au coup de sifflet final.

Le sacre barcelonais
Né à Plovdiv le 8 février 1966, Stoichkov se fait remarquer alors qu’il n’est qu’un adolescent et qu’il évolue en 2ème division du championnat bulgare. Il attire immédiatement l’attention du meilleur club du pays, le CSKA Sofia, où il atterrit à 18 ans. Un an plus tard, il est impliqué dans une bagarre en finale de la Coupe du Bulgarie, passant tout près d’une suspension à vie. Il écope finalement d’une sanction d’un mois, au terme de laquelle il éblouit ses compatriotes avec ses talents de buteur. En 1989, il remporte le Soulier d’or européen en inscrivant 38 buts en 30 matches.

En 1990, il rejoint le FC Barcelone, devenant très rapidement l’une des icônes de la Dream Team de Johan Cruyff avec le numéro 8 dans le dos. Il s’adjuge plusieurs titres en Catalogne, notamment la première Coupe d'Europe des Clubs Champions de l’histoire du club blaugrana. Il reste au Barça jusqu’en 1998, sauf la saison 1994/95, qu’il dispute avec Parme en Serie A. Ce sont de loin ses meilleures années, alors même qu’il les a abordées avec une suspension de deux mois après avoir marché exprès sur le pied d’un arbitre. Il y conquiert tout, notamment le cœur des supporters culés, avec ses démarrages explosifs, son pied gauche magique et ses dribbles dans un mouchoir de poche.

Idole bulgare
C’est en 1994 qu’il atteint son zénith, s'octroyant le Ballon d’Or. Ce prix récompense entre autres ses performances à la Coupe du Monde de la FIFA 1994, où il devient un héros national. À États-Unis 1994, la Bulgarie signe son meilleur parcours mondialiste en s’invitant dans le dernier carré, mais elle s’incline contre l’Italie (2:1), puis contre la Suède (4:0) dans le match pour la 3ème place. Malgré la déception, Stoichkov partage le titre de meilleur buteur de la compétition avec le Russe Oleg Salenko.

Deux ans plus tard, cette même génération offre à la Bulgarie sa première qualification à l’UEFA EURO après 28 ans d’absence. Certes, l’équipe est éliminée dès le premier tour, mais Stoichkov marque un but par match. C’est l’âge d’or du football bulgare.

L’attaquant arrête l’équipe nationale en 1999 après 13 ans de bons et loyaux services pendant lesquels il dispute 83 matches et inscrit 37 buts. "Aucun Bulgare n’a réussi la même chose que moi", confie-t-il au micro de FIFA.com en 2007, avec l’assurance qui le caractérise.

Sur le banc
Lorsqu’il quitte Barcelone en 1999, il effectue un bref passage par le CSKA. Jusqu’à son départ en retraite, en 2004, il enchaîne des expériences très variées : Al Nasr (Arabie Saoudite), Kashima Reysol (Japon) et la MLS.

Une fois les crampons raccrochés, il décide de rester près du terrain en passant les diplômes d’entraîneur à Barcelone, ville où il élit domicile. En juillet 2004, il prend les rênes de l’équipe nationale de Bulgarie, mais des conflits ne tardent pas à éclater avec les joueurs-clés de cette génération. Le mauvais parcours dans les qualifications pour l’UEFA EURO 2008 précipite sa démission en 2007. Il prend alors le pari de sauver le Celta de Vigo de la descente en seconde division, mais il échoue et quitte la Galice au bout de six mois.

Il accepte alors de diriger l’équipe sud-africaine de Mamelodi Sundowns, mais l’aventure ne dure qu’une saison, au terme de laquelle il rejoint le Litex Lovech bulgare. Les succès tardent à arriver pour l’entraîneur Stoichkov, qui se montrait beaucoup plus percutant de l’autre côté de la ligne de touche. Mais il n’en perd pas pour autant ce caractère bouillonnant qui lui permet de motiver les troupes et qui lui a attiré plus d’un problème.

Le génie a aussi son côté sombre et cette dualité a régi l’ensemble de sa carrière. "Est-ce que je regrette quelque chose ? Plein de choses, oui, mais je ne baisserai jamais les bras. Parce qu’il y a toujours quelqu’un qui est prêt à vous marcher dessus, notamment les jaloux".

Carrière
Né le : 8 Février 1966
Lieu de naissance : Plovdiv (Bulgarie)
Poste : Attaquant

Clubs : CSKA Sofia (1984-1990), FC Barcelone (1990-1995), Parme (1995-1996), FC Barcelone (1996-1998), CSKA Sofia (1998), Al Nasr (1998), Kashiwa Reysol (1998/1990), Chicago Fire (2000-2002), DC United (2003).
Equipe nationale : 83 sélections (37 buts)

Palmarès :
- 3 Championnats de Bulgarie (1987, 1989, 1990)
- 3 Coupes de Bulgarie (1987, 1988, 1989)
- 1 Supercoupe de Bulgarie (1989)
- 5 Championnats d'Espagne (1991, 1992, 1993, 1994, 1998)
- 2 Coupes d'Espagne (1997, 1998)
- 4 Supercoupes d'Espagne (1991, 1992, 1994, 1996)
- 1 Ligue des champions de l'UEFA (1992)
- 1 Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe (1997)
- 2 Supercoupes d'Europe (1992, 1997)
- 4ème place à la Coupe du Monde de la FIFA, Etats-Unis 1994
- Ballon d'Or 1994
- Soulier d'Or européen 1990 (38 buts - à égalité avec le Mexicain Hugo Sanchez)
- Soulier d'Or adidas à Etats-Unis 1994 (6 buts - à égalité avec le Russe Oleg Salenko)
- 2ème au Classement du Joueur FIFA de l'année en 1992 et 1994

Fifa.com (19/10/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 26 Oct - 18:24

FC Cologne, un club chargé d'histoire(s)



La saison 2012/13 marque le 50ème anniversaire de la Bundesliga. Avec 21 titres à son tableau de chasse, le Bayern Munich est incontestablement l'équipe-phare de ce premier demi-siècle de compétition.

Le club des bords de l'Isar aura encore l'occasion d'étoffer son palmarès à l'avenir. Pourtant, il lui manque un petit quelque chose pour être considéré comme la formation la plus extraordinaire d'Allemagne.

Car la première fois occupe toujours une place à part, qu'il s'agisse de sa première voiture, de son premier enfant, de son premier ordinateur ou de son premier appartement. Dans le cas qui nous occupe, il s'agit évidemment du premier titre, celui décerné à l'issue de la saison inaugurale. En devenant le tout premier champion d'Allemagne, le 1. FC Cologne a gravé son nom en lettres d'or dans l'histoire de la compétition. Mais en ce temps-là, nul ne pouvait imaginer les joies, les buts et les peines qui allaient jalonner le demi-siècle à venir. FIFA.com revient sur les pages les plus importantes de sa riche histoire.

Naissance d'une institution
Traditionnellement, Cologne est une ville de football, qui a longtemps abrité plusieurs clubs d'égale valeur dans différents quartiers. Les dirigeants locaux sont cependant rapidement tombés d'accord pour constater que l'union fait la force. Le 13 février 1948, le Kölner Ballspiel-Club (KBC) et le Spielvereinigung fusionnent donc, pour donner naissance au 1. FC Cologne.

Le choix des armoiries et des couleurs du club reflète la passion des habitants de Cologne pour leur cité. La célèbre cathédrale figure logiquement en bonne place sur l'écusson du club. Les joueurs évoluent quant à eux en rouge et blanc, les couleurs de la ville. Au cours des années suivantes, les Geißböcke s'appliquent à devenir l'âme de la ville, en même temps qu'une formation d'élite. Douze mois après sa création, le FC Cologne accède à l'Oberliga ouest, sous l'égide du président Franz Kremer (n.d.l.r. : à l'époque, il n'existait pas de championnat national en Allemagne ; les clubs concourraient dans des divisions régionales). Dans la foulée, il remporte le titre cinq ans de suite.

La légende en marche
En 1960, 1962 et 1963, Cologne atteint la finale du championnat et s'impose une fois, en 1962. La fondation de la Bundesliga en 1963 lui fournit l'occasion de s'imposer comme la vitrine du football allemand. Non contents de remporter l'édition inaugurale du championnat national, les Geißböcke atteignent les quarts de finale de la Coupe d'Europe des clubs champions l'année suivante.

Dans de nombreux domaines, le FC Cologne peut être considéré comme un précurseur. Le club rhénan est en effet le premier à se doter d'un entraîneur spécifique pour les gardiens. Il dispose en outre d'installations ultramodernes pour l'époque. Malgré ces débuts en fanfare et leur statuts d'animateurs du championnat, les Rot-Weißen peinent à étoffer leur palmarès. Au cours des années suivantes, ils doivent se contenter d'une victoire en finale de la Coupe d'Allemagne 1968.

Une longue traversée du désert s'ensuit. Durant cette période, Cologne flirte parfois dangereusement avec la relégation. Cette séquence difficile prend fin avec le troisième mandat de l'entraîneur Hennes Weisweiler. Sous son impulsion, les Geißböcke remportent à nouveau la Coupe d'Allemagne en 1977, avant de signer un doublé historique l'année suivante.

Les supporters de Cologne doivent cependant attendre 1983 pour voir leur équipe remporter une autre Coupe d'Allemagne. Toutefois, le club rhénan profite de ces années pour asseoir sa réputation au niveau continental, en multipliant les exploits dans les compétitions européennes.

En 1979, les Rot-Weißen s'invitent en demi-finales de la Coupe d'Europe des clubs champions, avant de céder face au champion d'Angleterre, Nottingham Forest. Quelques mois plus tard, le FC Cologne devient la première équipe allemande à s'imposer au Camp Nou face au FC Barcelone (4:0). Cet exploit lui vaut d'atteindre les demi-finales de la Coupe UEFA. Enfin en 1986, les Geißböcke atteignent la finale de la Coupe UEFA, qu'ils disputent face au Real Madrid.

Aujourd'hui
Paradoxalement, le triomphe de la République fédérale d'Allemagne en finale de la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990™ marque le début du déclin du FC Cologne. Thomas Häßler rejoint la Juventus pour la somme record (à l'époque) de 14 millions de DM (environ 7 millions d'euros). En 1991, les Rhénans participent pour la dernière fois à la finale de la Coupe d'Allemagne.

Pour son cinquantième anniversaire, en 1998, ce membre fondateur de la Bundesliga connaît la première relégation de son histoire. Depuis cette époque, le FC Cologne passe son temps à faire des allers-retours entre l'élite et la deuxième division. Le club a même acquis le surnom peu flatteur d'équipe "ascenseur", au grand dam de ses supporters.

Plus qu'un club
Avec trois championnats et quatre Coupes d'Allemagne à son actif, le 1. FC Cologne ne fait pas partie des équipes les plus titrées du pays. Mais les Geißböcke sont bien plus qu'un simple club. Cette véritable institution en Allemagne doit une partie de son prestige à ses joueurs, à ses entraîneurs et à ses fabuleux supporters.

Harald Toni Schumacher et Bodo Illgner, tous deux anciens gardiens de but de l'équipe de RFA, ont fait leurs premiers pas chez les Rot-Weißen. L'ex-champion du monde Wolfgang Overath a franchi le fossé qui sépare le terrain des bureaux, en occupant le poste de président entre 2004 et 2011. Après trois saisons passées au Bayern Munich, Lukas Podolski a retrouvé "son" club en 2009, pour l'aider à retrouver une place plus conforme à ses ambitions au sein du football allemand. D'autres grands noms comme Dieter Müller ou Hans Schäfer resteront à jamais associés au FC Cologne. Grâce à eux, les Geißböcke ont pu maintenir au fil des décennies l'image d'une équipe talentueuse et d'un club en avance sur son temps.

L'histoire de la mascotte du club mérite elle aussi d'être mentionnée. Le bouc Hennes a été remis au club en 1950 au cours du carnaval de la ville, sur le ton de la plaisanterie. Celui-ci doit évidemment son nom à Hennes Weisweiler, le célèbre joueur et entraîneur allemand. Ce qui avait commencé comme une farce est considéré comme l'une des plus belles traditions du club. Hennes VIII assiste encore aujourd'hui à tous les matches à domicile du FC Cologne.

La liste des anecdotes, des stars et des faits marquants qui ont émaillé l'histoire de cette équipe à nulle autre pareille serait sans fin car le FC Cologne est bien plus qu'un club. Depuis 2004, ses supporters peuvent même se faire prendre en photo dans le musée du club, installé directement dans le stade.

Le stade
Le 1. FC Cologne n'a pas changé d'adresse depuis 1923 mais il a occupé au cours de cette période l'arène a connu deux noms différents. Le stade Müngersdorfer devait à l'origine être rénové pour la Coupe du Monde de la FIFA 1974™ mais les travaux n'ont été terminés qu'un an plus tard. En 2004, l'ancienne enceinte a été entièrement rénovée pour laisser place au RheinEnergieStadion, qui a accueilli plusieurs matches de la Coupe du Monde de la FIFA™ en 2006.

Fifa.com (26/10/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 14 Nov - 15:44

Brésil : Le premier de mille matches



La tenue était alors blanche, avec un peu de bleu. L'adversaire était un club de troisième division anglaise. Le football faisait ses premiers pas au Brésil. Les clubs aussi. Mais le stade Laranjeiras, à Rio de Janeiro, était déjà construit et allait accueillir un événement digne de lui.

Le 21 juillet 1914 est le point de départ d'un parcours qui passera par de nombreuses victoires et cinq sacres en Coupe du Monde de la FIFA™. Un parcours qui consacrera des mots comme Seleção, Canarinho, Amarelinha ou encore Jogo bonito, tous devenus synonymes d'un football qui gagne.

Ce mercredi 14 novembre, des joueurs jeunes comme Neymar ou Oscar, et moins jeunes, comme Kaká, viendront poser leur pierre sur le long chemin parcouru par le Brésil depuis ce 21 juillet 1914. La Seleção s'apprête en effet à disputer son millième match officiel reconnu par la CBF (Confédération brésilienne de football) face à la Colombie, dans le New Jersey, aux États-Unis. À près de 100 ans d'écart, les choses ont évidemment beaucoup évolué…

À l'époque, l'emblème de la CBF ne figurait pas sur le maillot, ni d'ailleurs celui de la CBD (Confédération brésilienne des sports), ancêtre de la CBF. Mais l'institution reconnaît ce match comme le coup d'envoi de l'histoire de la Seleção.

Jusque-là, des équipes régionales et des clubs avaient affronté des équipes étrangères, aussi bien des voisins sud-américains que des formations européennes ou même sud-africaines en tournée. Suite à la création de la FBS (Fédération brésilienne des sports), une première Seleção est formée le 8 juin 1914. L'équipe nationale comptait alors des footballeurs en activité dans les deux principales villes du pays, São Paulo et Rio de Janeiro. Parmi les joueurs convoqués se trouve Arthur Friedenreich, considéré comme le premier représentant de la longue lignée des maîtres brésiliens du ballon rond.

Vente aux enchères et dents cassées
Pour son baptême du feu, le Brésil affronte Exeter City FC, qui évolue aujourd'hui au quatrième échelon du football anglais. À l'époque, Exeter est en troisième division et sort tout juste d'une tournée en Argentine. En 1914, les visiteurs créent la sensation par leur simple présence et sont traités comme de véritables stars à Rio de Janeiro. "Des milliers de personnes passaient des heures devant l'Hotel dos Estrangeiros. C'est dans cet établissement, le plus beau de la ville, que la délégation anglaise était hébergée. Les gens espéraient entrevoir les joueurs britanniques", se souviennent les auteurs Antonio Carlos Napoleão et Roberto Assad dans le livre officiel consacré à la sélection brésilienne.

Parmi les anecdotes relatives au passage des joueurs anglais à Rio, on raconte que le propriétaire d'un bar situé à proximité de l'hôtel a mis aux enchères les chaises, les tables et même les verres utilisés par les joueurs anglais lors de leur brève visite. Avant d'affronter la Seleção, Exeter a disputé deux matches amicaux, le premier remporté 3:0 contre des compatriotes installés à Rio. Quelques jours plus tard, le club anglais s'impose à nouveau, cette fois sur le score de 5:3, contre une sélection carioca. Mais le principal défi restait à venir.

Dans le stade de Fluminense et devant près de 5 000 spectateurs, Exeter s'incline 0:2 devant le Brésil, de façon pour le moins surprenante. Oswaldo Gomes ouvre le score dès la 15ème minute, inaugurant du même coup une tradition dont seront victimes des centaines de gardiens au cours des décennies suivantes. À la demi-heure de jeu, Osman fait le break. Contrairement à ce que pourrait laisser suggérer le score final, la rencontre n'a pas été facile pour les Brésiliens. Il faut se souvenir qu'ils étaient amateurs, contrairement aux Britanniques, qui évoluaient dans un championnat professionnel. Le match a même été un vrai combat physique, au cours duquel Friedenreich a perdu deux dents. Sorti du terrain la bouche ensanglantée, il reprendra même la partie après avoir reçu des soins.

Premier voyage
En août 1914, la Seleção sort des frontières brésiliennes pour la première fois, direction l'Argentine. Les deux pays doivent croiser le fer dans le cadre de la Copa Roca, créée afin de développer les relations sportives entre les deux pays. Les dirigeants qui sont à l'origine de cette initiative ne se doutaient probablement pas qu'ils étaient en train de donner naissance à l'une des plus grandes rivalités du football mondial…

Les deux sélections s'affrontent une première fois en amical, avec à la clé un succès argentin (3:0). Elles ont de nouveau rendez-vous le 24 septembre, cette fois pour la Copa Roca. Le petit Rubens Salles inscrit le seul but de la victoire du Brésil, qui ne joue pas encore en jaune - cela n'arrivera qu'en 1934. Il marque le but du titre sur une frappe déclenchée en dehors de la surface à la 13ème minute de jeu.

En deuxième période, l'attaquant Leonardi égalise pour l'Argentine d'une puissante reprise de volée. L'arbitre Alberto Borghert indique le rond central et les Argentins regagnent leur camp quand soudainement, le buteur interpelle l'arbitre et lui dit que le but n'est pas régulier, car il a touché le ballon de la main. Borghert félicite le joueur et après la partie, l'ambassadeur brésilien à Buenos Aires, Sergio Dantas, commente : "C'est un geste tellement sublime que le but aurait dû compter double".

De retour au Brésil, les vainqueurs de la Copa Roca reçoivent un accueil triomphal lors de leur débarquement dans le port de Rio. Le premier d'une longue série...

Fifa.com (14/11/2012)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 8 Fév - 19:42

Feola entre banc d'honneur et banc des accusés



Pour quelqu'un qui peut revendiquer au moins une très bonne raison d'être idolâtré au Brésil, Vicente Ítalo Feola jouit d'une réputation des plus controversées. Il était l'archétype de l'entraîneur calme et débonnaire - calme au point de s'assoupir sur le banc en plein match, et débonnaire jusqu'à céder la direction de l'équipe aux joueurs les plus âgés. Certes, il était responsable des opérations lors de la campagne désastreuse du Brésil à la Coupe du Monde de la FIFA 1966™. Mais huit ans avant cela, il était déjà sélectionneur de l'équipe du Brésil qui a remporté son premier titre mondial.

Il paraît improbable que pendant 16 années, un personnage ait pu être lié aux principales décisions du football brésilien sans jamais se départir de sa bonhomie et de son flegme qui allait parfois jusqu'à la somnolence. Mais ce qui a marqué l'histoire,c'est tout le folklore qui entourait cet entraîneur, avec comme malheureux point d'orgue l'échec retentissant de la Seleção en Angleterre en 1966.

"Presque tout ce qui se dit sur Feola vient d'histoires fabriquées par la presse brésilienne. Ce sont des chicaneries", explique à FIFA.com le légendaire Mário Jorge Lobo Zagallo, qui en son temps a été directement concerné par l'une des décisions de l'entraîneur. Avant Suède 1958™, Zagallo était en concurrence pour le poste d'ailier gauche avec Canhoteiro et Pepe, deux joueurs plus habiles que lui, mais qui n'avaient pas cette qualité qui faisait de Zagallo un pionnier à son poste : revenir pour aider au marquage lorsque son équipe perdait le ballon. "Jusque-là, le Brésil pratiquait un 4-2-4 classique, mais stérile. En 58, je suis devenu une pièce importante pour Feola. Il me demandait de jouer sur l'aile quand le Brésil avait la possession et quand nous perdions le ballon, je me transformais en milieu de terrain et je venais aider l'arrière gauche. Je dois beaucoup à la philosophie de Feola. Pas seulement parce qu'il me disait 'joue comme ci ou comme ça', mais aussi parce qu'il voyait comment je jouais à Botafogo. On peut dire que c'est la première fois qu'il y a eu un changement tactique dans le football brésilien."

Un sélectionneur pionnier
À cette époque, l'entraîneur de la Seleção n'était certainement pas un débutant dans la fonction. Feola avait en effet passé les 20 années précédentes à diriger São Paulo, dont il avait défendu les couleurs en tant que joueur, "plutôt médiocre" de son propre aveu. Durant cette période, il a eu un rôle fondamental dans la vie d'un autre géant du football brésilien : Leônidas da Silva. "C'est Feola qui a insisté pour que je quitte Flamengo pour aller à São Paulo en 1942. C'est aussi lui qui m'a convaincu de ne pas arrêter ma carrière en 1947. J'ai fini par céder et je suis devenu champion pauliste en 1948 et 1949", se souvenait le meilleur buteur de France 1938™, juste après la mort de Feola à l'âge de 65 ans, en 1975.

Vicente Feola était déjà là en 1950 lorsque les Brésiliens ont été à 45 minutes de remporter leur première finale de Coupe du Monde de la FIFA™. C'est en effet comme adjoint de l'entraîneur Flávio Costa qu'il a vécu le fameux mais traumatique Maracanazo. Il possède déjà une longue expérience lorsque le chef de la délégation brésilienne, Paulo Machado de Carvalho, le nomme en 1958 entraîneur d'une Seleção qui n'avait jusque-là jamais travaillé avec un encadrement technique aussi organisé. C'est peut-être pour cette raison précisément, pour avoir été le premier à travailler avec un intendant, un préparateur physique, un médecin, un administrateur, un dentiste et un psychologue que Feola est devenu la cible idéale de rumeurs de la part de personnes qui n'avaient aucun pouvoir de décision.

La pépite de Feola
Ce qui est certain, c'est que l'histoire du football brésilien attribue ce grand changement à une supposée réunion des joueurs les plus anciens du groupe. Après les deux premiers matches de la Seleção dans cette Coupe du Monde de la FIFA™, qui se soldent par une victoire sur l'Autriche et un nul face à l'Angleterre, Didi, Nilton Santos et compagnie se seraient réunis pour discuter et finalement imposer deux modifications en vue de la rencontre décisive contre l'U.R.S.S. Exit Joel et Mazola, place à Garrincha et Pelé. Pour ce match… et pour l'histoire. Le tout contre l'avis de l'entraîneur.

"C'est un mensonge. Il n'y a pas eu de réunion", affirme Zito à FIFA.com. "La décision a été prise par Feola, après que le docteur Hilton Gosling, le médecin de l'équipe, eut donné son feu vert pour Pelé", ajoute-t-il. Cette version a été confirmée par O Rei en personne au cours d'une conversation avec FIFA.com. Depuis un coup reçu d'Ari Clemente durant un match amical de la Seleção contre Corinthians lors de la préparation pour la Coupe du Monde de la FIFA™, Pelé ressentait des douleurs au genou droit. Sa présence en Suède avait d'ailleurs longtemps été incertaine. Avant la partie face à l'Union soviétique, Feola et Gosling étaient venus voir l'adolescent alors âgé de 17 ans. "Le docteur Hilton est arrivé et a dit : 'Vous êtes apte'. Sur quoi Feola a enchaîné : 'Alors préparez-vous, car vous allez entrer'", se souvient Pelé. "C'était la petite pépite de Feola", confirme Zagallo. "Moi, je ne connaissais pas Pelé, car il n'avait jamais joué au Maracanã. Mais Feola, lorsqu'il était entraîneur à São Paulo, l'a beaucoup vu jouer."

Dans le cas de Garrincha, Zagallo, témoin oculaire de la scène, donne une information révélatrice. "Joel partageait ma chambre pendant la préparation et après le deuxième match, il m'a dit: 'Zagallo, je ressens une douleur au genou...' Je lui ai répondu : 'Écoute, si tu parles, tu vas finir sur le banc'. Mais il a insisté : 'Je la sens vraiment, je vais parler'. C'est suite à ça que Garrincha est entré. Maintenant, si vous écoutez les journalistes, ils vous diront qu'il y a eu une réunion entre les joueurs. Ce sont eux qui ont diffusé cette information. Mais moi, j'étais à la préparation, et je n'ai pas vu de réunion. La veille du match contre l'U.R.S.S., qui avait son centre d'entraînement juste à côté du nôtre, nous nous sommes entraînés. Tous les journalistes étaient là pour Pelé et Garrincha. C'est alors que Feola a changé tout le monde de position, pour que personne ne sache comment le Brésil allait jouer."

Le revers de la médaille
Le reste appartient à l'histoire. La Seleção, à partir de là, gagne et joue de mieux en mieux, pour donner naissance à cette équipe légendaire symbolisée par Pelé et Garrincha. Le Brésil enterre son complexe d'infériorité et devient immédiatement synonyme de football spectaculaire et gagnant. Il remporte la Coupe du Monde de la FIFA™ suivante, sans Feola, qui doit momentanément céder son poste en raison de problèmes de santé. Ces tracas liés à son poids et à sa fragilité cardiaque le laisseront rarement en paix. Ils expliquent aussi pourquoi il fermait souvent les yeux sur son banc, ce qui a évidemment alimenté la légende des soi-disant petits sommes sur le banc de touche.

Chaque médaille ayant son revers, c'est de cette époque que date l'habitude brésilienne de considérer comme un échec tout autre résultat qu'un titre mondial. Vicente Feola laissera sa dernière empreinte aux commandes de la Seleção à Angleterre 1966™. Le Brésil entame sa préparation dans un climat de remous politiques et de confiance en soi exagérée, une préparation de fait désastreuse, avec un effectif de 47 joueurs et des voyages aux quatre coins du pays pour y effectuer des stages. Pour de nombreuses raisons, cela n'a pas fonctionné, et le plus simple a été de faire porter le chapeau au petit gros, calme et débonnaire, qui n'osait jamais élever la voix.

Feola, en fin de compte, a peut-être été victime d'attentes trop élevées, phénomène devenu depuis une caractéristique à part entière du football brésilien et qui a son pendant dans les multiples victoires de la Seleção. Ironiquement, c'est lui aussi qui aura été à l'origine de tout cela, en devenant le premier entraîneur brésilien champion du monde.

Fifa.com (08/02/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 29 Mar - 14:28

Pauleta, l'Aigle au destin royal



En 1995/96, c'est un Pedro Pauleta totalement inconnu qui quitte son archipel natal pour rejoindre sur le continent le club d'Estoril-Praia, qui évolue alors en deuxième division portugaise. Comme il le faisait déjà dans les Açores, l'attaquant marque but sur but, faculté qu'il entretiendra jusqu'à décrocher une place de haut rang dans le football portugais et européen.

À Estoril, il inscrit 19 buts et espère que cela lui ouvrira les portes de l'un des grands clubs du Portugal. En vain. Au lieu de cela, l'année suivante, il rejoint l'Espagne, puis la France, où il devient une véritable idole. Il sera du même coup le premier international portugais à ne jamais avoir évolué en première division lusitanienne.

Et pas un international quelconque ! Au cours des 88 matches qu'il a disputés pour la Selecção das Quinas, Pauleta a trouvé le chemin des filets 47 fois, battant ainsi un record que d'aucuns pensaient inatteignable : il s'agit bien sûr des 41 buts d'une autre légende du football portugais, Eusébio. Surnommé L'Aigle des Açores en France mais Le Cyclone des Açores au Portugal, Pauleta était bel et bien, avant toutes choses, un renard des surfaces.

Le record d'Eusébio a donc vécu, mais l'actuel Vice-président de la Fédération portugaise de football estime que le sien ne va pas tarder à connaître le même sort. "C'est un très grand honneur. Mais les records sont là pour être battus et tout comme j'ai battu celui d'Eusébio, un autre joueur va battre le mien. C'est la loi de la vie. Faire partie des meilleurs buteurs est déjà énorme. Évidemment, être le meilleur est encore mieux", affirme Pauleta à FIFA.com,

Et l'ancien avant-centre ne fait pas de mystère sur son successeur désigné : "Cristiano Ronaldo va battre mon record et il est parfaitement normal qu'il le fasse, au vu de son âge et de ses qualités. Je serai très heureux quand il le fera, parce que ça signifiera plus de buts pour le Portugal, et donc plus de victoires", affirme-t-il avant de revenir sur les meilleurs moments de sa carrière.

Idolâtré en Espagne et en France
"Heureusement, j'ai connu plus de bons moments que de mauvais. J'ai joué deux phases finales de l'EURO et de la Coupe du Monde. Marquer un 'hat-trick' dans un Mondial est quelque chose d'unique (en 2002, face à la Pologne, en phase de groupes). Cela dit, la finale de l'EURO 2004 reste le plus grand moment dans la carrière des joueurs de ma génération, et en même temps le plus triste", se souvient-il en référence à la défaite contre la Grèce en finale de l'UEFA EURO 2004, organisé par le Portugal.

"Nous n'avons pas réussi à gagner le trophée. Atteindre la finale et la perdre est quelque chose de très douloureux, surtout devant votre public. C'était une occasion unique. Mais malgré la tristesse, il reste la grande satisfaction d'avoir atteint quelque chose qu'aucune équipe du Portugal n'avait réussi jusque-là : jouer la finale d'une grande compétition seniors," poursuit-il.

Quand il revient sur sa carrière, Pauleta n'a qu'un regret. "Je n'ai jamais joué en première division portugaise. Ce sont les aléas du football. J'ai quitté le Portugal à 22 ans pour aller en Espagne, et les choses se sont bien passées pour moi à Salamanque et à La Corogne. Ensuite, j'ai encore progressé en France et vu le nombre de buts que je marquais, il était devenu quasiment impossible pour moi de revenir au Portugal. En vérité, j'ai toujours eu l'idée de jouer pour l'un des grands clubs portugais, mais passé 30 ans, ça n'avait plus beaucoup de sens."

S'il n'a jamais eu l'occasion de briller sur les pelouses portugaises, sauf bien sûr avec la sélection de son pays, Pauleta a en maintes occasions fait admirer l'étendue de son talent dans les stades espagnols et français. De Salamanque, il est passé à La Corogne, où il a aidé l'équipe galicienne à conquérir son titre historique de 1999/2000.

Il franchit ensuite les Pyrénées vers une réussite qui l'attend à bras ouverts, telles les ailes de l'autour (açor en portugais), un type de vautour qui a non seulement donné son nom à l'archipel natal de Pauleta, mais qui a également inspiré ce dernier pour célébrer ses buts, les bras déployés à la manière d'un oiseau de proie.

Élu meilleur joueur du championnat de France deux fois de suite (2001/02 et 2002/03) avec Bordeaux, il devient une véritable légende au Paris Saint-Germain, dont il portera les couleurs jusqu'à la fin de sa carrière professionnelle, en 2007/08. Il reste à ce jour le meilleur buteur de l'histoire du PSG.

Retour aux origines
Après avoir joué deux phases finales de Coupe du Monde de la FIFA™ (2002 et 2006), au cours desquelles il a marqué quatre buts, et avoir battu plusieurs records dont certains paraissaient gravés dans du marbre, Pauleta aurait pu tranquillement raccrocher les crampons. Au lieu de cela, il laissa parler son cœur.

"Deux ans après avoir quitté le PSG, j'ai décidé d'aider le club de ma paroisse, où avait joué mon père et où joue mon fils. J'ai disputé trois ou quatre matches au Desportivo de São Roque pour donner un peu de bonheur aux supporters. Pour mon premier match, le stade était plein et pour moi, l'objectif était atteint : aider mon club", se souvient Pauleta, qui n'a pas fait que de la figuration au Desportivo de São Roque.

"Il est évident que j'aurais aimé jouer plus longtemps, mais mon corps ne suivait plus. Malgré cela, j'ai quand même marqué sept buts en deux matches (rires). Nous avons gagné la coupe de l'île São Miguel, ce qui n'est pas rien. En finale, j'ai joué 10 ou 15 minutes, puis je me suis blessé. Mais ça reste un bon souvenir," souligne-t-il.

Les crampons raccrochés, Pauleta s'est lancé dans un nouveau projet. Il est aujourd'hui Vice-président de la Fédération portugaise de football, où il transmet sa vaste expérience aux jeunes en tant que directeur de la formation. "C'est très plaisant. Revenir à la Fédération pour travailler avec les sélections est une source de fierté, car la sélection nationale a toujours été mon club au Portugal. Je suis les équipes de jeunes et, sans vouloir me vanter, je pense que je peux leur servir d'exemple de professionnalisme. Il est bon de pouvoir faire passer ce genre de message aux plus jeunes." Dixit le meilleur buteur de l'histoire de la sélection portugaise.

Pauleta
Position : attaquant

Clubs : Santa Clara (1990 à 1992), Operário (1992 à 1994), U. Micaelense (1994/95), Estoril-Praia (1995/96), Salamanque (1996/97), Deportivo La Corogne (1998 à 2000), Bordeaux (2000 à 2002), Paris Saint-Germain (2003 à 2008) et Desportivo de São Roque (2010/11).

Palmarès : Vice-champion d'Europe 2004 (avec le Portugal), champion d'Espagne (1999/2000), deux Coupes de France (2003/04 et 2005/06), deux Coupes de la Ligue en France (2001/02 et 2007/08).

Fifa.com (29/03/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 12 Avr - 17:53

Southall prend des destins en main



Neville Southall était considéré comme l'un des meilleurs gardiens au monde dans les années 80 et 90. L'international gallois aux 92 sélections a presque tout gagné à l'époque avec Everton. Deux championnats d'Angleterre, autant de FA Cups et la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe ont fait de lui une référence à son poste sur le Vieux Continent.

Son parcours atypique a également contribué à nourrir sa légende. Big Nev a en effet commencé à gagner sa vie dans un café de sa ville natale, Llandudno, au nord du Pays de Galles, avant d'être employé par les services municipaux et de devenir éboueur. Il n'aura travaillé que quelques mois à l'arrière du camion avant de passer professionnel. Les supporters ont pourtant gardé de lui cette image et le titre de son autobiographie, publiée en 2012, est un clin d'œil à son ancien métier : The Binman Chronicles ("Chroniques d'un éboueur").

Neville Southall a quitté l'école sans diplôme dans les années 70. Après avoir raccroché les gants pour de bon en 2002, à l'âge de 43 ans, il a rattrapé le temps perdu. Diplômé de l'enseignement quatre ans plus tard, il s'occupe désormais de jeunes en difficulté sociale, les "NEET" (Not in Education, Employment or Training).

"On a commencé par leur donner l'opportunité de se réinsérer à travers le sport", confie-t-il à FIFA.com. "Ils suivent aussi des activités plus manuelles comme la charpenterie, la maçonnerie ou les arts plastiques. C'est une éducation alternative, destinée à des enfants à problèmes, ou considérés comme tels, et plutôt doués de leurs mains. Ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas suffisamment intelligents. Ils ne sont tout simplement pas faits pour les études."

Quelque chose en réserve
Comme sur les terrains de foot, Neville Southall connaît une certaine réussite dans cette nouvelle carrière. Un de ses anciens élèves a désormais son propre magasin de musique ; d'autres sont dans la coiffure, le tatouage ou sont retournés les bancs de l'enseignement traditionnel. Le Gallois estime que son passé de footballeur lui a permis de s'adapter rapidement à son nouveau rôle. "Dans un vestiaire, il faut composer avec différents profils et caractères", précise-t-il. "Certains sont intelligents, d'autres un peu fous, bruyants ou discrets. C'est pareil dans une salle de classe. Attention, je ne suis pas moi-même un modèle en la matière. Je n'aime pas trop être enfermé entre quatre murs et, ça tombe bien, ces jeunes non plus !".

Quand on lui demande si ses élèves sont intimidés à l'idée de se trouver face à une légende vivante, Neville Southall répond dans un sourire : "Ils ont deux critères pour juger la valeur d'un ancien joueur : le nombre de vidéos sur YouTube et l'avis paternel".

L'ancien joueur d'Everton, fait membre de l'Empire britannique pour services rendus au football, a collectionné les honneurs pendant sa carrière. Sélectionné quatre fois de suite dans l'équipe-type du championnat d'Angleterre, il a également été élu joueur de l'année en 1985 par la Football Writer's Association. Il préfère pourtant regarder devant lui aujourd'hui. "Je ne suis pas du genre à vivre dans le passé", affirme-t-il. "Tu n'avances plus si tu commences à regarder ce que tu as déjà accompli. L'avenir a toujours quelque chose en réserve."

Son prochain défi ? Continuer à faire grandir sa fondation. "On souhaite donner à des jeunes de différents horizons une chance de s'en sortir par le sport", explique-t-il. "Par exemple, en aidant un enfant qui ne peut pas s'offrir une paire de crampons ou le ticket de bus pour aller à l'entraînement. Beaucoup souffrent de la situation économique actuelle et si je peux aider, je le ferai."

Fifa.com (12/04/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 26 Avr - 19:01

Seeler a deux amours : son pays et Hambourg



Les noms de Franz Beckenbauer, Alfredo di Stefano, Diego Maradona ou encore Pelé sont liés éternellement au Bayern Munich, au Real Madrid, à Naples et à Santos, respectivement. Uwe Seeler appartient à la même catégorie. En effet, les amateurs de football allemand associent immanquablement l'ancien attaquant au Hambourg SV. Il faut dire que l'histoire de Seerler et celle du HSV, membre fondateur de la Bundesliga, sont indissociables.

Uwe Seeler naît le 5 novembre 1936 à Hambourg, dans une famille de sportifs. À l'époque, son père Erwin est l'un des footballeurs les plus populaires de la ville. Adhérant au HSV depuis l'âge de dix ans, Uwe fait ses grands débuts chez les Rothosen en 1953, à 16 ans. "C'était totalement inattendu. Nous avons joué au Rothenbaum contre Göttingen 05. Je me souviens que mon défenseur était deux fois plus grand et deux fois plus lourd que moi ! J'ai pourtant fait un bon match et j'ai même gagné quelques duels aériens", se souvient avec humour Uwe Seeler, dans un entretien accordé à FIFA.com.

Au fil des saisons, celui que les supporters surnomment Notre Uwe se taille un statut de légende vivante au sein du club hanséatique. Son talent est tel que sa réputation ne tarde pas à dépasser les frontières de sa région natale. Uwe Seeler effectue ses grands débuts en sélection en 1954, sous la houlette du célèbre Sepp Herberger.

Au mauvais endroit, au mauvais moment
La RFA est encore sur un petit nuage, quelques mois après le fameux "Miracle de Berne". Contre toute attente, la Mannschaft vient en effet de remporter la Coupe du Monde de la FIFA™ en Suisse. Le petit buteur d'1m68 signe 43 réalisations en 72 apparitions avec la RFA. Malheureusement, l'Allemagne de l'Ouest ne remporte aucun titre au cours de cette période. Seeler se console en accumulant les places d'honneur : il termine ainsi deuxième, troisième et quatrième de l'épreuve suprême.

Deux ans après son départ, la RFA remporte l'UEFA EURO et soulève dans la foulée le trophée de la Coupe du Monde de la FIFA 1974™, organisée sur ses terres. En gage d'estime, Seeler est nommé capitaine de l'équipe de RFA à titre honoraire.

Son parcours en club se confond avec l'histoire du Hambourg SV. Sacré champion d'Allemagne du nord neuf années de suite, il décroche son premier titre national en 1960. Toujours en 1960, Uwe Seeler est élu Joueur allemand de l'année. Il compte en outre quatre participations au grand rendez-vous mondial, comme Pelé, Diego Maradona, Ronaldo ou encore Oliver Kahn, pour ne citer qu'eux. En 1963, il remporte la Coupe d'Allemagne. La même année, il est sacré meilleur buteur de l'édition inaugurale de la Bundesliga.

"J'ai marqué beaucoup de très beaux buts dans ma carrière. Il y a eu des retournés, des têtes plongeantes et même des buts de l'arrière de la tête. Mais je ne suis pas de ceux qui s'extasient sur l'esthétique", confie-t-il à FIFA.com. "À partir du moment où le ballon a franchi la ligne, je trouve que c'est un beau but. Le plus important de ma carrière restera cependant celui inscrit en Suède en 1965. Nous devions absolument l'emporter pour valider notre billet pour la Coupe du Monde en Angleterre. Je revenais tout juste d'une grosse opération au tendon d'Achille et je ne savais pas trop où j'en étais. Ce but m'a fait énormément de bien au niveau de la confiance. Il m'a donné le sentiment d'être à ma place à ce niveau."

Un losange dans le coeur
Notre Uwe a toujours véhiculé l'image d'un guerrier et d'un battant, plutôt que d'un habile manieur de ballon. Les supporters allemands n'ont certainement pas oublié le but marqué de l'arrière du crâne contre l'Angleterre, en quart de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 1970™. "Ah, celui-là ! Je ne crois pas que l'on puisse travailler ce genre de geste à l'entraînement", plaisante-t-il. "Parfois, il faut improviser en fonction des circonstances. Le ballon est parti d'un côté et j'ai dû reculer, ce qui n'est jamais simple. Avec un peu de réussite, la balle a rebondi sur ma tête et elle a terminé sa course au fond des filets."

Sur le terrain comme en dehors, Uwe Seeler s'est toujours comporté de manière exemplaire. À 76 ans, il possède une impressionnante collection de titres et de distinctions honorifiques, dont certaines n'ont rien à voir avec le football. Au fil des ans, il a reçu la Silberne Lorbeerblatt (plus haute distinction sportive en Allemagne) et un Bambi (prix décerné par un média allemand). Il est également le premier sportif décoré de l'Ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne.

Toujours aussi populaire des décennies après la fin de sa carrière, ce père de trois enfants coule des jours heureux dans sa ville. Les fans n'oublieront jamais "leur" Uwe. De son côté, l'ancien international restera à jamais marqué par son club de toujours : "Je suis un habitant de Hambourg dans l'âme et j'ai le losange du HSV gravé au fond du cœur. Je suis toujours un supporter et le HSV est mon club".


Né le : 8 novembre 1936
Lieu de naissance : Hambourg (Allemagne)
Poste : Attaquant

Club : Hambourg SV (1953-72)
Equipe nationale : 72 sélections (43 buts)

Palmarès :
* 1 championnat d'Allemagne (1960)
* 1 Coupe d'Allemagne (1963)
* Finaliste de la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe (1968)
* Finaliste de la Coupe du Monde de la FIFA (1966)
* Troisième de la Coupe du Monde de la FIFA (1970)
* Quatrième de la Coupe du Monde de la FIFA (1958)
* Meilleur buteur de Bundesliga (1963/64)

Fifa.com (26/04/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 24 Mai - 21:15

Stades de légende
San Mamés, l'éternelle cathédrale du football espagnol




"Bilbao sans San Mamés, ce serait comme Paris sans la Tour Eiffel", déclarait il y a quelques mois Luis Fernandez, entraîneur de l'Athletic Club de Bilbao entre 1996 et 2000. Pourtant, cette enceinte mythique va bel et bien fermer ses portes à jamais l'année même de son centenaire. Le 26 mai, elle accueillera son dernier match de Liga et début juin, elle sera le théâtre d'une ultime rencontre entre une équipe de Bilbao et une sélection régionale. Puis ce sera le clap de fin pour San Mamés, La Catedral del fútbol, le stade qui a vu jouer Pichichi, Zarra, "El Chopo" Iríbar et autres Dani, l'enceinte dans laquelle Iker Casillas a fait ses débuts dans l'élite, cette arène dont Diego Armando Maradona a déclaré qu'elle était "la plus belle", à son retour en Espagne avec le FC Séville.

La saison prochaine, l'Athletic inaugurera un nouveau stade. Moderne et fonctionnel, ce San Mamés new look sera construit sur une partie des terrains de l'ancien. Il a été conçu pour prolonger la légende et la magie de son prédécesseur, un lieu "tellement intense, dans lequel les gens encouragent tellement leur équipe et qui génère une telle chaleur, qu'on a l'impression de tout vivre en double".

Car à San Mamés, les tribunes ont toujours été pleines, ce qui fait de ce stade une véritable forteresse appartenant à la caste des grands temples du football européen. "Ce qui est impressionnant, c'est d'être dans le tunnel des vestiaires de San Mamés et d'entendre l'hymne. C'est incomparable", se souvient Míchel, qui a souvent fréquenté la Catedral, d'abord en tant que joueur avec le Real Madrid, puis en tant qu'entraîneur.

Origines saintes
Club fondé en 1898, l'Athletic commence à jouer sur la pelouse de Lamiako, près de Bilbao. Cet hippodrome a été converti en terrain de football par les ouvriers anglais des chantiers navals des rives du Nervión. Face à l'affluence générée par la popularité croissante du football, les responsables de l'équipe décident de trouver un site plus adapté et plus proche de la ville. C'est ainsi que le club basque élit domicile à Jolaseta, où les supporters bénéficient enfin d'une tribune couverte pour suivre les rencontres à l'abri.

L'Athletic Club dispute ses matches dans ce petit stade jusqu'à ce qu'une assemblée générale tenue en décembre 1912 décide de la construction d'un nouvel écrin sur des terrains loués, à la périphérie de Bilbao. L'enceinte sera voisine de l'asile de San Mamés, duquel elle tire son nom. De même, les joueurs seront surnommés les Leones (les lions) en référence à la légende de Saint Mammès, martyr chrétien de la Rome antique qui aurait apprivoisé les fauves censés le dévorer dans l'arène.

Les travaux débutent au début de l'année 1913 sous la houlette d'un célèbre architecte de l'époque, Manuel María Smith, qui a imaginé un stade carré, à l'anglaise, capable d'accueillir 3 500 spectateurs. Le match d'inauguration a lieu la même année, le 21 août. Les locaux de l'Athletic sont opposés à leurs voisins du Racing Club de Irún, champions d'Espagne. Cinq minutes après le coup d'envoi, San Mamés assiste à son premier but, signé Pichichi, qui écrit alors les premières lignes de sa légende de goleador. L'attaquant, qui sera vaincu par le typhus à l'âge de 29 ans, a tellement marqué les supporters rojiblancos que ceux-ci lui rendent toujours hommage. Le buste du héros est situé dans la coursive de la tribune principale et chaque fois qu'une équipe se rend pour la première fois à San Mamés, son capitaine vient y déposer une gerbe de fleurs.

Seigneurs et connaisseurs
C'est au cours de ses premières décennies d'existence que le stade reçoit le surnom de Catedral. Les supporters qui s'y rendaient ne disaient pas qu'ils allaient à San Mamés, mais "à la cathédrale", afin de faire la distinction avec l'église de l'asile. Rares sont les appellations à faire autant l'unanimité et aujourd'hui, tout le monde reconnaît que ce stade centenaire est bien la cathédrale du football espagnol. Ce statut tient surtout à la classe de ses fidèles, capables d'apprécier le beau football et d'applaudir les équipes adverses ayant réalisé des prestations d'exception. C'est ainsi que le Barcelonais Xavi Hernández a plus d'une fois quitté la pelouse basque sous les applaudissements : "Je suis très reconnaissant envers les supporters de San Mamés. Ils m'ont toujours bien accueilli ; leurs ovations donnent la chair de poule".

Au fil de ses 100 ans d'histoire, l'enceinte a subi de nombreuses évolutions, qui ont porté sa capacité à 40 000 places. L'opération la plus importante, qui lui a conféré son aspect actuel, date de 1953. Un groupe d'architectes conçoit un projet révolutionnaire en dotant la tribune principale de la toiture en béton armé la plus imposante Europe, laquelle deviendra la signature de San Mamés. Les autres tribunes seront elles aussi modernisées. L'arc surmontant la tribune est tout aussi symbolique. Les dirigeants du club ont ainsi annoncé qu'avant la démolition du stade, cette pièce monumentale sera retirée et exposée quelque part dans la province basque, comme souvenir de l'ancien San Mamés.

Les meilleures équipes du monde ont foulé la pelouse de ce stade mythique, le seul à avoir accueilli chacune des éditions du championnat espagnol depuis ses débuts, en 1929. Ce dimanche 26 mai, face à Levante, les supporters des Leones rempliront une dernière fois les tribunes pour un match de Liga. Le capitaine rojiblanco Carlos Gurpegui sait bien qu'il ne s'agira pas d'un jour comme les autres. "Quand l'arbitre va siffler la fin, je ne sais pas comment nous allons réagir. Il va y avoir beaucoup d'émotion", reconnaît-il.

Puis s'ouvrira l'ère du nouveau San Mamés, dont la première pierre a été une urne contenant une dalle de la façade et un carré de pelouse de La Catedral, ce stade que l'entraîneur argentin Marcelo Bielsa a défini comme "une caisse qui contient tout ce sentiment, avec une résonance et une répercussion infinies".

Fifa.com (24/05/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Sam 25 Mai - 14:53

Wembley, la cour des géants



Entre mai et juin, un million de spectateurs auront franchi les portes du stade de Wembley. Ils auront consommé sur place 650 000 pintes de bière et 250 000 hamburgers. Depuis la finale du FA Vase le 4 mai dernier, la fameuse enceinte londonienne ne désemplit pas. Le concert de Robbie Williams programmé le 5 juillet prochain marquera donc la fin d'une période très chargée pour l'un des stades les plus célèbres de la planète.

Dans l'intervalle, Wembley a accueilli la finale de la FA Cup, son premier choc entre l'Angleterre et la République d'Irlande depuis 22 ans et le grand rendez-vous annuel du football européen, à savoir la finale de la Ligue des champions de l'UEFA, qui opposera le Bayern Munich au Borussia Dortmund.

En tant que directrice événementielle, Lindsey Jackson est responsable de la gestion, de la billetterie et du respect des règles de sécurité et sanitaires pour l'ensemble de ces dates. La jeune femme ne se contente pas d'aborder ces événements avec calme, elle avoue attendre avec impatience chacun de ces rendez-vous de gala.

"Quand on travaille dans un stade, on a envie de le voir plein. Ça rend l'endroit plus vivant", confie-t-elle à FIFA.com. "Nous sommes là pour ça et nous sommes donc ravis d'organiser ces événements. Nous avons commencé par les demi-finales de la FA Cup en avril. Contrairement à la plupart des stades anglais, Wembley est assez tranquille à Noël. Notre pic d'activité se situe plutôt en mai."

"Nous bénéficions d'une bonne coordination, ce qui nous permet de gérer efficacement les lieux. L'équipe de direction sait désormais ce qu'il est possible d'accomplir en peu de temps. Notre planning annuel se concentre autour de la période actuelle. C'est très intense pour nous. Si les supporters peuvent faire la fête avec les joueurs et si les capitaines peuvent soulever leurs trophées, c'est un peu grâce à nous. Contribuer à de tels instants de bonheur, c'est magique."

Jackson a également participé au processus de candidature pour l'organisation de la finale de la Ligue des champions de l'UEFA 2011. À l'époque, le FC Barcelone avait battu Manchester United à Wembley. Pour la deuxième fois en trois ans, l'élite européenne s'est donc donné rendez-vous sur la fameuse arche.

15 km de billets
"Disputer une finale de Ligue des champions, c'est une expérience unique pour un club. La pression est énorme mais nous faisons tout notre possible pour faciliter les choses aux participants. Nous partons du principe que jouer à Wembley reste quelque chose d'exceptionnel. Notre slogan, Inspiring Memories ("sublimer les souvenirs"), résume notre philosophie. Nous accordons la même attention à tous nos visiteurs."

"Pour les équipes qui disputent le FA Vase, la finale reste le point culminant du tournoi, le moment fort de l'année. Que vous soyez supporter de Spennymoor Town ou du Bayern Munich, une finale doit toujours être considérée comme un événement unique. C'est la raison pour laquelle nous accueillons chacun de la même manière."

Andrew Falvey, responsable de billetterie de Wembley, estime que les 90 000 billets imprimés pour l'occasion pourraient couvrir la distance qui sépare Wembley de Trafalgar Square, soit près de 15 kilomètres. Mais les stars de la planète football ne seront pas les seules à se produire dans la célèbre enceinte cet été : les concerts de Bruce Springsteen, des Killers et de l'ancien chanteur de Take That Robbie Williams devraient attirer 80 000 fans.

"Nous ne prendrons pas de vacances après la Ligue des champions", sourit Jackson. "Nous passons directement à la saison des concerts. Notre équipe va se consacrer aux sept rendez-vous musicaux qui vont rythmer les mois de juin et juillet. C'est fantastique !"

Compétition (25/05/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 28 Mai - 12:47

28 mai 1968 : Red Devils, de l'enfer au paradis



Ensanglanté, Matt Busby gît dans la neige, au milieu des corps de ses collègues. Bill Foulkes s'approche du manager de Manchester United et entend ce qu'il prend pour un dernier râle d'agonie. "Il a poussé un gémissement à fendre l'âme", se souvient l'intéressé. "J'ai vraiment cru que sa dernière heure était arrivée."

Busby est admis à l'hôpital avec un poumon perforé et plusieurs côtes cassées. Par deux fois, on lui administre les derniers sacrements. Pourtant, l'entraîneur écossais survit miraculeusement à la catastrophe aérienne de Munich, après deux mois passés entre la vie et la mort.

Son club, Manchester United, est lui aussi au plus mal. Huit joueurs ont péri dans la tragédie, deux autres doivent renoncer à leur carrière et Kenny Morgans n'est plus que l'ombre du génial ailier droit qui terrorisait les défenses européennes. En cette année 1958, les dirigeants refusent pourtant de jeter l'éponge. Busby, lui, ne veut plus entendre parler de football. "À cette époque, j'étais convaincu qu'il n'y avait plus de place pour le ballon dans ma vie", a-t-il confié par la suite. "Ma femme m'a finalement convaincu de reprendre du service. Elle pensait que les copains auraient voulu que je continue."

Busby fait partie d'un petit groupe de six rescapés, au sein duquel figurent également le défenseur Foulkes, le gardien Harry Gregg et le milieu offensif Bobby Charlton. Le manager s'attelle immédiatement à la tâche et entreprend de reconstruire une équipe compétitive. L'attaquant écossais Denis Law arrive en provenance du Torino en 1962. L'année suivante, un certain George Best fait ses débuts avec les Red Devils. Ensemble, ils mènent Manchester United à la victoire en FA Cup en 1963. Le club s'adjuge en outre deux titres de champion d'Angleterre, en 1965 et 1967. Manchester United peut désormais repartir à la conquête de la Coupe d'Europe des clubs champions.

Les Anglais éliminent tour à tour les Hibernians (Malte), Sarajevo (Yougoslavie) et le Gornik Zabrze (Pologne). En demi-finale, ils retrouvent l'équipe qu'ils auraient dû affronter en finale de l'édition 1958, le Real Madrid. Manchester United s'impose 1:0 à Old Trafford, sur une frappe en force de Best. Le champion d'Angleterre arrache le nul 3:3 à Santiago Bernabeu au retour, grâce à deux buts inscrits en fin de match sur deux passes décisives de l'ailier nord-irlandais.

Red Devils au paradis
La finale s'est déroulée à Wembley devant 92 000 spectateurs, il y a 45 ans, ce 28 mai. À cette époque, Manchester United a rendez-vous avec une équipe de Benfica qui compte déjà deux couronnes continentales à son actif. Dans le dernier carré, les Portugais se sont livrés à une démonstration de force en battant la Juventus à deux reprises. Mario Coluna et Eusebio arrivent donc à Londres en position de force. Foulkes et Charlton, survivant de la catastrophe aérienne, sont alignés d'entrée. En revanche, Law, blessé, doit suivre les débats depuis les tribunes.

La première mi-temps se déroule sur un rythme enlevé. Le ballon passe rapidement d'un camp à l'autre. Les Anglais obtiennent de nombreux coups francs, grâce aux dribbles de l'insaisissable Best. De son côté, Eusebio trouve la transversale, après avoir enfin réussi à échapper à la vigilance de Nobby Stiles. Finalement, les deux équipes rejoignent les vestiaires sur un nul vierge.

Les Red Devils prennent les choses en main dès le début de la seconde mi-temps. Après dix minutes de jeu, Sadler centre de la gauche et trouve Charlton. La reprise de la tête de l'international anglais lobe tout le monde et termine sa course dans l'angle du but. Manchester United cherche à creuser l'écart mais se heurte à un José Henrique en grande forme dans le but portugais. Benfica égalise à la 75ème minute, sur une reprise victorieuse de Jaime Graça.

Alors que le coup de sifflet final approche, les Aguias se procurent une nouvelle occasion franche. Au prix d'une accélération incroyable, Eusebio fausse compagnie à la défense centrale et part en duel avec Alex Stepney. Le gardien anglais réalise une parade si spectaculaire que le Portugais ne peut s'empêcher de le féliciter.

Entre le nord de l'Angleterre et la côte portugaise, le trophée le plus convoité d'Europe ne parvient pas à choisir sa destination. Il faut donc en passer par la prolongation. Trois minutes après la reprise, Best laisse José Henrique sur place grâce à un nouveau dribble hypnotique et marque dans le but vide. Le jour de son 19ème anniversaire, Brian Kidd inscrit le troisième but des Red Devils, avant que Charlton ne scelle définitivement la victoire (4:1) de son équipe.

John Aston est élu homme du match. La presse portugaise couvre Stepney d'éloges. La performance exceptionnelle de Best lui vaudra de remporter le Ballon d'Or quelques mois plus tard. Pourtant, cette victoire appartient moins aux nouvelles stars mancuniennes qu'à Busby, Charlton, Foulkes et à tous ceux qui avaient trouvé la mort dix ans plus tôt à Munich.

Victoire et mémoire
Charlton soulève le trophée devant les familles des victimes de la catastrophe aérienne. "C'était une nuit merveilleuse car, d'une certaine façon, nous avons remis les choses en ordre", se souvient-il. "Cette grande tragédie nous avait durement affectés. Matt se sentait responsable car il avait insisté auprès des parents pour qu'ils lui confient leurs enfants. Il considérait les victimes de l'accident comme des membres de sa famille. Il a été plus touché par ce drame que n'importe qui d'autre."

Et d'ajouter : "Au coup de sifflet final, nous avons ressenti des émotions très fortes. Je me souviens avoir pris Matt dans mes bras. Nous avions tous tellement souffert… Quand je me suis tourné vers lui, j'ai vu du soulagement, de l'extase et beaucoup de fierté. Dans un sens, cette victoire lui a permis de faire son deuil."

Dix ans après avoir plongé dans les abysses avec son club, Matt Busby a ramené Manchester United au zénith du football européen. Personne n'aurait pu imaginer plus bel hommage à la mémoire des 23 victimes de la catastrophe aérienne de Munich.

Fifa.com (28/05/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Dim 16 Juin - 12:48

16 juin 1998 : Ronaldo, le premier d'une série historique



Ronaldo Nazário de Lima a annoncé sa retraite en février 2011 en larmes, après deux décennies d'une réussite sportive exceptionnelle mêlée à pas mal de problèmes physiques. C'était la fin d'une carrière placée sous le signe de la puissance, de la rapidité, mais encore plus d'une capacité extraordinaire à trouver le chemin des filets. Le natif de Rio de Janeiro a ainsi terrorisé les défenses adverses avec ses différents clubs au Brésil, aux Pays-Bas, en Espagne et en Italie. Il a en outre participé à quatre phases finales de Coupe du Monde de la FIFA™ et a été deux fois champion du monde.

Son efficacité unique dans la compétition reine du football mondial débute le 16 juin 1998 à Nantes. FIFA.com rend hommage au Fenômeno en revenant sur cette soirée au cours de laquelle Ronaldo a inscrit le premier d'une série record de 15 buts en Coupe du Monde de la FIFA™.

Le Brésil aborde France 1998 avec le statut de tenant du trophée et la ferme intention de marcher dans les pas de la Canarinha qui avait réussi la passe de deux en remportant successivement Suède 1958 et Chili 1962. Pour sa première sortie dans le tournoi, la Seleção bat de justesse l'Écosse (2:1), avant d'affronter le Maroc, dans une rencontre déjà décisive en vue de la qualification pour le tour suivant.

Quatre fois le même rêve
Après neuf minutes de jeu, le numéro 9 brésilien, qui avait vécu toute la Coupe du Monde de la FIFA 1994™ sur le banc des remplaçants, trouve la faille pour la première fois de sa carrière dans l'épreuve. "C'est une sensation merveilleuse", se souvient Ronaldo pour FIFA.com quand on évoque ce but contre le Maroc. "Rivaldo me fait une passe et je termine d'un tir croisé", poursuit-il. Le Brésil marque encore deux fois et décroche son billet pour les huitièmes de finale dès sa deuxième sortie dans la compétition. "Ça n'a pas été un match facile. Ils étaient bien regroupés en défense, mais nous avons quand même réussi à trouver des espaces."

Ronaldo dispute cinq autres matches en France et parvient à prendre à défaut le gardien adverse encore trois fois. "C'est toujours agréable de revoir ces buts. J'avais 21 ans à cette époque, mais j'étais déjà un joueur expérimenté", explique-t-il en souriant, avant d'ajouter : "Mis à part le problème que j'ai eu en finale, je crois que j'ai fait une bonne Coupe du Monde en France". En finale, le Brésil s'inclinera contre le pays hôte, qui avait à la baguette un grand Zinedine Zidane.

Après ce tournoi, l'attaquant carioca remporte des titres collectifs et des prix individuels ponctués de blessures récurrentes, et participe encore deux fois à la Coupe du Monde de la FIFA™. "Jouer un Mondial, c'est un rêve qui était devenu réalité et j'ai fait ce rêve quatre fois. Ça représente beaucoup pour un joueur. Ça change une carrière et c'est ce qui s'est passé pour moi", raconte avec fierté le Ballon d'Or adidas de la Coupe du Monde de la FIFA 1998™.

Deux fois le même objectif
Ronaldo est physiquement diminué au moment d'aborder la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002™. Mais Luiz Felipe Scolari décide de lui faire confiance. Bien lui en prend, son numéro 9 prenant à revers les défenses adverses à huit reprises. Le Brésil s'impose en finale contre l'Allemagne et Ronaldo, auteur de 12 buts dans le tournoi alors qu'il n'a que 25 ans, n'est plus qu'à deux longueurs du record absolu détenu par Gerd Müller. "Je crois que tous les joueurs ont un objectif dans leur carrière. Le mien était d'être champion du monde avec le Brésil et je l'ai atteint deux fois. Quand j'ai senti pour la première fois que je pouvais atteindre et dépasser le record de Müller, ce n'est pas devenu une obsession, mais je me suis dit que ça ne serait pas mal de battre ce record", confie le Brésilien.

L'un des enjeux d'Allemagne 2006 est donc de savoir si Ronaldo va réussir à battre le record du Bomber, dans la patrie même de ce dernier. Dans le troisième match de groupe du Brésil, face au Japon, le numéro 9 brésilien inscrit un doublé et égale donc le record de Müller. Cinq jours plus tard, face au Ghana, il marque son quinzième et ultime but, celui du record, à l'âge de 32 ans. "J'ai reçu une passe merveilleuse de Kaká, pris la défense de vitesse, dribblé le gardien et marqué. Voilà le but qui m'a donné le record. Il est aussi inoubliable que le premier que j'ai marqué en Coupe du Monde."

Derrière, c'est un autre Allemand qui pointe le bout du nez en la personne de Miroslav Klose. Toujours en activité, l'attaquant de la Lazio a déjà marqué 14 fois en Coupe du Monde de la FIFA™. Ronaldo prend la chose avec sportivité et naturel : "Je ne vais pas vous dire que je souhaite qu'il batte le record, surtout pas au Brésil. Mais il est clair que c'est une vraie possibilité, si l'Allemagne et surtout si Klose sont présents au Brésil l'année prochaine", conclut Ronaldo.

Fifa.com (16/06/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 24 Juil - 22:04

Brésil : Djalma Santos, l'aile brésilienne a rejoint le ciel



Considéré par beaucoup comme le meilleur latéral droit de tous les temps, Djalma Santos s'est éteint ce mardi 23 juillet à l'âge de 84 ans. Le double vainqueur de la Coupe du Monde de la FIFA™ avec le Brésil (en 1958 et 1962) est décédé des suites d'une infection respiratoire aiguë. Il avait été admis le 1er juillet à l'hôpital Hélio Angotti d'Uberaba, dans l'État du Minas Gerais.

Après avoir remporté deux tournois Rio-São Paulo avec Portuguesa, Djalma Santos s'est surtout illustré sous les couleurs de l'Academia, comme était surnommée l'équipe de Palmeiras dans les années 1960. Avec le Verdão, il remporte deux Coupes du Brésil, un Tournoi Roberto Gomes Pedrosa, un Rio-São Paulo et trois Campeonatos Paulistas. Il quitte Palmeiras en 1968 pour défendre les couleurs de l'Atlético-PR, avec qui il décroche son dernier titre : le Campeonato Paranaense 1970.

L'accumulation des trophées n'a jamais troublé la simplicité ni la tranquillité de Djalma, qui parlait toujours avec beaucoup d'humilité de son statut de champion du monde ou de sa présence parmi les plus grands joueurs de l'histoire à son poste. "J'ai toujours vécu tout à fait normalement. J'ai toujours respecté l'adversaire, respecté le public qui venait voir les matches. Grâce à Dieu, je n'ai jamais été expulsé d'un terrain de foot. Pourquoi ? Parce que j'avais du respect. Je jouais dans les règles", répondait-il en 2010 quand FIFA.com lui demandait ce que le titre de champion du monde en 1958 et le fait d'avoir été élu meilleur latéral droit cette année-là en Suède avait changé à sa carrière. "Logiquement, cela m'a ouvert quelques portes. Je ne peux pas dire le contraire. J'ai pu avoir la carrière que j'ai eue grâce à ces titres de champion du monde avec le Brésil. Je respecte ça et je suis reconnaissant au football de me l'avoir donné."

Idole de deux colonies
Djalma Santos a connu un début de carrière professionnelle frustrant au sens où il a été obligé d'évoluer comme milieu de terrain. Ensuite, il est repositionné au poste d'arrière droit. Il reste alors pendant plus d'une décennie à Portuguesa. "Pendant 11 ans, j'ai joué à Portuguesa et nous n'avons jamais réussi à gagner le championnat pauliste. Mais j'espère toujours que le club réussira à le faire un jour. Il le mérite", avait-il affirmé au moment de mettre fin à sa carrière.

Déjà connu internationalement, Djalma Santos quitte en 1959 la colonie portugaise pour rejoindre Palmeiras l'italienne. Dès lors, il fait partie de l'une des meilleures formations de l'histoire du Verdão, avec qui il remporte trois championnats paulistes en une décennie, à une époque où la suprématie du Santos de Pelé et compagnie semblait insurmontable.

Djalma Santos signe dans le troisième club de sa carrière en 1969 : l'Atlético-PR. À Curitiba, il n'a plus besoin de faire ses preuves, mais donne quand même le meilleur de lui-même pour permettre au club de remporter le championnat d'État 1970. Le Furacão restait alors sur 13 années sans le moindre trophée. Ce sera le dernier titre de la carrière de Djalma Santos qui, l'année suivante, raccroche les crampons.

Équipe du Brésil
Lorsque Djalma Santos débute en Seleção, le peuple brésilien est encore traumatisé par la défaite contre l'Uruguay au Maracanã en finale dans la Coupe du Monde de la FIFA 1950™. Le latéral droit dispute son premier match en équipe nationale contre le Pérou, le 10 avril 1952. Les deux pays se neutralisent (0:0). Sa première victoire arrive à l'occasion d'un match contre le Panama, remporté 5:0 par le Brésil.

Djalma Santos a été titulaire dans les trois matches disputés par le Brésil à la Coupe du Monde de la FIFA, Suisse 1954™. En quarts de finale, il marque un penalty contre la grande équipe de Hongrie, mais cela se révèle insuffisant pour éviter la défaite (4:2), synonyme d'élimination. À la Coupe du Monde de la FIFA, Suède 1958™, notre homme assiste depuis le banc aux cinq premières sorties de la Seleção dans la compétition. Il foule le gazon suédois pour la première fois lors de la finale, contre le pays hôte. À cette occasion, il remplace le joueur de São Paulo De Sordi, blessé. "Cette victoire contre la Suède est la plus belle de ma carrière : sur le terrain du pays hôte, avec la reine dans les tribunes", avait déclaré le joueur à cette occasion.

Il sera encore titulaire dans deux Coupes du Monde de la FIFA™, en 1962 au Chili, avec un deuxième titre mondial à la clé, et en 1966 en Angleterre, avec une élimination en quarts de finale par le Portugal du légendaire attaquant Eusébio.

Le latéral droit a en outre établi un record important avec la Seleção. Djalma Santos a été le premier international brésilien à atteindre la barre des 100 matches disputés sous le maillot canarinho. Son bilan en équipe nationale est de 110 sélections, quatre Coupes du Monde de la FIFA™ disputées (et deux gagnées) et trois buts inscrits.

Djalma Santos fait ses adieux à l'équipe du Brésil le 9 juin 1968, avec une victoire 2:0 sur l'Uruguay au Pacaembu. Cinq années auparavant, la FIFA avait organisé un match amical pour commémorer le centenaire de la naissance du football et du championnat d'Angleterre. Djalma Santos avait alors évolué à son poste habituel de latéral droit. C'était le seul Brésilien d'une équipe du reste du monde qui s'était inclinée 2:1 contre l'Angleterre, à Wembley.

Fifa.com (24/07/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 26 Juil - 19:55

Zarra, saint-patron du but espagnol



"Venez admirer la meilleure tête d'Europe depuis Churchill !" C'est ainsi que l'on présentait le match amical entre l'Espagne et la Suède à Stockholm de 1951. Cette tête si prisée était celle de Telmo Zarraonandia Montoya, attaquant de l'Athletic de Bilbao et grand mythe du football espagnol qui a inscrit un nombre incalculable de buts au long de sa carrière, notamment de la tête, sa spécialité. Mais il lui aura suffi d'une seule réalisation, celle-ci du pied, pour entrer dans la légende. Car quand on parle du "but de Zarra", un seul vient à l'esprit du fan espagnol parmi les plus de 350 qu'il a marqués.

Nous parlons là de celui qu'il a inscrit au Maracanã face à l'Angleterre lors du dernier match de poules de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 1950. D'une frappe en première intention, il a envoyé un petit ballon piqué hors de portée du gardien adverse, Bert Williams, scellant ainsi la victoire 1:0 sur la "Perfide Albion", comme l'écrivaient les journaux de l'époque. Ce succès permettait à l'Espagne d'accéder à la poule finale de quatre équipes qui allait sacrer l'Uruguay - après le célèbre Maracanazo - et offrir aux Ibères une quatrième position qui resterait longtemps son meilleur résultat sur la plus prestigieuse des scènes.

Quelques années plus tard, Zarra donnait sa version des faits : "Gabriel Alonso a avancé balle au pied depuis la défense quasiment jusqu'à Basora et il a envoyé un centre assez long. Le ballon est parvenu à Gaínza, qui a remis de la tête vers le cœur de la surface. Igoa a laissé passer le ballon et moi j'ai pu frapper parce qu'un défenseur anglais n'a pas réussi à le dégager". Voilà une façon très simple de décrire un but que le journaliste Matías Prats a gravé dans l'imaginaire espagnol par le biais de la radio, à une époque où il n'y avait pas de retransmission télévisée en direct.

Cette petite merveille fait partie des centaines de buts inscrits au long de sa carrière par ce fils de cheminots, septième enfant d'une fratrie de dix. Telmito, surnommé le Peureux dans son enfance - "J'ai toujours été très timide, très réservé, même quand je jouais", reconnaissait-il -, a découvert le football dans l'équipe de son quartier, mais il a bientôt rejoint l'Athletic Club de Bilbao, qui était à la recherche de joueurs pour rebâtir son équipe après la Guerre d'Espagne. Le grand club basque n'allait jamais regretter de l'avoir fait venir. Dès son premier match, il inscrit un doublé en championnat contre Valence. Les deux premiers buts d'une longue liste…

Un maître face aux buts
Encore aujourd'hui, Zarra demeure le meilleur buteur de l'histoire de la Liga, avec 251 réalisations. Pourtant, l'élite espagnole ne comptait à l'époque que 14 ou 16 formations ! En outre, c'est le joueur qui a décroché le plus de titres de meilleur buteur de la saison, avec six Pichichi. Pendant plus de 50 ans, son record de 38 buts marqués lors de la saison 1950/51 aura semblé inaccessible, jusqu'à ce que Hugo Sánchez l'égale et que Cristiano Ronaldo et Lionel Messi le dépassent. Mais n'oublions pas que Zarra y était parvenu en 30 journées !

"Il suffisait d'envoyer le ballon devant et lui se chargeait de marquer". La tactique était aussi simple que ça, selon Iriondo, qui aura formé avec Zarra, Venancio, Panizo et Gainza l'une des attaques les plus flamboyantes de l'histoire des Leones.

Paradoxalement, c'est en finale de la Coupe d'Espagne conquise en 1945 qu'il a vécu l'une de ses plus grandes désillusions : la seule exclusion de sa carrière. D'après la version de Zarra, c'était un "malentendu", car l'arbitre aurait interprété comme une agression une "plaisanterie" de sa part. Heureusement, le but d'Iriondo allait transformer ses sanglots en pleurs de joie, car les Basques allaient finalement s'imposer 3:2 contre Valence.

Après 15 années de bons et loyaux services, Zarra a décidé de mettre un terme à sa carrière professionnelle pour laisser la place aux nouvelles générations. En 1955, il a quitté l'Athletic mais il a continué de jouer pendant deux ans en deuxième division à titre gracieux. Éloigné du football professionnel, Zarra s'est consacré à d'autres activités, notamment un magasin de sport ou encore un restaurant, mais il a toujours continué à mettre les crampons, de temps en temps, pour une oeuvre caritative.

Il est étonnant de constater qu'un joueur de sa classe ait mis 42 ans à recevoir l'hommage qu'il méritait tant. Alors que son dernier contrat avec l'Athletic mentionnait un jubilé, celui-ci n'a eu lieu qu'en 1997 : un match opposant son club à une sélection de la Liga. Parmi les personnalités présentes dans le stade se trouvait Bert Williams, le gardien anglais avec lequel il a partagé le moment le plus important de sa carrière, celui du mythique but du Maracanã…

Zarra est décédé le 23 février 2006 à 85 ans à la suite d'un infarctus.

Fifa.com (26/07/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Sam 17 Aoû - 21:08

Hagi, le Maradona des Carpates



Comme beaucoup de footballeurs de génie, Gheorghe Hagi a eu plusieurs surnoms. La plupart des gens le connaissaient comme le "Maradona des Carpates". Mais pour les fans de Galatasaray, il était avant tout le Commandante. En Roumanie, son surnom était tout simplement Regele (le roi).

Dans son pays natal, Hagi est considéré de très loin comme le meilleur footballeur de l'histoire du football roumain. Tout au long de sa carrière - dans les années 1980 et 1990 - Hagi a déchaîné les passions en Roumanie grâce à sa faculté de transformer l'ordinaire en extraordinaire.

Sa technique, sa vision du jeu, ses frappes redoutables et sa créativité ont fait de lui l'un des joueurs les plus doués de sa génération. Sur le terrain, il était autoritaire et n'hésitait pas à réprimander ses coéquipiers. En même temps, sa joie de jouer était contagieuse. Hagi aimait manier le ballon et tout ce qu'il entreprenait était marqué du sceau de cet amour. En deux mots comme en mille, Hagi était un footballeur-né.

Ses parents ont remarqué ses aptitudes très tôt. À trois ans, le petit Gheorghe est envoyé dans une école de football de haut niveau à Constanta. "À 11 ans, j'avais déjà participé à un tournoi professionnel nommé la Cupa Sperantei. Pendant deux éditions de suite, j'ai été nommé meilleur joueur et j'ai terminé meilleur buteur de cette compétition", rappelait le maître à jouer au micro de FIFA.com.

Grands clubs et fortunes diverses
La gloire commence à pointer le bout du nez en 1983. Âgé de tout juste 18 ans, Hagi est convoqué pour la première fois en équipe de Roumanie. Ce sera la première de 124 capes en sélection nationale. Quatre ans plus tard, il signe son premier gros contrat en rejoignant le Steaua Bucarest. Pendant de nombreuses années, il sera moins éblouissant en club qu'en sélection. Cela dit, il remporte quand même des titres avec le club le plus en vue de Roumanie, avec notamment trois doublés Coupe-championnat consécutifs en Roumanie. Suffisant pour attirer l'attention des plus grands clubs de la planète, avec à la clé un transfert au Real Madrid en 1990.

Dans la capitale espagnole, Hagi ne trouve pas ses marques. Il prend alors la direction de Brescia, où il connaît la relégation en Serie B dès sa première saison au club. C'est donc en deuxième division italienne qu'à 29 ans, Hagi se prépare pour la Coupe du Monde de la FIFA, États-Unis 1994™, où il va définitivement éclater sur le devant de la scène internationale. Ses performances cette année-là lors de l'épreuve suprême du football mondial lui valent un transfert à Barcelone, où une nouvelle fois il peine à percer. Il ne fera jamais vraiment partie de la fameuse Dream Team de Johan Cruyff. Cependant, il ne perdra pas son temps pendant ses deux années en Catalogne.

Hagi ne manque d'ailleurs pas une occasion de se féliciter de ce passage à Barcelone. "C'était fantastique, même si je n'ai pas toujours joué. Cruyff est probablement l'un des entraîneurs les plus créatifs dans l'histoire du football. J'ai toujours adoré ses idées et il avait sans arrêt quelque chose de nouveau à proposer. J'ai énormément appris de lui et je suis heureux et reconnaissant d'avoir eu la chance de travailler avec lui à Barcelone."

C'est finalement en 1996, à l'âge de 31 ans, que Hagi trouve un club où il peut montrer le meilleur de lui-même. Lorsqu'il décide de rejoindre Galatasaray, son choix surprend. Il l'explique par la mentalité spéciale qui règne au sein du géant du football turc : "Les champions veulent toujours continuer à gagner". Son choix s'avère judicieux. Au moment de quitter le club cinq ans plus tard, en 2001, Hagi était quasiment aussi adulé en Turquie qu'en Roumanie. Sous la houlette du coach Fatih Terim, Gala est sacré champion de Turquie quatre années consécutives, et ajoute à cela une Coupe de l'UEFA et, cerise sur le gâteau, un triomphe aux dépens du Real Madrid dans la Supercoupe de l'UEFA.

C'est lors de la période stambouliote de Hagi que Luis Fernandez observe au sujet du chevronné milieu de terrain : "Hagi est comme le bon vin. Il s'améliore avec l'âge". Cela est peut-être vrai en club mais en sélection, le cru Hagi avait atteint sa maturité quelques années plus tôt.

Le rêve américain
Pour Hagi, États-Unis 1994 n'est pas la première Coupe du Monde de la FIFA™. Le meneur de jeu roumain a déjà participé et montré un aperçu de son talent à la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990™. Mais quatre ans plus tard outre-Atlantique, il déploie une classe qui le place parmi les meilleurs joueurs du monde. Pour la première sortie de la Roumanie aux États-Unis, Hagi est deux fois passeur décisif et auteur d'un but phénoménal. À 40 mètres des cages sur le flanc gauche, il déclenche une frappe qui termine sa course dans la lucarne opposée. Ce jour-là, la Roumanie bat 3:1 la Colombie, qui possédait à l'époque une équipe redoutable. La réalisation du petit génie roumain obtiendra plus tard la cinquième place au classement FIFAworldcup.com des plus beaux buts inscrits dans l'épreuve reine du football mondial.

Cette année-là aux États-Unis, Hagi trouve à trois reprises le chemin des filets, il n'en a pas oublié une miette. "C'était parfait pour moi. J'ai marqué des buts qui font désormais partie des plus beaux de l'histoire de la Coupe du Monde. Il faisait une chaleur impossible, mais j'ai quand même très bien joué", précise le meneur de jeu roumain. "Je pense que nous avons été très malchanceux - la Roumanie a été éliminée en quarts de finale par la Suède, à l'issue des tirs au but - car jusque-là, j'étais le meilleur joueur du tournoi. Après notre élimination, j'ai perdu ce statut."

Hagi est avant tout conscient d'avoir été à l'avant-garde des moments les plus riches de l'histoire du football de son pays. "C'était la génération dorée du football roumain et je pense qu'aucun joueur n'oubliera cette Coupe du Monde, car jamais une équipe de Roumanie n'a été aussi forte. Pas seulement du point de vue des résultats, mais aussi et surtout parce que notre style était vraiment impressionnant. C'était du football champagne."

Quatre ans plus tard à France 1998, la Roumanie et Hagi sont de nouveau au rendez-vous. Ils terminent premiers d'un groupe qui comprend l'Angleterre, la Colombie et la Tunisie. En huitième de finale, la Croatie sera toutefois trop forte pour cette génération dorée qui touche à sa fin. Hagi annonce alors sa retraite internationale, mais reprend du service pour l'UEFA EURO 2000. À cette occasion, et à l'image d'un autre grand du football mondial en la personne de Zinédine Zidane, Hagi quittera la compétition et le football international sur une exclusion contre l'Italie, qui bat la Roumanie 2:0 en quarts de finale.

Cet incident ne ternit cependant en rien la réputation de Hagi dans sa terre natale. Lors d'une enquête menée par l'UEFA en 2003 pour désigner le meilleur footballeur roumain des 50 dernières années, les compatriotes de Hagi n'ont pas hésité une seconde. Au nombre de sélections, le "Maradona des Carpates" a depuis été dépassé par Dorinel Munteanu et son record du nombre de buts marqués sous le maillot jaune, à savoir 35 unités, a été égalé par Adrian Mutu. Mais en termes de popularité, il reste le roi incontesté du football roumain.

Nouvelles aventures
À 36 ans, Hagi est nommé sélectionneur de la Roumanie, sans grande réussite. Il quittera ses fonctions au bout de deux ans. Comme pour de nombreux grandes stars du football mondial, la reconversion au poste d'entraîneur s'avère difficile pour Hagi. Ses passages sur les bancs de Galatasaray puis du Steaua Bucarest se révèlent décevants.

Après cela, Gheorge Hagi s'attelle à une autre tâche. Il fonde une école de football qui peut accueillir 280 jeunes joueurs. Ces derniers bénéficient d'infrastructures ultramodernes et d'une formation de niveau professionnel.

Des conseils, le Regele peut en donner quelques-uns aux jeunes pousses, à commencer par la leçon qu'il a apprise au cours de sa carrière éblouissante et qu'il a résumée ainsi : "La technique prévaudra toujours sur la force".

Fifa.com (17/08/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mer 21 Aoû - 10:11

Rivera, Golden Boy au coeur rouge et noir



Technicien hors pair, doté d'une étonnante vision du jeu, Gianni Rivera a été pendant 19 saisons un numéro 10 à l'ancienne, le moteur de l'AC Milan, un  golden boy tombé dans une marmite de potion magique. Son nom restera à jamais dans le livre d'or de l'AC Milan avec qui il a tout gagné, en portant notamment pendant 12 saisons le brassard de capitaine.

Au-delà de son palmarès, l'histoire retiendra sans doute sa rivalité avec son alter ego de l'Inter Milan, Sandro Mazzola. Rarement une nation n'a disposé, dans la même période, de deux joueurs aussi talentueux évoluant dans le même registre.

Le guide de l'AC Milan
Originaire d'Alessandria, une ville du Piémont, Rivera y a fait ses débuts avec l'Association sportive Don Bosco où il a été repéré par Franco Pedroni, un ancien milieu de terrain de l'AC Milan devenu entraîneur adjoint de l'équipe locale évoluant à l'époque en Serie A. En 1958, il rejoint l'équipe première où il fait ses débuts le 2 juin 1959. Rapidement, l'AC Milan lui fait signer un contrat et le laisse une saison en prêt à Alessandria pour l'aguerrir. Mais, le 7 février 1960, lors de son premier déplacement à Milan (1:1), Rivera inscrit un superbe but à son futur club, histoire de montrer à son prochain public qui il est. En quelques mois, Rivera va prendre une nouvelle dimension en se situant mieux sur le terrain ce qui lui permet de terminer sa première saison professionnelle avec 6 buts en 26 rencontres.

Le 9 octobre 1960, sous la conduite du légendaire Nereo Rocco, il débute sous les couleurs du Milan face à Bologne (5:1). Entre le gamin surdoué et l'entraineur à la forte personnalité, c'est le coup de foudre. "C'est un personnage inoubliable qui dégageait une incroyable joie de vivre, une énorme vitalité, et une immense humanité. Il réunissait toutes les meilleures choses que pouvait avoir un être humain. C'était comme mon père ou un frère ainé qui donnait toujours le conseil juste", se souvient Rivera, ému. Au plus fort de la domination de l'Inter, l'ennemi séculaire, les deux hommes, et quelques autres comme Cesare Maldini ou Giovanni Trapattoni, vont permettre à l'AC Milan de se relancer vers les sommets après le départ de ses vieilles gloires.

La symbolique du 10
A ses débuts, Juan Alberto Schiaffino, légende des Rossoneri, avait dit à Rivera qu'un footballeur complet devait savoir marquer des buts, être l'architecte du jeu au milieu et donner un coup de main à la défense. Pendant 19 saisons Rivera, allait suivre ces recommandations à la lettre, portant l'équipe à bout de bras quand cela était nécessaire et se contentant de se reposer sur son bagage technique quand la physionomie de la rencontre le permettait. Sous la direction de ce jeune homme bien sous tous rapports, l'AC Milan allait tout gagner et notamment trois scudetti, deux Coupe d'Europe des Clubs Champions de l'UEFA, et une Coupe intercontinentale. Tout au long de sa carrière, Gianni Rivera allait inscrire 128 buts en Serie A (122 pour Milan) et 173 toutes compétitions confondues en 527 matchs. Mais au-delà de ces chiffres, c'est sa présence sur tous les points chauds et la manière dont il pesait sur une rencontre qui étaient impressionnantes.

Son numéro 10 rayonnait sur le terrain à une époque où ce poste était réservé aux fuoriclasse, les joueurs "hors normes", ceux par qui tous les ballons passaient et qui donnaient le tempo à tout le stade. "Je ne me suis jamais revu dans un autre joueur. Il y a eu en Italie d'autres grands numéro 10 comme Baggio, Del Piero ou Totti mais chacun a son style, ses caractéristiques. De toute façon, une copie ne vaudra jamais l'original. Aujourd'hui, ce numéro n'a plus la même signification. Je vois dans la dissolution historique d'un numéro mythique celle d'un football héroïque et nostalgique", commentait-il à l'approche de son 70ème anniversaire.

Un relais pour l'histoire
Dans la grande histoire du football italien, quand on évoque le nom de Gianni Rivera tous les tifosi pensent immédiatement à la rivalité-complicité entre Rivera et Mazzola et à la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1970™.

Rivera a fait ses débuts avec la Nazionale le 13 mai 1962 face à la Belgique (3:1) et a disputé contre l'Argentine le 19 juin 1974 (1:1) la dernière de ses 60 sélections (14 buts). Vainqueur de l'UEFA EURO 1968, il a également participé à quatre Coupes du Monde de la FIFA disputant neuf rencontres de phase finale. Mais au-delà de ces statistiques en sélection,  un nom restera à jamais accolé à celui de Rivera sous le maillot azzurro, celui de Ferruccio Valcareggi.  Par ailleurs brillant sélectionneur de la Nazionale de 1967 à 1974, Valcareggi avait décidé une fois pour toutes que Rivera et Mazzola ne pouvaient jouer ensemble. C'est la raison pour laquelle l'équipe-type d'Italie était alors composée de 12 joueurs : Albertosi - Burgnich, Bertini, Rosato, Facchetti - Cera, Domenghini, Mazzola (puis Rivera), Boninsegna - De Sisti et Riva. Dans ce système, Mazzola disputait la première mi-temps et était remplacé par Rivera à la pause.

Cette fameuse staffetta (relais) qui allait déchirer l'Italie fonctionnait en général à merveille comme le 17 juin 1970 en demi-finale de Coupe du Monde de la FIFA contre l’Allemagne où Rivera, entré en jeu à la 46ème minute, inscrivait en prolongation le quatrième but Italien (4:3). Le 21 juin en finale contre le Brésil, l'Italie arrivait à la pause sur un score de parité (1:1). Mais énorme surprise à la sortie des vestiaires, c'est Mazzola qui revenait sur le terrain alors que Rivera restait sur le banc. Le Milanais n'entrera finalement qu'à six minutes de la fin alors que la Seleçao avait déjà fait le break grâce à Gerson, Jairzinho et Carlos Alberto. Rendus furieux par la défaite (4:1) et par l'affront fait au Ballon d'or milanais, les tifosi accueillaient avec des tomates pourries la délégation transalpine à son retour en Italie.

La reconversion
Le 13 mai 1979 le Golden Boy disputait son dernier match officiel contre la Lazio Rome, une semaine après avoir été sacré champion d'Italie sous la direction de Nils Liedholm. Devenu une véritable légende, il était rapidement nommé vice-président du club, une fonction qu'il occupera pendant sept ans, jusqu'à l'arrivée de Silvio Berlusconi à la présidence. "Il a été rapidement évident qu'il me serait impossible de continuer à occuper mes fonctions en ayant une vision différente de la sienne", précise Rivera pour expliquer son éloignement du football pour se consacrer à la politique. Il va réussir une brillante reconversion en étant élu à la chambre des députés, sous-secrétaire d’État à la défense puis député européen. Puis le 4 août 2010, sur proposition du président de la Fédération italienne de football, il était nommé "responsable du secteur jeunes et scolaires". Histoire de transmettre son savoir.

Gianni Rivera n'a jamais oublié la famille du football et surtout pas celle de Nereo Rocco, décédé en 1979, à qui il ne manque jamais l'occasion de rendre hommage.

Fifa.com (21/08/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 23 Aoû - 12:27

Stades de légende
Old Trafford, théâtre de rêves, d'exploits et de légendes




Confortablement niché entre le canal de Bridgewater au nord et une ligne de chemin de fer au sud, Old Trafford domine de toute sa hauteur les terrains industriels, les rangées de maisons et même le Lancashire County Cricket Club. Tous ceux qui traversent le quartier ne peuvent manquer de le remarquer.

Le fameux théâtre des rêves est l'antre de Manchester United. L'expression, que l'on doit à Sir Bobby Charlton  n'a sans doute jamais paru aussi appropriée qu'au cours du long règne de Sir Alex Ferguson. Depuis l'arrivée aux commandes de l'Écossais en 1986, ce temple du football britannique a connu une transformation radicale, au point d'être aujourd'hui considéré comme le plus beau stade du pays.

Old Trafford est actuellement la deuxième enceinte du Royaume-Uni en termes de capacité après Wembley, et la neuvième en Europe. Les Red Devils se produisent depuis 1910 dans ce bâtiment conçu par l'architecte Archibald Leitch, auquel on doit également Goodison Park et Ibrox. 

Auparavant, Manchester United disputait ses matches à domicile à North Road puis à Bank Street, dans le quartier de Clayton. À l'époque, joueurs et spectateurs se plaignent régulièrement de la piètre qualité des terrains et des énormes nuages de fumée crachés par les usines voisines. Le président John Henry Davies décide donc de trouver un stade approprié à la pratique du football. C'est chose faite le 19 février 1910. Ce jour-là, MU joue son premier match à Old Trafford, contre Liverpool. Un journaliste présent dans les travées décrit les lieux en ces termes : "la plus élégantissime, la plus vaste et la plus remarquable des arènes que j'ai visitées. Ce stade est sans pareil au monde et fait vraiment honneur à Manchester".

Le football sous les bombes
L'enceinte ne tarde pas à susciter l'envie des autres clubs anglais, après avoir accueilli la finale à rejouer de la FA Cup 1911 et la finale de l'édition 1915. Onze ans plus tard, Old Trafford fête son premier match international, à l'occasion d'un duel entre l'Angleterre et l'Écosse.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, l'armée réquisitionne le stade pour en faire un entrepôt. Le stade subit deux bombardements, le 22 décembre 1940 puis le 11 mars 1941. Ces raids laissent le bâtiment en ruines et détruisent notamment la tribune principale installée au sud. Le terrain n'est évidemment plus bon à rien, ce qui oblige Manchester United à s'installer à Maine Road, le stade de Manchester City.

Le coût de la location met les finances du club à rude épreuve. Les Red Devils comptent jusqu'à 15 000 livres de dettes mais la réouverture d'Old Trafford en 1949 offre une lueur d'espoir. En veille pendant près de dix ans, le championnat peut reprendre. Petit à petit, le bâtiment retrouve son lustre. L'éclairage est installé en 1959 et une nouvelle tribune nord est inaugurée en 1965. Celle-ci comprend les premières loges privées jamais construites dans un stade de football en Grande-Bretagne.

Avec la montée du hooliganisme au début des années 70, Manchester United devient le premier club à ériger des barrières de sécurité pour empêcher les spectateurs de pénétrer sur le terrain. Suite à la catastrophe de Hillsborough, l'ensemble des clubs de l'élite aménagent leurs stades, de façon à ne compter que des places assises. De nouveaux travaux sont nécessaires et, en l'espace de 80 ans, la capacité d'Old Trafford est passée de 80 000 à 44 000 places.

Ferguson en tribune
Manchester United domine la Premier League dès sa création et connaît simultanément une popularité croissante. Cette situation pousse les dirigeants à rénover le stade. Old Trafford accueille trois matches de groupes, un quart de finale et une demi-finale de l'UEFA EURO 96. Pour l'occasion, l'enceinte se dote d'une nouvelle tribune nord à trois niveaux. Les tribunes ouest et est bénéficient elles aussi de travaux d'agrandissement, ce qui porte la capacité du stade à 68 217 places en 2003, date à laquelle Old Trafford organise sa première grande finale européenne : un duel 100% italien entre l'AC Milan et la Juventus en Ligue des champions de l'UEFA.

Grâce à l'ajout d'un deuxième étage sur les quarts nord-ouest et nord-est du bâtiment, Old Trafford dispose aujourd'hui de 75 957 places. L'enceinte a fêté son centenaire le 19 février 2010 et, en novembre 2011, la tribune nord a été rebaptisée tribune Sir Alex Ferguson en l'honneur des 25 ans de l'Écossais à la tête de l'équipe première. L'ancien tunnel, seul élément d'origine, a été renommé tunnel de Munich en 2008, à l'occasion du 50ème anniversaire de la catastrophe aérienne de Munich. Une plaque à la mémoire des victimes de ce drame se trouve également au sud de la tribune est. Enfin, la célèbre horloge de Munich est également exposée dans le stade.  

Trois statues se dressent à l'extérieur de l'enceinte. La première représente Sir Matt Busby, la deuxième, intitulée United Trinity, figure George Best, Dennis Law et Bobby Charlton. La troisième, la plus récente, a été installée le 23 novembre 2012. Un Sir Alex Ferguson de près de trois mètres veille désormais sur le stade qui a été témoin de tant d'exploits.

Fifa.com (23/08/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 23 Aoû - 12:31

Harald BRATTBAKK
Brattbakk toujours sur un nuage




Dans le best-of des métiers de rêve pour les enfants, celui de footballeur professionnel apparaît sans doute au premier rang. Quant à celui de pilote aérien, il figure aussi en bonne place.

Harald Brattbakk n'a pas pu se contenter de concrétiser un seul rêve. Après une carrière footballistique qui l'a vu défendre les couleurs de la Norvège, connaître la gloire en Ligue des champions de l'UEFA avec Rosenborg et enrichir son palmarès avec le Celtic Glasgow, l'ancien attaquant, 42 ans aujourd'hui, passe ses journées aux commandes des appareils de la plus grande compagnie aérienne de son pays.

Ce parcours professionnel a de quoi en faire saliver plus d'un. D'ailleurs, l'ancien attaquant, qui s'était bâti une réputation de renard des surfaces, reconnaît avoir beaucoup de chance. Pourtant, Brattbakk se souvient que durant son enfance, il n'ambitionnait ni un parcours dans le football professionnel ni une carrière de pilote de ligne.

Souvenirs, souvenirs...
"Au collège, je voulais vraiment devenir avocat", raconte-t-il à FIFA.com. "J'ai toujours adoré le football, mais je n'ai jamais vraiment cru que je pourrais faire carrière dans ce domaine. À l'époque, mon seul objectif, c'était de jouer pour le club du coin, qui évoluait alors en quatrième ou cinquième division norvégienne. "Je ne pensais pas non plus au métier de pilote. Je visais vraiment une carrière d'avocat. J'ai d'ailleurs essayé de me remettre aux études de droits lorsque je suis revenu en Norvège après avoir joué au Celtic, mais nous venions d'avoir notre deuxième enfant et je n'avais pas trop de temps."

Ayant fait une croix sur sa carrière au barreau, Brattbakk pouvait d'un côté emprunter la route traditionnelle menant à des postes d'entraîneur et de manager, ou de l'autre se diriger vers un itinéraire beaucoup plus atypique. Le buteur a opté pour l'originalité. "J'ai obtenu ma licence de pilote privé sur la fin de ma carrière, mais en ce temps-là, j'y voyais plus un hobby qu'autre chose", reconnaît-il. "Au fil du temps, j'ai commencé à me pencher sérieusement sur ma reconversion et j'y ai bien réfléchi. Tout est allé très vite et je fais ça non-stop ou presque depuis que j'ai pris ma retraite, il y a sept ans. J'avais envisagé de rester dans le football mais à l'époque, je saturais et je voulais voir autre chose."

"C'est beaucoup plus difficile d'être pilote que footballeur", poursuit l'ancien international, qui se souvient pourtant que les journées de footballeurs sont très courtes. "En tant que pilote, je n'ai jamais fait autant de déplacements. Je sors de cinq journées de travail de rang et je me lève tous les matins à 4h00, ce qui me change beaucoup de mes habitudes passées."

Mais les bons côtés valent largement les petits désagréments. "C'est toujours exceptionnel de voir le jour se lever, de s'élever au-dessus des nuages", décrit-il avec passion. "Je suis basé à Trondheim. Quand je reviens, je survole mon ancien stade à Rosenborg, c'est toujours sympa. Vraiment, je ne vais pas me plaindre."

Pour en arriver là...
Brattbakk décrit un paysage idyllique, mais entre le football et les avions, il n'a qu'un seul véritable amour. Après deux décennies à baigner tous les jours dans la routine du ballon rond, sa passion pour le jeu s'était peut-être calmée, mais le fait de s'en écarter n'a fait que ranimer cette flamme. "Au fond de soi, on ne perd jamais son amour pour le football. Depuis que je m'en suis éloigné, il est redevenu très fort.", admet-il. "En ce moment, je dois dire que ça me manque vraiment. J'ai trois enfants et l'aîné en particulier, qui a 13 ans, adore le football. Il veut aller voir autant de matches que possible."

Du coup, pour contenter la famille, Brattbakk les a tous ramenés à Glasgow pour voir le Celtic battre le FC Barcelone en Ligue des champions de l'UEFA. "Bien entendu, ils ont adoré. Il y avait une ambiance incroyable !", assure-t-il. "En assistant à ce genre de soirées, je réalise que la tension et les émotions du football me manquent. J'espère vraiment que je pourrai revenir dans le football à l'avenir, que ce soit en tant qu'entraîneur chez les jeunes ou en tant que manager, un peu plus haut."

Riche en émotions, ce retour au Celtic Park a ravivé de grands souvenirs chez Brattbakk. Après tout, malgré ses nombreux succès avec Rosenborg et ses 17 sélections avec la Norvège, le point d'orgue de sa carrière restera pour lui un match à Glasgow. Ce 9 mai 1998, l'attaquant nordique avait inscrit ce que les supporters du Celtic considèrent comme le but le plus important de l'histoire du club depuis celui de Stevie Chalmers, qui avait offert la Coupe d'Europe des Clubs Champions 1967 au club écossais.

"Il avait permis au club de remporter le titre lors de la dernière journée de la saison et avait empêché les Rangers de gagner leur dixième championnat consécutif et de battre ainsi le record du Celtic", explique Brattbakk. "Cela reste à n'en pas douter le plus grand moment de ma carrière. Juste derrière, il y a la victoire contre l'AC Milan à San Siro avec Rosenborg et celle contre le Real Madrid à Trondheim, mais ce but pour le Celtic valait de l'or pour des tas de gens. L'enjeu était extrêmement élevé. Chaque fois que je repense à ce jour, je me réjouis d'avoir été de la partie. C'est génial de piloter des avions, mais rien n'égale la joie que procure le football sur des jours comme celui-là."

Fifa.com (23/08/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Mar 3 Sep - 9:44

Luis Suárez, l'Espagnol sacré avant l'âge d'or



Il commence à jouer au football dans les rues de La Corogne (Galice) avec un ballon en chiffons, juste après la Guerre d'Espagne. Peu après, tous ses copains se battaient pour qu'il joue dans leur équipe lors des matches de quartier. Le  Deportivo de la Corogne le fait débuter à 17 ans dans l'élite espagnole, où son assurance et sa vitesse lui permettent rapidement de se faire un nom.

En 1954, c'est le FC Barcelone qui engage ce milieu gauche à la technique éblouissante, capable de lire le jeu merveilleusement et de conclure les actions comme un attaquant. C'est alors que Luis Suárez rencontre Helenio Herrera, un entraîneur qui deviendra décisif dans sa carrière. Il passe sept saisons au Barça, pendant lesquelles il remporte deux Ligas, deux Coupes d'Espagne et deux Coupes de Foire. Son dernier match sous le maillot blaugrana lui laisse un goût amer, car l'équipe catalane échoue en finale de la Coupe d'Europe 1961 à Berne contre Benfica (3:2). "C'est la seule note négative de mon passage à Barcelone. J'ai toujours dit que de toutes celles que j'ai disputées, c'est la seule finale que j'ai perdue. Pourtant, compte tenu du déroulement du match, on aurait dû la gagner. C'est un résultat que je n'ai toujours pas digéré", a-t-il avoué à FIFA.com il y a quelques années.

Le Galicien joue cette finale en sachant que c'est son dernier match avec le Barça. Herrera, déjà parti à l'Inter de Milan, a demandé son transfert et la formation italienne a déboursé un montant record de 25 millions de pesetas (quelques 204 000 euros) cinq jours avant la finale. Après le départ du créateur, le Barcelone mettra 14 ans à conquérir une nouvelle Liga, l'année de l'arrivée de Johann Cruyff…

Il Grande Inter
Fidèle à la tradition galicienne d'émigration, Suárez est l'un des premiers footballeurs espagnols à chercher la gloire en dehors des frontières nationale. Et c'est en Italie qu'il la trouvera. Il y débarque avec le Ballon d'or dans ses valises, une distinction qu'il reste encore le seul Espagnol à avoir obtenue. "Il y a eu énormément de grands joueurs espagnols qui ont mérité cette récompense, mais ça dépend beaucoup de la période. Il faut avoir un peu de chance. Il faut que les joueurs du même âge traversent une mauvaise période. Je connais nombre de très grands joueurs qui n'ont jamais gagné ce trophée, expliquait-il à FIFA.com, avant de reconnaître son mérite. En même temps, c'est un vrai plaisir de l'avoir décroché à l'époque de Di Stefano ou Puskás, qui sont d'immenses footballeurs”.

Paradoxalement, ce milieu buteur devient encore plus grand sous la houlette de l'inventeur du catenaccio. Il doit s'adapter à un nouveau jeu, refréner sa recherche incessante des cages et intégrer que les clubs italiens jouent alors essentiellement pour ne pas perdre. "On essayait surtout de ne pas encaisser de buts alors que moi j'avais une autre mentalité. Au Barça, je jouais au milieu de terrain et je marquais énormément. J'ai dû m'adapter à cette nouvelle situation pour le bien de l'équipe et pour conquérir de nouveaux titres", reconnaissait-il.

Mais il a du talent à revendre et il intègre parfaitement les nouvelles consignes. Il continue d'enchaîner les succès en tant que directeur d'orchestre du 'Grande Inter’, aux côtés de vedettes comme Mario Corso, Giacinto Facchetti, Sandro Mazzola, Tarcisio Burgnich, Jair, Aristid Guarneri, Angelo Domenghini et le grand capitaine Armando Picchi. Au cours de ses neuf saisons au club, il brandit trois Scudetti, deux Coupes d'Europe et deux Coupes Intercontinentales. Il postule plusieurs fois à un nouveau Ballon d'or, finissant deuxième en 1961 et 1964, puis troisième en 1965.

Alors qu'il bâtit sa légende avec les Neroazzurri, il entre dans l'histoire de la Furia Roja en tant que capitaine d'un groupe légendaire. “Iríbar; Rivilla, Calleja, Zoco, Olivella ; Fusté, Amancio, Marcelino, Pereda ; Suárez et Lapetra”. Ces onze joueurs vont conquérir le premier titre de l'équipe d'Espagne : l'Euro 1964, face à l'URSS. Il disputera 32 matches et inscrira 13 buts avec l'équipe nationale, disputant deux Coupes du Monde de la FIFA : Chili 1962 et Angleterre 1966. Deux autres mauvais souvenirs…

"L'architecte", ainsi que le surnommait Alfredo Di Stefano en raison de sa dextérité et sa vision du jeu, quittera l'Inter en 1970 et passera les trois dernières années de sa carrière à la Sampdoria.

Après avoir raccroché, il rejoindra rapidement le banc de touche, mais avec moins de succès que sur le terrain, comme il le reconnaîtra lui-même. "Je n'ai pas fait grand-chose comme entraîneur, j'étais meilleur crampons au pied". Il dirigera notamment l'Inter, le Deportivo, Cagliari et l'équipe d'Espagne notamment lors de la Coupe du Monde de la FIFA, Italie 1990. L'Espagne s'incline alors en huitièmes en prolongations contre la Yougoslavie.

Au terme de sa vie d'entraîneur, Luis Suárez s'installe en Italie et rejoint la direction technique de l'Inter de Milán. Son amour pour le club neroazzurro est aussi enraciné en lui que l'accent chantant qui trahit les racines du Galicien.

Fifa.com (03/09/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 13 Sep - 19:27

Giresse, le plus petit des grands meneurs



Alain Giresse, du haut de ses 163 centimètres, s'est imposé dans les années 1970 et 80 comme l'un des plus grands milieux de terrain de l'histoire de l'équipe de France. Aux côtés de son complice Michel Platini, il a été l'un des maîtres d'œuvre du premier titre du football français, lors de l’UEFA EURO 1984 et d'une demi-finale historique de la Coupe du Monde de la FIFA, Espagne 1982™.

Outre une carrière exemplaire avec les Girondins de Bordeaux, avec qui il a notamment remporté deux championnats, il est entré dans la légende pour son rôle dans le "Carré magique" du milieu de terrain des Bleus avec Michel Platini, Luis Fernandez et Jean Tigana.

Originaire de Langoiran, à 25 km au sud-est de Bordeaux, le jeune Alain intègre logiquement le centre de formation des Girondins à l'adolescence alors qu'il avait déjà suivi une formation de charpentier. A 18 ans à peine, le 12 octobre 1970 contre Nîmes Olympique,  il débute en première division (1:1). Mais la gloire est encore loin pour le petit meneur de jeu. Si son talent fait rapidement l'unanimité, il peine encore à tirer son club vers le haut.

Les Girondins à cette époque sont loin des locomotives de l'époque Saint Etienne, Nantes et l’Olympique de Marseille qui trustent tous les titres hexagonaux. Bordeaux de son côté joue plutôt le maintien, ce qui n'est pas l'idéal pour l'épanouissement d'un jeune. Malgré cela, Giresse prend ses marques comme patron au milieu, s'installe dans un rôle de meneur de jeu où il excelle avec sa délicieuse technique et une incroyable vision du jeu.

Génération spontanée
Devenu capitaine, Giresse, malgré les résultats moyens du club, fait ses débuts internationaux le 7 septembre 1974 en Pologne. "Ce premier match face à la Pologne constitue un souvenir chargé d'émotion", se souvient-il. "Atteindre le niveau international était un aboutissement et cette première sélection s'était conclue par une victoire 2:0 à l'extérieur. Nous faisions partie d'une génération que je qualifierais de plus spontanée car les centres de formation n'existaient pas encore."

Malgré des débuts réussis, il va pourtant attendre ensuite trois longues années pour être de nouveau convoqué par Michel Hidalgo pour un Suisse-France remporté 0:4, et une tournée en Amérique du Sud où la France avait affronté l'Argentine (0 :0) et le Brésil (2:2) au Maracanã. Pourtant il n'est pas sélectionné pour la Coupe du Monde de la FIFA, Argentine 1978™, ce qu'il déplore encore aujourd'hui amèrement: "Dans les années 70, on ne faisait pas trop attention à moi. Pourtant, j'ai connu quelques grandes saisons…"

Mais la roue va rapidement tourner avec l'arrivée à Bordeaux de Claude Bez qui prend la présidence du club et va en faire le numéro un du championnat de France. Avec Aimé Jacquet sur le banc et Giresse à la baguette, les Girondins de Marius Trésor, Bernard Lacombe et Jean Tigana deviennent la place forte du football français. Cette montée en puissance collective met en avant les individualités girondines. Longtemps oublié, Giresse devient soudain un élément-clé de l'équipe de France.

Il a déjà presque 30 ans quand débute Espagne 1982. Mais Giresse a encore tout l'avenir devant lui. Il réalise une Coupe du Monde colossale. Lors de la demi-finale face à la R.F.A., il inscrit le but du 3:1 en prolongation. Gigi, le visage déchiré par une joie indescriptible, croit emmener les Bleus en finale, même si Karl-Heinz Rummenigge, Klaus fischer et une séance de tirs au buts perdue briseront le rêve...

Mais c'est le but de sa vie. L'image de sa carrière. Le "carré magique" fait des merveilles. "Il y avait une grande complicité et une complémentarité au niveau des qualités, toujours au service de l'équipe", explique le startège bordelais. "Il n'y avait bien sûr rien d'officialisé, mais Michel Platini par son pouvoir de création et de finition était le chef d'orchestre. J'avais un rôle équilibrant d'alimentation, tandis que Luis Fernandez et Jean Tigana œuvraient pour la récupération et la relance. Le milieu de terrain était en somme un travail à la chaîné bien rôdé avec Platini à la conclusion", analyse Giresse qui ne veut pas pour autant "vivre avec le passé".

La certitude de la victoire

Son exceptionnelle performance en Espagne lui permet de terminer à la deuxième place du classement du Ballon d'Or cette année-là, derrière Paolo Rossi. Plus leader que jamais, il mène Bordeaux en 1984 à son premier titre de champion depuis 1950. Une autre grande année pour Little Big Man qui remporte également l'UEFA EURO 1984 à domicile. "L'équipe de France avait alors atteint sa plénitude. L'objectif de victoire avait été déterminé puis atteint", raconte Giresse. "La France avait tenu son rang de favorite et était allée au bout de l'aventure malgré la pression de cinq matches. Ce titre de Champion d'Europe couronne cinq années, de 1981 à 1986, pleines de moments fabuleux. J'ai parfois la nostalgie de cette période de jeunesse. Je me souviens notamment que lorsque je quittais Bordeaux pour rejoindre Paris avant de jouer au Parc des Princes avec l'Equipe de France, c'est un sentiment de certitude de victoire qui m'habitait."

Un an plus tard, nouveau titre pour Bordeaux et demi-finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions. "Nous nous sentions tellement forts qu'en entrant sur le terrain, nous savions presque à chaque fois que nous allions gagner", confie celui qui, d'un lob génial, offre aussi la Coupe de France à Bordeaux en 1986 face à Marseille. Son bilan avec les Girondins est exceptionnel tant son influence pendant 18 saisons aura marqué la vie des Bleu marine.

Après une expérience de deux saisons à l'OM en fin de carrière (67 matches, 5 buts), Gigi dispute son dernier match international à l'occasion de la demi-finale perdue en Coupe du Monde contre l'Allemagne le 25 juin 1986. Deux saisons plus tard, le 4 Juin 1988 au terme de la rencontre avec l'Olympique de Marseille contre l'AS Monaco (2:0), il annonce sa retraite en soulignant: "Un sportif a son orgueil. Il préfère partir avant qu’on lui propose d’arrêter."

Fifa.com (13/09/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 27 Sep - 13:23

Gigi Riva
Riva, le grondement de tonnerre italien




Son palmarès est inversement proportionnel à son talent. Unanimement considéré comme un des meilleurs - si ce n'est le meilleur - attaquants de l'histoire du football italien, Luigi Riva n'a eu que deux amours dans sa vie : Cagliari et la Nazionale. Puissant, technique, doté d'une frappe monumentale, il possède une moyenne de buts en équipe nationale dans la lignée de celles de Pelé, Gerd Mueller ou Ferenc Puskas.

La carrière de Gigi Riva est d'une simplicité biblique, comme un long fleuve tranquille dans une île enchantée, mais malheureusement émaillée de graves blessures reçues au service de la Nazionale. Originaire d'un village de 3 500 habitants de la province de Varese, il est très jeune irrésistiblement attiré par le but. Sous les couleurs de la modeste équipe lombarde de Laveno Mombello, il en inscrit 30 en 1961, et 33 la saison suivante avant de faire ses débuts professionnels à 18 ans en Serie C avec Legnano-Ivrea.

Cette redoutable efficacité n'échappe pas aux présidents de la Serie A, et c'est Enrico Rocca, patron de Cagliari, qui va trouver les mots justes pour convaincre cet adolescent timide et taciturne dans la vie courante, mais dévastateur sur un terrain. Très vite, Riva va tomber sous le charme et même être ensorcelé par la beauté de la Sardaigne et sa qualité de vie. Dès la première saison, il frappe à huit reprises contribuant ainsi à la montée de son club en Serie A. Estimant avoir trouvé sa terre d'adoption, il va systématiquement refuser pendant 13 ans toutes les offres mirobolantes des puissantes équipes du nord, notamment la Juventus, inscrivant en 13 championnats consécutifs, 164 buts en 315 rencontres, toutes compétitions confondues.

Cette attitude lui assure naturellement l'amour inconditionnel des tifosi et le respect de ses adversaires. Mais le revers de la médaille de ce choix courageux est que Rombo di Tuono (le grondement du tonnerre)  se prive de disputer et remporter des trophées qui auraient enrichi son palmarès.

En pleine forme et furieux
Gaucher naturel, Gigi Riva avec son numéro 11 dans le dos, régnait en maître dans le couloir gauche même, s'il avait une tendance naturelle à repiquer légérement vers le centre en arrivant près des buts. Compact - 1m80 m pour 80 kilos -, il n'a jamais redouté les contacts avec les défenseurs et faisait souvent la différence avec son irrésistible démarrage, un drible court et sec, un redoutable jeu de tête, et quelques gestes techniques de haute volée. Mais sa grande force était sans aucun doute sa frappe soudaine, puissante et précise du gauche. Entre 1967 et 1970, il s'est ainsi imposé comme l'attaquant le plus régulier du calcio, remportant trois fois le titre de meilleur buteur et permettant à Cagliari, grâce à ses 21 buts en 1970, de décrocher le seul scudetto de son histoire.

Alors que l'Italie vivait au rythme de la concurrence entre Gianni Rivera et Sandro Mazzola, Riva allait s'installer sur son aile gauche. Il fait ses débuts internationaux à 20 ans, le 27 juin 1965 lors d'un match amical en Hongrie (2:0), mais devra attendre quatre rencontres avant d'inscrire son premier but à Cosenza contre Chypre (5:0). Riva, parfaitement intégré et dont la frappe fait merveille, n'est pourtant pas inclus dans la liste des 22 pour la Coupe du Monde de la FIFA, Angleterre 1966™.

"Je préfère ne pas savoir pourquoi Edmondo Fabbri ne m'a pas sélectionné. En revanche, il m'a imposé de venir avec le groupe comme joueur supplémentaire", se souvient-il. "Je me donnais à fond lors des matches d'entrainement entre les titulaires et les remplaçants, l'unique manière que j'avais de me défouler. Et je marquais but sur but, j'étais en pleine forme et furieux". Encore plus quand le Nord-Coréen Pak Doo Ik marque le but de la victoire historique de son pays avec le numéro 11. "Mon numéro en plus !", rale encore Riva.

La gauche puis la droite
Quelques mois plus tard, le 27 mars 1967, alors qu'il avait enfin décroché une place de titulaire, il est victime d'une fracture tibia-péroné de la jambe gauche lors d'un match contre le Portugal. Mais il en fallait plus pour arrêter le Sarde d’adoption, qui allait revenir rapidement au premier plan pour connaître de 1967 à fin 1970 la période la plus riche de sa carrière : un titre européen avec la sélection, une deuxième place avec son club en 1969, un scudetto en 1970, une deuxième place à la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1970™ et une deuxième place au classement du Ballon d'Or 1969 derrière Gianni Rivera, et une troisième en 1970.

Pendant ces années fastes, Riva allait inscrire 22 buts en 21 rencontres conduisant la Squadra azzurra à la victoire lors de l'UEFA EURO 1968, en marquant notamment le premier but de la finale contre la Yougoslavie (2:0) après 12 minutes. Puis, à la Coupe du Monde 1970, il était un des buteurs lors de l'historique demi-finale contre l'Allemagne (4:3). A ce moment, il est à son zénith et sa popularité est immense.

Mais le mauvais sort s'acharne sur ce battant qui s'engage toujours à fond. Le 31 octobre 1970 à Vienne, le défenseur autrichien Norbert Hof lui inflige une nouvelle double fracture tibia-péroné, mais cette fois à la jambe droite. Sans son buteur, Cagliari est éliminé en Coupe d’Europe des Clubs Champions et régresse au classement en championnat. Une nouvelle fois, Riva récupère de ses blessures et revient au sommet lors de la saison 1971/72 inscrivant 21 buts en 30 rencontres permettant à Cagliari de revenir dans le haut du tableau.

Malgré les exploits de son buteur, le club sarde régresse inexorablement dans la hiérarchie et joue plutôt le maintien. Pourtant Riva reste fidèle jusqu'au bout, c'est-à-dire une nouvelle grave blessure aux adducteurs en février 1976 qui l'oblige à mettre un terme à sa carrière. Trois ans avant, le 20 octobre 1973 lors d'un match contre la Suisse (2:0) comptant pour les qualifications pour la Coupe du Monde de la FIFA 1974™, il avait battu le vieux record de Giuseppe Meazza en inscrivant son 35ème but, devenant alors le meilleur réalisateur de tous les temps sous le maillot azzurro. Un coup de tonnerre qui retentit encore aujourd'hui.

Fifa.com (27/09/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 8 Nov - 18:20

Tostão, une question de vision



La question du hasard et de la destinée offre une source de méditation inépuisable. À cet égard, l'histoire de Tostão apparaît comme un cas de figure particulièrement intéressant. C'est peut-être un hasard, en effet, si l'attaquant a dû arrêter sa carrière en raison d'une blessure à l'œil, quand la plupart de ses condisciples doivent raccrocher à cause d'un genou en compote ou d'une cheville en charpie.

Pourtant, c'est bien grâce à ses yeux qu'Eduardo Gonçalves de Andrade, dit Tostão, a bâti sa légende. Un peu éloigné des canons de l'attaquant moderne, il a su faire la différence par une qualité unique : sa vision du jeu.

"Je me distinguais par ma qualité de passe, mes petits dribbles, mes percussions dans la surface, mais surtout par ma capacité à anticiper le jeu", raconte l'intéressé dans Tostão, Lembranças, Opiniões, Reflexões sobre Futebol, son autobiographie publiée en 1997. "J'avais pas mal de défauts que j'ai réussi à atténuer au fil des années grâce à un entraînement quotidien : je ne savais pratiquement pas frapper du droit, j'avais un jeu de tête médiocre car je fermais les yeux en sautant, j'étais lent pour prendre les espaces et j'étais incapable de tirer en dehors des 18 mètres. Ma technique, ma condition physique et ma vitesse ne me permettaient pas d'exécuter ce que j'avais en tête. Je pensais vite, mais la plupart du temps, le reste ne suivait pas. Toutefois, j'étais conscient de mes faiblesses et je savais que je pouvais mieux faire."

Inutile de préciser que Tostão était particulièrement sévère avec lui-même. A la lumière de cette description, on aurait du mal à croire qu'il fut titulaire dans l'une des armadas offensives les plus redoutables de l'histoire du beau jeu, celle du Brésil lors de la Coupe du Monde de la FIFA 1970™. Sans oublier que Tostão a fait de Cruzeiro l'un des plus grands clubs brésiliens des années 1960, en dépit d'une concurrence féroce incarnée en premier lieu par le Santos de Pelé.

Outre le fait qu'il jouait beaucoup au football, Tostão pensait football. Pas de doute, Tostão était un grand cérébral. Il savait avant les autres ce qu'il fallait faire. "Comment je savais ? Je savais, mais sans le savoir. Il existe un savoir inné qui précède la compréhension humaine", explique-t-il. Le natif de Belo Horizonte était né avec un don et il en était conscient. Il ne restait plus qu'à le mettre en pratique sur le terrain. "Avant chaque compétition, le célèbre skieur français Jean-Claude Killy avait pour habitude de descendre la course mentalement tout en utilisant un chronomètre. D'après lui, le temps qu'il obtenait en conditions réelles était pratiquement identique à son temps virtuel", expose Tostão. "Moi, j'imaginais les actions mentalement, en répétant en détail les situations de jeu."

L'horizon s'assombrit
C'est par une soirée pluvieuse de septembre 1969, au monumental stade Pacaembu de São Paulo, que Tostão va connaître le tournant de sa carrière. Cruzeiro affronte Corinthians. Sur une action apparemment anodine des visiteurs, Tostão glisse et tombe à côté du ballon, qui arrive dans les pieds de Ditão. Sans réfléchir, le défenseur dégage fort. Malheureusement, la pelouse est lourde, le ballon mouillé et celui-ci vient frapper directement l'œil gauche du Mineiro. Tostão est victime d'un décollement de la rétine qui ne menace pas seulement de compromettre sa participation à la Coupe du Monde de la FIFA 1970™, mais également la suite de sa carrière et, pire encore, sa vue.

"J'ai essayé de rester calme. Au début, l'incertitude me rendait malade, mais j'ai réussi à me convaincre que tout irait bien", se souvient-il. "J'ai défini un programme très précis : opération début octobre, six mois de rétablissement, reprise de l'entraînement en avril et Coupe du Monde en juin. Et tout s'est déroulé comme prévu." Comme si Tostão n'était pas suffisamment accablé par la malchance, le sélectionneur João Saldanha, qui avait promis de lui garder sa place au chaud, fut remplacé par Mario Zagallo. Pour le nouveau technicien, le rôle de Tostão était tout trouvé : avant-centre remplaçant. Autrement dit, la doublure de Pelé.

En attendant de récupérer totalement l'usage de son œil gauche et d'être fixé sur son sort pour l'épreuve reine au Mexique, Tostão restait fidèle à son bon vieux credo : observer et réfléchir. Il n'était plus le numéro 9 que Zagallo voulait voir en lui. Mais il pouvait briller, il le savait, dans un autre rôle, et sublimer le talent de Pelé, Jairzinho et Rivellino. "Zagallo voulait un avant-centre, mais c'est le meneur de jeu de Cruzeiro qu'il a trouvé", se rappelle-t-il. "J'étais le point d'ancrage en attaque, je mettais sur orbite nos extra-terrestres. Ce dont la Seleção avait besoin, et je l'avais pressenti, c'était un joueur technique, intelligent, bon passeur, et pas d'une autre machine à marquer des buts."

Un talent multidimensionnel
Le titre de champion du monde 1970 aurait pu venir clore de manière idéale la sinistre parenthèse qui s'était ouverte un an plus tôt avec l'accident. Mais le sort n'en avait pas terminé avec Tostão. Après trois autres saisons disputées sous les couleurs de Cruzeiro puis Vasco da Gama, où il fut transféré en 1972, le verdict des examens tomba comme un couperet : son œil gauche était en danger. Après une deuxième opération suivie d'une nouvelle période de convalescence, les médecins émirent un diagnostic irrévocable : "Défaillance oculaire contre-indiquée pour la pratique du football à haut niveau et risque de perte totale de l'usage de l'œil gauche". Tostão n'avait que 26 ans.

La carrière de Tostão semble s'être arrêtée au moment même où son talent ne souffrait plus aucune contestation. Comme si cette vision du jeu hors du commun réclamait le droit de s'exprimer à travers l'une des nombreuses autres facettes du joueur. "À 18 ans, j'ai choisi le football plutôt que l'université, car je sentais que je pouvais me démarquer des autres. J'ai donc mis de côté mon rêve d'enfant : exercer une profession libérale, me cultiver et sauver le monde !", relate-t-il. "Pour moi, être footballeur n'était pas un métier mais un loisir responsable, lucratif et temporaire. Je n'avais pas le droit de laisser passer ma chance."

En 1975, l'ancien maître à jouer de Cruzeiro entre en faculté de médecine. Il en sort quelques années plus tard avec son diplôme en poche, avant de devenir à son tour professeur à l'université. Une période de transition pendant laquelle il a complètement occulté le football et soigneusement évité les médias. Ni par dépit, ni par colère. Mais une page était tournée, et la seule chose qui comptait désormais, c'était sa nouvelle vie.

Il faudra attendre 1994 et une invitation à suivre la Coupe du Monde de la FIFA™ aux États-Unis en qualité de chroniqueur pour voir Tostão côtoyer de nouveau le monde du ballon rond. Le troisième chapitre de sa carrière pouvait débuter : celui de journaliste sportif. Une décision on ne peut plus logique finalement. Car Tostão possédait toujours, depuis sa cabine de presse, la qualité qui avait fait sa renommée sur le rectangle vert : sa vision du jeu.

Fifa.com (08/11/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par rachid_as le Ven 15 Nov - 11:09

Sir Alex, le Dieu des Diables



La carrière de joueur d'Alex Ferguson ne restera pas dans les annales. Au cours de passages plus ou moins remarqués à Queens Park, St Johnstone, Dunfermline Athletic, aux Rangers, à Falkirk et Ayr United, l'attaquant inscrit en moyenne 0,54 but par match. En juin 1974, il accepte de prendre le poste d'entraîneur à East Stirlingshire. Il a alors 32 ans et touche un salaire pour le moins modeste : 40 livres (70 euros) la semaine.

Son effectif se compose en tout et pour tout de huit joueurs de champ, sans aucun gardien. Ferguson ne reste que 117 jours, ce qui ne l'empêche pas de se faire remarquer. "Ce qui m'a tout de suite frappé, c'est son regard", raconte Bobby McCulley, ancien milieu de terrain de l"équipe. "Il avait quelque chose de terrifiant. Il nous faisait vraiment peur. À l'époque, personne n'imaginait qu'il connaîtrait un tel destin, mais on sentait déjà qu'il avait en lui une incroyable rage de vaincre."

Sur les conseils de Jock Stein, autre grand manager écossais, il quitte le Shire pour rejoindre St Mirren, moins bien classé, mais qui jouit d'une meilleure réputation. Durant son séjour à Love Street,il mène son équipe du bas de tableau de la Second Division à la promotion parmi l'élite. Son groupe affiche une moyenne d'âge de 19 ans. L'aventure se termine pourtant par un licenciement. Willie Todd, le président de St Mirren, affirme que Ferguson ne possède "aucun talent".

Quelques années plus tard, des révélations jettent un nouveau jour sur cette affaire. Furieux que Ferguson se soit entendu avec Aberdeen, Todd a pris la décision de limoger son homme de confiance. Les Dons sont certes considérés comme un grand nom du football écossais, mais leur palmarès n'affiche qu'un seul titre de champion. Deux ans plus tard, il offre à son club le deuxième sacre de son histoire et met par la même occasion fin à 15 années de domination ininterrompue du Celtic et des Rangers. Ferguson ajoute à son tableau de chasse deux Coupes d'Écosse en 1982 et 1983, ainsi qu'un triomphe en Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe. Ses succès devant le Real Madrid et Hambourg en Supercoupe d'Europe ne font que consolider sa réputation.

À cette époque, Stein demande à Ferguson de rejoindre l'encadrement de l'équipe nationale. L'Écosse est alors en course pour valider son billet pour la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986™. Malheureusement, la tragédie attend les deux hommes au tournant. Lors d'un match de qualification contre le Pays de Galles en septembre 1985, Stein meurt d'une crise cardiaque. Ferguson accepte de remplacer son mentor. Il mène son équipe en phase finale, mais ne parvient pas à dépasser la phase de groupes.

Submergé d'offres en provenance d'Angleterre, il rejette en 1982 les avances de Wolverhampton, Arsenal et Tottenham. En novembre 1986, les dirigeants de Manchester United décident de faire appel à Ferguson. Sans le savoir, ils viennent d'écrire la première ligne de l'une des plus longues aventures de l'histoire du football anglais. Dès son arrivée, l'Écossais s'engage à "déloger Liverpool de son perchoir".

Il hérite pour ce faire d'une équipe engluée dans la zone de relégation. Sans procéder au moindre transfert, Ferguson conduit sa nouvelle équipe à une honorable onzième place. L'exercice suivant s'achève sur la deuxième place du podium, derrière l'indétrônable Liverpool. Hélas, l'embellie est de courte durée. L'année suivante, Manchester United échoue à la onzième place. Les critiques se font de plus en plus vives. Le tournant intervient pendant la saison 1989/90. En dépit de cinq recrues de premier plan, les Red Devils terminent la décennie juste au-dessus de la zone rouge. Excédés, les supporters déploient une banderole à Old Trafford : "Trois ans d'excuses bidons et toujours rien. Dégage, Fergie". Tout le monde est d'accord : Ferguson doit partir...

Seuls les dirigeants font encore de la résistance. La nouvelle année offre à ManU l'opportunité de remporter son premier trophée avec Ferguson à sa tête. Le but de Lee Martin en match à rejouer contre Crystal Palace permet aux Red Devils de remporter leur premier titre depuis cinq ans, après avoir disputé toute la compétition à l'extérieur. C'est le début d'une nouvelle ère. La saison suivante, ils remportent la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe devant le FC Barcelone (2:1). En 1992, le club ajoute la Coupe de la Ligue à son tableau de chasse.

En 1993, Ferguson met fin à une longue traversée du désert de 26 ans en championnat. Sous l'impulsion d'Éric Cantona, MU devance Aston Villa à l'issue du sprint final. La saison suivante, le club réalise le doublé Coupe-championnat, avant de rééditer l'exploit en 1996. En 1997, les Red Devils sont à nouveau sacrés champions d'Angleterre. Onze ans après sa nomination, Ferguson a tenu sa promesse : Liverpool est bel et bien tombé de son piédestal.

Se révèlent alors Ryan Giggs, Paul Scholes, Nicky Butt, Gary et autress Phil Neville ou David Beckham, tous sortis du centre de formation voulu par Ferguson dix ans plus tôt. "C'était une belle équipe composée de jeunes joueurs. Quelle période magnifique", se souvient le technicien. "Ces gamins avaient en eux l'esprit du club. C'est ce qu'ils ont apporté de plus précieux. Ils étaient avant tout des hommes intègres. Ils étaient toujours à mes côtés, toujours là pour défendre nos principes."

Couronné en Europe, anobli par la Reine
Ferguson connaît son plus grand succès à l'issue de la saison 1998/99. Aucune équipe n'a jamais remporté la Premier League, la FA Cup et la Ligue des champions de l'UEFA la même année, auparavant ou depuis. Lors d'une soirée mémorable à Barcelone, l'entraîneur écossais fait basculer le sort d'une rencontre compromise en faisant entrer en jeu les remplaçants Teddy Sheringham et Ole Gunnar Solskjaer. Les deux hommes marquent dans le temps additionnel et scellent la victoire de Manchester United sur le Bayern Munich, qui lui vaut d'être anobli.

Ses joueurs remportent la Premier League trois fois de suite entre 1999 et 2001. Ferguson envisage alors de prendre sa retraite mais change finalement d'avis. Les titres continuent à pleuvoir et en 2008, les joueurs de Ferguson dominent Chelsea en finale pour remporter une nouvelle Ligue des champions. En décembre, Manchester United s'adjuge la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA puis en mai 2009, Ferguson accomplit un exploit impensable à son arrivée en 1986 : il égale le record de Liverpool, soit 18 titres de champion d'Angleterre. Après un nouveau succès en 2011, United devance les Reds sur la scène nationale. "Dépasser Liverpool, ce n'est rien", estime alors le manager. "L'important, c'est que Manchester United soit reconnu comme le club le plus titré du pays."

L'exercice 2011/12 s'achève cependant sur une note amère pour l'Écossais, qui voit Manchester City lui ravir le titre à quelques secondes du coup de sifflet final de la saison. Il n'en sera que plus décidé à renouer avec le succès l'année suivante, qui sera également sa dernière à la tête de l'équipe première. En guise de cadeau d'adieu, ses joueurs remportent le championnat pour la 20ème fois de l'histoire du club.

Les fans, les joueurs, les politiciens et les grands noms de l'industrie se bousculent pour lui rendre hommage. "Alex pourrait bien être le plus grand entraîneur de tous les temps", juge pour sa part Denis Law. "Ce qu'il a accompli avec Manchester United le place parmi les plus grands. Il a également initié de grandes choses à Aberdeen, en mettant un terme à la domination des Rangers et du Celtic. Avant de venir à Manchester, il avait déjà remporté la Coupe des Coupes. Il a ensuite réédité l'exploit de Busby et de ses fameux Busby Babes. Il a emmené des jeunes à peine sortis de l'adolescence aux portes du football mondial. Comme Busby, il a monté trois ou quatre grandes équipes durant son passage à Manchester."

Lorsqu'ils arriveront à Old Trafford, ses successeurs emprunteront désormais une rue à son nom, passent devant une statue à son effigie et prennent place sur un banc situé en face d'une tribune baptisée en son honneur...

Fifa.com (15/11/2013)

_________________
13 Octobre 1946 : JS Kabylie

rachid_as
Admin

Messages : 76526
Date d'inscription : 03/11/2009
Age : 38

http://jskabylie.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Portraits et Histoire

Message par Contenu sponsorisé Aujourd'hui à 22:19


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 5 Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum